U-BLOG 84

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mardi, juin 22 2010

Appel du 18 septembre ROCK SANS PAPIERS : DIRE NON !

Appel du 18 septembre ROCK SANS PAPIERS : DIRE NON ! aux horreurs qui sont le quotidien de la politique menée contre les étrangers par Besson et Sarkozy.
Avec les artistes, syndicats et organisations s’engagent : RESF, LDH, Cimade, Autre Monde, CFDT, FSU, CGT, Solidaires, UNSA.

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L'AFFAIRE UTOPIA

Quelle affaire !


Utopia à Toulouse, annule la sortie nationale d'un film réalisé par un israélien pour le remplacer par un film réalisé par une israélienne, en signe de protestation contre l'attaque brutale de l'armée israélienne contre les bateaux de la « Flotille de la liberté »… et, à notre stupeur, cette modeste action symbolique provoque des réactions épouvantées, presque plus que l'agression elle-même.
Utopia, dans chacune des villes où nous sommes implantés, c'est 300 à 400 films par an dont de nombreux films « boycottés » dans la plupart des autres salles, associés à plus de 150 débats sur toutes sortes de sujets, des actes symboliques à répétition, un travail constant depuis 33 ans avec des associations, sans que personne dans le landernau médiatique parisien ne remue trop l'oreille sur nos activités… Et nous voilà soudain l'objet d'un lynchage médiatique en règle auquel participent en quasi totalité les associations professionnelles et les observatoires de tout poil, le Ministère des affaires étrangères, le Ministre de la culture, le Maire de Paris… Nous en sommes d'autant plus surpris que peu de monde s'est donné la peine de venir prendre des informations à la source pour essayer de comprendre la nature exacte et le but de notre action. D'où des accusations délirantes de censure, de boycott de tous les films israéliens… Heureusement des réalisateurs, des artistes, des intellectuels israéliens ont réagi. Vous trouverez ci-après une lettre collective qui nous arrive de Tel Aviv, avec la liste de ses premiers signataires.
Merci aux nombreuses associations qui nous ont apporté leur soutien, aux spectateurs qui ont massivement réagi et nous ont écrit des lettres superbes…

A CINQ HEURES DE PARIS sera dans nos salles à partir du 14 juillet.

RACHEL à partir du 1er juillet.

JAFFA la mécanique de l'orange, suivie d'une rencontre le 15 juillet à 10H30.

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mercredi, mai 12 2010

POLÉMIQUE ET DROIT DE RÉPONSE - L’épouvantail des tyrans (*)

Ce texte fait suite à un débat soulevé par un billet  de Sud Culture dénonçant les conséquences perverses du désengagement de l’État dans les financements de la culture textes plus bas dans cette même page). On peut le résumer ainsi : la logique de survie imposée à des structures comme par exemple les scènes nationales (qui doivent désormais réaliser un chiffre d’affaire de 2 millions d’euros) génère des regroupements de lieux culturels, voire des tentatives d’absorption de structures bénéficiant de financements publics. Ces phénomènes pervers induisent de facto une concentration de l’offre culturelle et l’appauvrissement de sa diversité. Comment alors lutter contre ces mécanismes ?

Ne devrions nous pas nous poser d’urgence la question de savoir si la liquidation actuelle de nombreux équipements culturels au nom de la rentabilité économique et de la mise en conformité avec la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), ne risque pas d’avoir à courte échéance de très graves conséquences sur la démocratie culturelle dans notre pays ?

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lundi, avril 5 2010

Les salles indépendantes seront-elles les « dindons de la farce » numérique ?

Plaidoyer pour une diversité culturelle et un cinéma numérique durables

L'exploitation cinématographique est à l'aube de changements technologiques propres à bouleverser l'équilibre de la profession, mettant en péril un nombre important de salles du parc français, et par là même la diversité culturelle. Le CNC a travaillé dur à élaborer un mécanisme de fonds de mutualisation (voir document en annexe) qui aurait permis de préserver l'existence de ces salles en les aidant dans la transition vers la projection numérique. Mais ce mécanisme n'a pas été approuvé, contre toute attente de la profession, par l'Autorité de la Concurrence, alors qu'au même moment, le dernier grand groupe à ne pas s'être encore équipé annonçait la numérisation de ses 800 écrans, accélérant le basculement de l'exploitation vers cette nouvelle technologie. C'est un coup dur pour la profession, mais le communiqué de l'Autorité de la Concurrence ne manque paradoxalement pas d'intérêt et nous devrions saisir cette opportunité pour approfondir notre réflexion sur les implications de cette mutation, et dépasser une déception légitime. C'est dans cet esprit que les salles ISF tiennent à proposer quelques pistes de réflexion.


Ainsi l'Autorité de la Concurrence reconnaît que « le projet du CNC correspond à un objectif d'intérêt général, auquel le marché du financement du cinéma numérique par les tiers investisseurs ne semble pas pouvoir répondre de façon satisfaisante ». Pour quelles raisons ?

D'une part parce que le financement par les tiers investisseurs repose en grande partie sur les VPF des majors et risque de favoriser la programmation du cinéma américain au détriment de la diversité culturelle, tout en accélérant la rotation des films (plus on a de films en première semaine plus on touche de VPF).

D'autre part parce que l'émergence de ces nouveaux acteurs que sont les tiers investisseurs est propre à bouleverser l'équilibre de la profession, leur position comportant des risques concernant l'influence qu'ils pourraient exercer sur la programmation des salles qui se sont battus pour maintenir leur indépendance de programmation comme financière. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner qu'une fois entrés sur le marché, ils ne souhaiteront pas en sortir… Quelles stratégies pourront-ils adopter une fois la transition technologique effectuée, si ce n'est la mise à profit de leur capacité à négocier avec un grand nombre de salles ? Une telle concentration induit inévitablement une nuisance à l'encontre de la diversité culturelle.

Enfin il ne reste, comme alternative aux tiers investisseurs, que les subventions publiques. Or, cela a toujours été la position d'ISF : trop dépendre de subventions peut mettre en péril le dynamisme et l'indépendance de programmation des salles…

Les salles indépendantes des collectivités locales, en l'occurrence des salles comme les nôtres classées Art et Essai Recherche, n'auront ainsi d'autre recours que de s'équiper sur leurs fonds propres. Au regard du travail que nous effectuons, on pourra considérer que nos salles (1% du marché total de l'exploitation), qui sont parmi les meilleurs défenseurs de la « diversité cinématographique », seront les dindons de la farce numérique, coincées entre les VPF des circuits et le bon ou le mal vouloir des élus.


Soucieux de l'intérêt général, on est en droit, et même en devoir, de se demander au regard de ces constats si cette technologie est réellement pertinente et pour quelles raisons son déploiement pose autant de problèmes.

C'est une évidence, mais ça va mieux en le disant, c'est une technologie trop chère pour la petite exploitation. Et l'on peut craindre que le recours aux VPF et aux subventions publiques gonfle artificiellement le coût de ces équipements. Ce n'est pas seulement nous qui le disons mais la Commission Européenne, dans un avis datant de 2009 concernant une aide d'état à l'équipement des salles italiennes (dont 74% sont des mono-écrans) : « le coût d'installation standard par écran pourrait ne pas constituer un investissement abordable pour tous les cinémas italiens […] l'aide proposée pourrait gonfler artificiellement le coût des équipements de projection conçus spécifiquement pour les cinémas ».

Cette technologie suppose un rythme de renouvellement de matériel bien plus important que pour le 35mm. Et c'est sans doute là la limite de solutions de financement qui ne se préoccupent que de la transition vers le numérique, car quelles qu'en soient la nature et les intentions, comme le souligne la Commission Européenne, « l'investissement unique proposé ne constituera pas une solution durable ». Est-il raisonnable de distribuer de l'argent public (à fortiori en période de crise économique) pour des équipements dont le renouvellement mettra en danger dix ans plus tard des salles qui n'en auront toujours pas les moyens ? Que restera-t-il comme solution, encore des licenciements pour payer ces fameux équipements ? L'argent public doit-il servir au basculement vers une technologie qui portera atteinte à l'emploi dans le secteur ? Tant qu'un nombre suffisant de salles est encore équipé en 35mm, il est possible d'influer sur le coût des équipements. Une fois le Rubicon franchi, il sera trop tard ! Quelles que soient les solutions à explorer pour élaborer un financement en mesure de préserver la diversité culturelle, il faut qu'elles soient durables.


Le numérique met en danger la profession de projectionniste car cela va amplifier l'externalisation de la maintenance des équipements tout en simplifiant leur mise en œuvre. Or on observe dans d'autres pays européens un rapprochement entre sociétés de maintenance et tiers investisseurs, accentuant encore les dangers de concentration dans le secteur. Un matériel aux caractéristiques techniques plus ouvertes (comme l'était le 35mm), avec des formations adaptées, permettrait de se prémunir en partie contre cet écueil, donnant ainsi les moyens aux projectionnistes d'acquérir de nouvelles compétences leur permettant de mieux maitriser le matériel qu'ils auront à utiliser. L'argent public doit-il servir à promouvoir une technologie qui tend à supprimer des emplois qualifiés, gage d'indépendance pour les cinémas ?


Quels attraits offre le numérique ? Qu'on ne nous parle plus de la 3D, qui ne concernera qu'un nombre restreint de sorties par an. Que la dimension « foraine » du cinéma ait sa place, très bien, mais que l'on décide du basculement de toute la filière en fonction de ce seul aspect est tout bonnement aberrant. Une fois mis de côté ce miroir aux alouettes, que reste-t-il ? Une économie sur les tirages de copies qui, en l'état, n'aura pas de répercussions sur l'exploitation et peu sur la petite distribution. Que les salles mono-écran de campagne soient attirées par la supériorité de la longévité d'un fichier par rapport à une copie 35 et la possibilité d'avoir le film plus près de sa sortie, c'est compréhensible, mais si elles ne sont pas en mesure de s'équiper durablement, ça leur fera une belle jambe. Nous sommes face à une technologie conçue pour une logique plus industrielle que culturelle, dimensionnée pour la grande exploitation, et c'est bien son principal défaut dont découle tout le reste.

Passer de l'argentique au numérique répond à une logique pleine de bon sens étant donné que la production de films se fait de plus en plus en numérique. Mais cessons de nous comporter en technophiles béats, toute nouvelle technologie porte en elle un poison et un bienfait, il s'agit bien d'identifier le poison et de le neutraliser. Qu'une norme visant à une interopérabilité et répondant à des impératifs qualitatifs ait pu être établie pour le cinéma est une grande victoire, mais il est regrettable que n'aient pas suffisamment été prises en compte les difficultés causées par le coût de son déploiement…


Il est important de se préoccuper de la technologie que l'on va mettre en œuvre, car dans les nouvelles technologies, le rôle de l'intermédiaire technique peut prendre une importance « envahissante »…

Envisageons que le numérique se déploie dans les conditions actuelles, et que l'on en vienne logiquement à terme à transférer les films par le réseau Internet. Il est un danger important dont il faudrait se prémunir dès maintenant : la mainmise d'un ou deux opérateurs sur le transfert des films. On aurait alors l'apparition d'un autre acteur pouvant acquérir une position dominante propre à porter atteinte à la diversité culturelle, d'autant plus si celui-ci se met à produire et distribuer des films… Un moyen très simple de se prémunir de ce danger est de garantir la neutralité du réseau de transmission des films, en élaborant une norme, un protocole ouvert et interopérable de transmission des films, et qu'ainsi les distributeurs, quel que soit l'intermédiaire qu'ils emploient pour la transmission de leurs films, puissent les envoyer à n'importe quel exploitant, quel que soit le matériel de réception qu'il utilise. On prend sinon le risque d'une concentration inédite de l'offre dans la filière par le seul poids que pourrait prendre ce nouvel acteur, le mettant en position de négocier des offres groupées avec plusieurs distributeurs et/ou exploitants.

Par ailleurs il est un mode de développement qui pourrait être sérieusement envisagé pour l'élaboration de solutions technologiques, c'est le développement Open Source, qui a pour qualités principales de garantir une indépendance vis à vis des intermédiaires techniques, de permettre une mutualisation du financement de ces solutions, d'en abaisser le coût sur le long terme et d'allonger la durée de vie des matériels par l'indépendance que cela apporte. L'argent public que l'on s'apprête à dispenser pour la transition vers le numérique pourrait être, en partie au moins, utilement employé pour lancer des appels d'offre dans ce sens.


C'est une des solutions qui s'offrent à nous pour faire face à ces enjeux fondamentaux. Il serait souhaitable d'une manière ou d'une autre d'arriver à un abaissement des coûts du matériel, soit par la diversification de l'offre qui pourrait proposer des solutions adaptées aux différents types d'exploitation, soit par la mutualisation du financement de nouvelles solutions en Open Source qui permette sur le long terme d'en abaisser les coûts.

Il est également essentiel de mettre en place les normes garantissant la neutralité du réseau de transmission des films avant l'achèvement de la transition vers le numérique.

Enfin, pour un financement durable de ces nouvelles technologies permettant de préserver sur le long terme la richesse et la diversité du parc de salles français, la suggestion faite par l'Autorité de la Concurrence mérite d'être sérieusement examinée, « consistant en des aides directes, partiellement attribuées via un mécanisme d'appel d'offres, financées par une taxe sur les copies numériques ». On pourrait ajouter que ces aides devraient être attribuées selon la programmation des salles concernées, afin de garantir que ces aides aillent à des salles œuvrant pour la diversité culturelle, répondant en cela à un objectif d'intérêt général, la permanence de cette taxe ayant pour mérite de proposer une solution durable pour préserver la diversité du parc de salles français.


ISF (Indépendants, Solidaires et Fédérés)


Virtual Print Fee ( Contribution de Copie Virtuelle) : contribution versée par les distributeurs pour aider au financement des équipements numériques : les VPF ont été imaginés par les studios américains pour aider au financement des équipements numériques. Le principe de base est le reversement direct ou indirect d’une partie des économies réalisées par les distributeurs entre le prix des copies argentiques et le prix des copies digitales. Les VPF sont collectés soit directement par l’exploitant soit au travers d’une entité de déploiement.

Familles en danger !


La Convention Internationale des droits de l’enfant demande aux états signataires d’agir en fonction de l’intérêt supérieur de l’enfant. Pourtant, dans notre pays, plusieurs pères sont en danger d’expulsion et de nombreuses familles risquent ainsi d’être brisées, au mépris des conventions internationales signées par la France.

Parmi eux :

Guilherme Hauka Azanga, angolais, père de 4 enfants qui a subi 2 tentatives musclées d’expulsion et a été de nouveau sauvagement arrêté. En rétention à Lyon pour être expulsé.

Monsieur Nikolic, père lyonnais, enfermé en rétention depuis le 1er avril. Il est en France depuis 9 ans. Daniel, son fils de 4 ans est scolarisé à l’école Anatole France à Bron.

Mahamadou Bah, père de famille malien de Drancy, séparé de force de sa femme et de ses trois enfants.

Djalil Naili, père de famille franco-algérien du 95.

Saidakhmed Tokayev, sa femme Yahita et leurs quatre enfants agés de 18 mois à 14 ans, doivent être expulsés de Lozère vers la Russie après le rejet de leur demande d’asile. Pourtant, S. Tokayev a été arrêté à deux reprises et sévèrement torturé parce qu’il ne voulait pas dénoncer des « rebelles » de son village. Qui peut croire que les droits de l’homme sont respectés en Russie ? Le phénomène des «disparitions forcées » qui touche même des enfants est en forte augmentation en Tchéchénie.

Hanifi Kapan, un habitant du Vaucluse de 33 ans, maçon turc, a été expulsé le 2 avril presque secrètement. Il avait été évacué à l’aube du centre de rétention de Marseille. Sa famille qui avait cherché en vain à le joindre durant toute la journée, n’a été informée que le soir, par un appel téléphonique d’Hanifi à son arrivée à Istanbul. Père de trois enfants nés à Avignon et scolarisés à l’école maternelle Louis Gros, Hanifi Kapan était en France depuis presque dix ans. Il avait fait pour lui-même et sa femme de nombreuses demandes de régularisation, sans résultat. Le préfet de Vaucluse a donc « appliqué la loi », expulsé le père, au mépris de la mobilisation et des nombreux soutiens locaux, des interventions d’élus, de l’incompréhension que cette mesure a suscité dans le quartier où vivait la famille. Partout en France, l’application de la loi détruit des familles, prive des enfants de leur père, des femmes de leur compagnon, réduit tout le monde à la misère. Mais, pour Eric Besson ce n’est pas assez encore. Le projet de loi du gouvernement sur l’immigration (sixième loi depuis 2002) prévoit le durcissement de la politique menée aujourd’hui, pour restreindre encore plus les droits des demandeurs d’asile et pour expulser plus vite et sans contrôle du juge.

Nous disons non !

Les pères en rétention doivent être libérés et régularisés ! Les pères expulsés doivent retrouver leur famille ici. Les pères et les familles en danger doivent retrouver la sécurité et la dignité dans notre pays. Restons mobilisés.

« La vie devient résistance au pouvoir quand le pouvoir prend pour objet la vie » Gilles Deleuze.


Un cercle de silence dédié à la famille Kapan et à toutes les familles en danger sera organisé le samedi 10 Avril 2010 à 11h30 Place Pie.

RESF/UCIJ resf84@no-log.org 06 61 29 15 18
www.educationsansfrontieres.org

Le régime iranien fossoyeur du cinéma : Jafar Panahi en prison.

Jafar Panahi est un des réalisateurs les plus importants du cinéma iranien (et même du cinéma mondial). Utopia a programmé tous ses films distribués en France : Le Ballon blanc, Caméra d’Or au Festival de Cannes 1995, Le Cercle, Lion d’Or du Festival de Venise 2000, Sang et or, Prix du Jury Un Certain Regard, Festival de Cannes 2003, et Hors-jeu, Ours d’Argent du Festival de Berlin 2006.


Jafar Panahi est un cinéaste libre, indépendant, qui a toujours refusé de se soumettre aux codes du cinéma « officiel » financé par le régime iranien. Tous ses films depuis Le Cercle, il les a tournés clandestinement. Jusqu’à la « réélection » de Mahmoud Ahmadinejad en Juin 2009, les autorités iraniennes – composées de courants différents, dont certains modérés ou réformateurs et conscients de l’aura internationale de ces cinéastes indépendants – toléraient l’activité en marge de Panahi et de plusieurs de ses collègues. Mais depuis cette élection, le régime s’est drastiquement radicalisé, voire militarisé, et tous les modérés cités plus haut ont été écartés et, pour certains, emprisonnés. Dès lors, il n’y a plus aucun espace pour une expression artistique véritable et les créateurs n’ont d’autres choix que de se soumettre, de s’exiler ou de risquer de se retrouver en prison et, presque conséquemment, soumis à la torture.


Jafar Panahi a refusé de se soumettre. Jafar Panahi a refusé de s’exiler. Il a donc vu se resserrer autour de lui l’étau de la répression : première arrestation après les grandes manifestations de Juin 2009 ; confiscation de son passeport alors qu’il était l’invité d’honneur du récent Festival de Berlin…


Le 1er Mars 2010, alors qu’il démarrait le tournage d’un nouveau film dans sa propre maison, Jafar Panahi a été arrêté, ainsi que sa famille et son équipe. Depuis, le cinéaste, son collègue Mahoud Rasoulof et leur producteur sont incarcérés à la prison d’Evin, réputée pour sa section 209, tenue par les services secrets des gardiens de la révolution, et où les prisonniers politiques sont interrogés et torturés.

 

Jafar Panahi partage donc le sort de milliers de prisonniers politiques actuellement détenus dans les geôles iraniennes, preuves encore vivantes de la volonté acharnée du régime de réduire au silence toutes les voix dissidentes, d’anéantir toute velléité de libre pensée. Il faut maintenant espérer une mobilisation rapide et massive de l’opinion internationale – et en premier lieu des milieux du cinéma – pour appeler à la libération de Panahi, qui représente plus que tout autre ce bastion de résistance qu’a su bâtir le cinéma indépendant iranien.

 

 

lundi, janvier 25 2010

Supprimons ce ministère ! (la suite )

Identité et imigration : parlons -en ! Conférence-débat le 10 mars à 20h à la médiathèque J.L. Barrault à Avignon :

« Identité nationale et sécurité : deux débats, une seule cible (les immigrés) ? »

avec Laurent Mucchielli, sociologue spécialiste de la délinquance, directeur de recherche au CNRS, auteur, avec Véronique Le Goaziou (peut-être également présente le 10) de La Violence des jeunes en question (Champ social).

Laurent Mucchielli est l’un des signataires de l’Appel pour la suppression du ministère.


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SUPPRIMONS CE MINISTÈRE (LA SUITE)

Nous, associations, syndicats, partis et habitants du Vaucluse, exigeons la suppression d’un ministère qui, incitant au repli sur soi et à la haine de l’autre, met en danger notre démocratie - sur notre département comme partout en France.

Nous estimons nécessaire et urgent de réaffirmer avec force les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République.


C’est pourquoi, répondant à l’appel lancé début décembre 2009 par vingt chercheurs en sciences sociales (signé par plus de 42 000 personnes à ce jour), nous avons décidé de constituer le collectif Nous exigeons la suppression du ministère de l’identité nationale et de l’immigration sur le Vaucluse.

En effet, l’organisation étatique d’un débat sur « l’identité nationale » et les propos inadmissibles tenus par certains de nos dirigeants n’ont fait que confirmer combien ce ministère, par l’institutionnalisation d’une politique de repli nationaliste et de rejet des étrangers - et de tous ceux qui ont l’air étranger - met en danger notre démocratie. Qu’a donc fait naître ce ministère ? Des objectifs chiffrés d’expulsion d’étrangers, des rafles de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des camps de rétention, la criminalisation des migrants, le délit de solidarité, la remise en cause du droit d’asile (violation de la Convention de Genève, de la Convention Européenne des droits de l’homme), la multiplication des contrôles d’identité au faciès, la suspicion sur les mariages binationaux, la régularisation et la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompent avec le principe d’égalité, jusqu’à l’organisation étatique d’un débat nationaliste, et jusqu’aux nombreux « dérapages », inacceptables mais désormais quasi quotidiens, qui légitiment tous les comportements et les paroles xénophobes et racistes, divisant notre société en opposant les habitants de notre pays les uns contre les autres. C’est pourquoi il est grand temps de supprimer un ministère unique au monde qui, incitant au repli sur soi et à la haine de l’autre, menace notre démocratie.


Nous appelons donc tous les habitants, les associations, les partis et les candidats aux futures élections à signer la pétition en ligne sur le site (www.pourlasuppressionduministeredelidentitenationale. org), à nous rejoindre et à participer aux prochaines actionsque nous mettrons en place sur le Vaucluse. Signataires à ce jour : ADECR, Amoureux au Ban Public 84, ATTAC, CIMADE Vaucluse, FSU, Gauche Unitaire, IRC, LDH, MAS, MRAP, NPA, PCF, PCOF, PG 84, PS, RESF/UCIJ84, Sud Culture, Sud Solidaires, UD-CGT 84, UJFP, UNEF, les Verts, et des vauclusien(ne)s… (liste non close)

 

Cercle de silence le 2e samedi du mois : prochain cercle le 13

mars à 11h30, Place Pie à Avignon

Réseau education sans Frontières / uni(e)s contre l’immigration Jetable 84. resf84@no-log.org - 06 61 29 15 18

www.educationsansfrontieres.org


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SUPPRIMONS CE MINISTÈRE


Il est grand temps de supprimer un ministère unique au monde qui, incitant au repli sur soi et à la haine de l’autre, menace notre démocratie.

C’est pourquoi un collectif pour la suppression du ministère de l’identité nationale et de l’immigration se constitue sur le Vaucluse répondant à l’Appel lancé par 20 chercheurs, relayé par une pétition qui a déjà recueilli près de 40 000 signatures. www.pourlasuppressionduministeredelidentitenationale.org


La façon dont ont été reçus les 124 migrants débarqués sur une plage corse est une nouvelle occasion de dénoncer les graves dérives de la politique migratoire actuelle. Fuyant la dictature syrienne et les persécutions dont ils étaient victimes, ces hommes, ces femmes (plusieurs enceintes), ces enfants (38, dont 9 nourrissons) ont traversé les montagnes, les déserts, les frontières, à la recherche d’une terre d’accueil. Enfin arrivés en France, épuisés, ils ont pu croire un instant l’avoir trouvée. Pour eux la France était le pays des droits de l’homme. Ils ont demandé, ainsi que le prévoit le droit international, de déposer une demande d’asile. Le Préfet de Région leur a immédiatement répondu par un arrêté de reconduite à la frontière : ils ont été mis sous escorte policière, enfermés d’abord dans un gymnase, puis transférés par avion militaire dans des prisons pour étrangers (appelées « centres de rétention »). Près de la moitié d’entre eux ont été mis derrière les barreaux de celle de Nîmes.

Selon le droit international, ces personnes auraient dû pouvoir déposer une demande d’asile dès leur arrivée, être accueillies dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile et bénéficier de toute l’information juridique nécessaire, le temps que l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides) et la Cour nationale du droit d’asile examine cette demande avec toute l’attention requise. Voilà ce que le Préfet aurait dû ordonner. Pourquoi ? Non pas par générosité, mais juste parce que la France, signataire de la Convention de Genève et de la Convention européenne des  Droits de l’homme, a l’obligation de protéger ces réfugiés. Mais il semble que certains mots aient été bannis du vocabulaire officiel. Sarkozy, Besson et certains préfets (trop) zélés n’ont que le mot clandestins à la bouche, systématiquement accolé à l’odieuse expression vocation à être renvoyés. Clandestins ? Ces personnes ne se cachent pas, au contraire ce sont les journalistes qui ont été écartés, empêchés de les photographier et de les filmer ! Et les migrants n’ont aucune vocation à être traités comme des criminels. C’est la France, signataire de la Convention de Genève, qui a vocation à accueillir les demandeurs d’asile ! C’est la France qui a l’obligation de protéger les réfugiés. C’est la France qui est coupable de ne pas respecter ses engagements internationaux, coupable de priver de liberté des hommes, des femmes et des enfants, qui eux n’ont commis d’autre crime que de vouloir prendre en main leur destin. Cette violation inacceptable du droit d’asile est très inquiétante. Elle s’inscrit dans un ensemble de régressions produites par le fonctionnement d’un ministère de « l’identité nationale et de l’immigration » dont on mesure chaque jour les dérives et leurs conséquences : quotas d’expulsions, enfermement d’enfants, criminalisation des migrants, rafles de sans-papiers, contrôles au faciès, délit de solidarité, propos racistes tenus par des représentants de l’Etat.

Réseau education sans Frontières / uni(e)s contre l’immigration Jetable 84.

resf84@no-log.org - 06 61 29 15 18 • www.educationsansfrontieres.org

participez aux cercles De silence :  samedi 13 février, 11h30, Place Pie, Avignon.

CAMPAGNE DE SENSIBILISATION À LA QUESTION DES SANS-ABRIS

Nous pouvons organiser pour les collèges, lycées… des projections du film Les Enfants de Don Quichotte en partenariat avec C.A.S.A. (Collectif Action des Sans Abri) et le Collectif contre les inégalités et l’exclusion (C.C.I.E).

Réservations au 04 90 82 65 36

Depuis l’automne 2005, le service de médiation de rue de CASA est présent au quotidien à Avignon en intra-muros et à sa périphérie. Certainement avez-vous déjà croisé les médiateurs, toujours par deux, arpentant tous les coins de la Cité des Papes. Les axes principaux de travail sont la diffusion de l’information concernant l’accès aux droits fondamentaux et à l’hébergement des personnes sans abri, les maraudes ciblées pour assurer des suivis et établir des relais et une médiation en direction des commerçants et des riverains. En 2009, nous avons présenté ce service à la Commission Régionale de l’Organisation Sociale et Médico-Sociale (CROSMS).

Un avis favorable a été rendu en octobre et le projet a été définitivement reconnu et validé avec néanmoins une réserve quant à la question du financement. CASA s’est tourné vers la ville d’Avignon. Malgré un soutien de plusieurs années, la municipalité semble ne plus vouloir s’investir dans cette mission.

En 2009, il aura fallu toute la persuasion des acteurs locaux, votre présence lors de rencontres et manifestations et la détermination des Enfants de Don Quichotte pour que cette réalité continue d’être prise en considération.

Pour cette année 2010 ce scénario semble devoir se reproduire. Plus que jamais, en ces temps parait-il de disette, des choix financiers et politiques sont à faire. Les situations humaines où les besoins vitaux sont en jeu doivent rester une priorité incontournable.

Peut-être faudrait-il s’inspirer de nos voisins germaniques : 358 morts à la rue en France en 2009, 10 à 20 en Allemagne.

CASA – Médiation de rue

5bis Avenue du blanchissage Avignon

mediation@casa-avignon.org

lundi, novembre 9 2009

SÉANCES DE RATTRAPAGES ET CADEAUX

Nous vous proposons des DVD de films que vous avez peut-être vus ici, comme : Le dos au mur et Allez Yallah de Jean-Pierre Thorn, Volem rien foutre al païs de Pierre Carles, La voix de son maître de Gérard Mordillat, Un aller simple pour Maoré de Agnès Fouilleux, Le silence des nanos de Julien Colin, Filles de nos mères de Séverine Mathieu, et un coffret de films (Je sais où je vais, A Canterbury Tale, le voyeur, La narcisse noir, 49e parallèle) de Michael Powell et Emeric Pressburger…

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mardi, juillet 29 2008

Un ordinateur à la Manutention...

Un ordinateur équipé de logiciels libres, connecté sur Internet, est à votre disposition au cinéma.
C’est AviGNU, (qui regroupe des utilisateurs de logiciels à licence libre,  aide à l’installation, aux premiers pas…) qui prête l’ordi.

N’hésitez pas à les embêter pour en savoir plus : asso@listes.avignu.org

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