U-BLOG 84

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mardi, janvier 26 2010

UTOPIA SUR LES BANCS D'INFAMIE…


(…Suite)


C’est lundi 15 février que nous comparaissions devant le tribunal correctionnel, assigné par l’Association Culturelle Juive des Alpilles (ACJA) pour « incitation à la haine raciale et injures publiques » (voir l'historique ci-dessous). À l’heure dite, une petite foule se pressait devant le Palais, et la salle d’audience prévue s’avérant trop petite, on ouvrit la salle des Assises pour tenter d’accueillir tout le monde… dans le remue ménage que cela provoqua, on entendit un spectateur rigoler « ainsi donc, Utopia aurait commis un crime ? ». La grande salle s’avéra encore trop petite et beaucoup durent attendre dehors. Notre avocat Maître Levy rappela que le film avait été vu et la gazette lue durant tout le mois du Festival d’Avignon sans qu’aucune réaction d’hostilité ne soit manifestée, jusqu’à la parution de l’article de Yann Moix dans le Figaro « une utopie pourrie » le 18 août, qui vint mettre le feu aux poudres des Alpilles. Les membres de l’ACJA, probablement sûrs de leur bon droit par le simple fait de voir imprimé dans ce journal des phrases que le CRIF, légitimait de surcroît à leurs yeux en les reprenant, tronqués, sur son site internet, ont peut-être vu tout à coup en Utopia « le visage nouveau de l’antisémitisme contemporain : celui des babas-cool cinéphiles et idiots, qui définissent une manière inédite de vouloir en finir avec tout ce qui est juif. »
Maître Levy avant de plaider sur le fond, aborda la question de la procédure et insista sur les points de droit qui frappaient, selon lui, de nullité l’action intentée... soulignant qu’une simple réaction émotive ne suffisait pas pour justifier que l’on traine les gens devant les tribunaux sans avoir de raisons réelles et sérieuses « c’est une façon inquiétante de faire du droit »... La procureur plongea dans ses bouquins rouges et confirma les dires de notre défenseur. Après avoir entendu l’avocate de la partie adverse, juges, procureur, greffiers, suspendirent alors l’audience pour délibérer et revinrent quelques instants plus tard pour annoncer qu’il n’était pas besoin de plaider davantage et que les actions intentées par l’ACJA étaient jugées « nulles et irrecevables » sous  les applaudissements du public resté coi jusque là et très attentif au déroulement de l’audience...
L’ACJA dispose de dix jours pour faire appel. Mais le deuxième acte va se jouer à Paris le 23 mars à 14h à la 17e chambre correctionnelle du TGI. Là, ce sont tous les Utopia qui assignent Yann Moix et son journal Le Figaro pour le texte injurieux publié le 18 août.

Pour que le débat au fond existe tout de même nous organisons une soirée le 27 avril autour du livre de Michel Dreyfus L’antisémitisme à gauche, histoire d’un paradoxe de 1830 à nos jours (Éditions La Découverte), en présence de Michel Dreyfus, l’Association Culturelle Juive des Alpilles étant bien cordialement invitée à participer à la rencontre.


Coup de téléphone de notre avocat, Thierry Lévy : l'Association Culturelle juive des Alpilles fait appel.

L'affaire continue donc !

 


Ci-dessous l'historique de cette histoire :


LE TEXTE DE YANN MOIX PARU DANS LE FIGARO

(cliquez dessus pour le voir en grand)

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Le texte auquel Yan Moix réagissait (si l'on peut dire !) :

LE TEMPS QU’IL RESTE

Ecrit et réalisé par Elia SULEIMAN


Les tragédies de l’histoire sont souvent grotesques. Les Palestiniens vivent depuis 1948 un cauchemar kafkaïen. Alors que musulmans et chrétiens coexistaient pacifiquement en Palestine depuis quelques millénaires avec la minorité juive, les puissances occidentales, en totale méconnaissance de la région, et sous la pression d’une nouvelle idéologie, le sionisme, née en Europe au 19ème siècle, décidèrent implicitement, et ce bien avant la deuxième guerre mondiale comme l’ont montré les nouveaux historiens israéliens, qu’ils seraient expulsés de leur terre pour satisfaire au rêve fou d’un état religieux juif.

Quelques massacres plus tard, perpétrés par les milices juives, c’est chose faite en 1948 avec plus de 700 000 Palestiniens jetés comme des malpropres aux frontières, et ce malgré une résolution de l’ONU exigeant le droit au retour : résolution qui, bien que revalidée près de 100 fois, ne sera jamais respectée par Israël. Au final, un non-sens en guise d’Etat, qui reste aujourd’hui schizophrénique, capable d’envoyer un transsexuel à l’Eurovision tout en choisissant un ministre des Affaires Etrangères dont le racisme ferait passer notre borgne national pour l’abbé Pierre.
Dans la tradition de ses pères spirituels du burlesque, Keaton et Chaplin, qui montrèrent en leur temps l’absurdité de la première Guerre Mondiale, c’est bien ce non-sens que le réalisateur du sublime Intervention Divine, Elia Suleiman, poète-cinéaste arabe israélien longtemps exilé (un de ces 1,3 million de Palestiniens qui purent avoir la nationalité israélienne sans bénéficier totalement des mêmes droits que leurs concitoyens juifs), a décidé de décrire poétiquement en quatre tableaux, tout en racontant l’histoire de sa famille depuis 1948.
La scène d’introduction, où Elia Suleiman, revenant au pays, se retrouve au milieu de nulle part à cause d’ un chauffeur de taxi israélien qui ne reconnait plus son chemin en implorant Dieu « qui l’a abandonné », est infiniment symbolique de cette situation où tous se demandent, Palestiniens ou Israéliens, pourquoi ils sont dans cette galère sans issue. Et dans ce no man’s land, au milieu d’une nuit d’orage, l’esprit de Suleiman refait l’histoire de son pays et de son père disparu, résistant en 1948 à Nazareth donné pour mort après que les soldats l’aient jeté dans un ravin (mais depuis 2000 ans, c’est une ville où l’on ressuscite plus facilement qu’ailleurs…).
Il revient sur son enfance dans une école juive où la lobotomisation sioniste des élèves filait bon train ; sur les deux intifada… et jusqu’à aujourd’hui. Et chacune des périodes est l’occasion, toujours de manière tendre et burlesque, de montrer le dérisoire de tout, un désespoir tranquille mêlé de cynisme donnant à chaque Palestinien une force incroyable pour surmonter l’humiliation et la violence. Sans trop dévoiler le film, on rit encore à ce voisin aux théories politiques ubuesques qui, à chaque revers des Palestiniens (et ils furent nombreux), tente de s’immoler par le feu, mais ne parvient jamais à craquer l’allumette fatale… Ou, dans un contexte plus récent, Suleiman montre que la principale arme face aux Israëliens est le dédain et l’indifférence, comme quand ce jeune homme arpente la rue de long en large en téléphonant, sans se soucier une seconde du canon d’un tank qui le suit à 180°.
La force de Suleiman est de mêler étroitement émotion et burlesque : ainsi, dans une scène bouleversante, Elia écoute les larmes aux yeux, avec sa mère devenue muette, la magnifique chanteuse égyptienne Oum Kalsoum. Avec un sens du cadre splendidement théâtralisé, et sa dégaine d’échalas égaré omniprésente, Suleiman rappelle infiniment Tati qui comme lui savait, avec une économie quasi-totale de mots et le burlesque des situations, souligner de manière impitoyable la connerie humaine. Ici le clown blanc a une jolie gueule d’Arabe et on en est totalement ravi, et un immense éclat de rire ou la fulgurante beauté d’instants poétiques sont les preuves vivantes d’une âme que jamais la crétinerie assassine d’un Netanyahu ou d’un Lieberman ne pourra abattre.

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Voici encore quelques réactions au texte du film Le temps qu’il reste… Le passage du texte à propos du film Le Temps qu’il reste dans le gazette d’Utopia à Montpellier a valu à ce cinéma un courrier de l’Association Montpelliéraine pour un Judaïsme Humaniste et Laïque. Une réponse a été faite par la salle Utopia et l’Association Juive Française pour la Paix (lire ci-dessous).


Lettre de l’AMJHL

Nous réagissons à la lecture de ce que les cinémas Utopia publient sur le film Le Temps qu’il reste. En effet, ce texte dépasse largement la présentation ou la critique d’un film et s’apparente en fait à un article extrêmement polémique qui, non seulement use de la simplification, voire de la falsification, mais qui en outre, dans un esprit curieusement religieux, n’hésite pas à manier l’anathème. En voici quelques exemples : « alors que musulmans et chrétiens coexistaient pacifiquement en Palestine depuis quelques millénaires avec la minorité juive ». C’est faux pour les chrétiens : avez vous oublié les croisades ? C’est faux pour les juifs qui ont toujours été considérés comme des inférieurs (dhimmis) en terre d’Islam. Voir également, les affrontements meurtriers entre Arabes et Juifs en 1909 en Galilée, en 1921 à Jaffa, en 1929 à Hébron où est massacrée la vieille communauté juive. C’est vrai : les Juifs sont en Palestine depuis quelques millénaires, ce que de trop nombreux Palestiniens ne reconnaissent pas. Merci de le rappeler.

Un état « capable d’envoyer un transexuel à l’Eurovision tout en choisissant un ministre des Affaires Étrangères dont le racisme ferait passer notre borgne national pour l’Abbé Pierre ». Les faits : L’État d’Israël n’envoie personne à l’Eurovision. Les faits : le ministre actuel des affaires étrangères, effectivement raciste, a été nommé par un premier ministre démocratiquement élu par des citoyens qui ont tous le même droit de vote (c’est rare dans la région). Nous n’en regrettons pas moins cette nomination.
Votre interprétation : Liebermann est pire que Le Pen qui devient donc acceptable et aussi gentil que l’Abbé Pierre qui lui, a été l’ami du négationiste Garaudy. Nous avons pour notre part une autre interprétation.
« 700 000 Palestiniens jetés comme des malpropres aux frontières... Au final un non-sens en guise d’État qui reste aujourd’hui schizophrénique [...] dans une école juive où la lobotomisation sioniste des élèves filait bon train ». Votre message : Les Israéliens sont tous des dégueulasses et des malades mentaux de la pire espèce.
Nous ne sommes ni des sionistes inconditionnels, ni des intégristes juifs qui prônent la Thora pour seule loi. Mais nous sommes navrés de lire un article aussi faux, mensonger et manipulateur sur un sujet qui peut, ici, en France, aggraver les tensions et favoriser la violence et le racisme. Nous pensons qu’il serait aujourd’hui préférable de rassembler l’opinion française autour des principes de la démocratie et de la laïcité plutôt que de faire le lit des fondamentalistes de tout poil qui ont compris, eux, l’utilité d’un front commun pour nous imposer leurs lois.
Le Président de l’AMJHL.


Utopia a répondu (extrait)…

Nous avons bien pris note que la formulation du rédacteur du texte du film Le temps qu’il reste vous a froissé et nous en sommes désolés […] Permettez moi néanmoins de vous dire que vous semblez faire une interprétation très personnelle quant aux intentions de l’auteur. J’ai beau le relire, je ne vois rien qui laisse entendre que, de son point de vue les « Israéliens sont tous des dégueulasses et des malades mentaux ». Il y a parmi nous des juifs, des chrétiens, des athées... pas plus les uns que les autres nous ne pensons que les Italiens sont tous des abrutis parce qu’ils votent Berlusconi, ou les Russes parce qu’ils élisent Poutine, etc. Pas une seconde nous ne pensons que tous les Israéliens et tous les Juifs sont sur les mêmes positions : les films que nous programmons témoignent sans cesse du contraire…


… Et l’UJFP
au président de l’AMJHL

Nous venons de prendre connaissance des courriers que vous avez adressés aux cinémas Utopia et Diagonal*. Effectivement, il y avait urgence dans le paysage politique et audiovisuel français actuel, à interpeller ces deux groupes de cinémas indépendants, connus pour les dangers objectifs qu’ils font peser en France sur la démocratie et la laïcité. Nous ne pouvons que vous féliciter chaleureusement pour votre vigilance sans faille.
Attaquer Utopia parce qu’il condamne sans équivoque la politique israélienne d’aujourd’hui et parce qu’il fait remarquer qu’heureusement il y a eu dans l’histoire des périodes autrement plus fécondes de relations entre juifs musulmans et chrétiens, ne nous semblait pas scandaleux et même assez près du bon sens et de la réalité vérifiable sur le terrain. Les arguments que vous utilisez par contre ne nous paraissent pas répondre à ce que l’on pourrait attendre d’une association pour un Judaïsme Laïque et Humaniste.

D’ailleurs, puisque vous semblez soucieux d’exactitude, vous traduisez mal le terme de dhimmi qui ne signifie pas « inférieur » mais « protégé ». Le dhimmi était certainement un statut inférieur accordé aux minorités et pas seulement aux juifs, mais il avait pourtant le mérite de les protéger dans le monde musulman et il constituait un progrès sur la violence des relations non règlementées. Si l’on se réfère au sort des juifs d’Europe et de Russie pendant la même période, nul doute que le statut de dhimmi était plutôt bienvenue. Cette idée que les juifs du monde arabe auraient vécu une persécution comparable à celle des juifs d’Europe constitue une manipulation évidente de l’histoire, destinée à justifier l’expulsion des Palestiniens en 1948. Elle est d’ailleurs peu reprise dans le monde séfarade.

Vous évoquez les massacres de juifs en Palestine et lorsqu’on arrive aux 700 000 réfugiés de la Nakba vous vous offusquez. Pourtant cela aussi est un fait, comme le massacre, hier de 1500 hommes et femmes à Gaza. N’avez vous donc rien à dire aujourd’hui là-dessus ?
Vous affirmez : « C’est vrai, les juifs sont en Palestine depuis quelques millénaires, ce que de trop nombreux palestiniens ne reconnaissent pas, merci de le rappeler ». Pourtant, et c’est aussi un fait, ce qui a mis les juifs en danger c’est précisément l’arrivée des sionistes et le début de la dépossession, la création de l’État d’Israël et l’expulsion avec la destruction de plus de 500 villages, puis l’occupation, la colonisation et les crimes de guerre. Et sur tout cela, vous n’avez rien à dire ?
Vous trouvez nécessaire de défendre le gouvernement le plus extrémiste de l’histoire d’Israël avec un Liberman « démocratiquement élu » et vous n’évoquez pas le nombre d’élus palestiniens emprisonnés arbitrairement par Israël. Le Hamas lui aussi a été démocratiquement élu et l’AJHL ne peut ignorer que les sanctions que subit le peuple palestinien pour avoir voté sont bien plus lourdes que la colère exprimée par Utopia sur Liberman. Nous ne pouvons que regretter votre lourd silence sur ces faits là.
Alors que le petit Utopia vient d’être attaqué à Avignon par deux associations communautaristes pro-israéliennes, pour avoir librement critiqué la politique israélienne, le Judaïsme humaniste et laïque que vous prétendez représenter à Montpellier utilise les mêmes arguments de ces officines pro-israéliennes adeptes du choc des civilisations, dont le travail est d’interdire toute parole critique sur la politique israélienne...
Votre indignation, nous vaut un second courrier au cinéma Diagonal. Car enfin au cinéma, comme dans les médias, on ne donne pas suffisamment la parole à Israël, c’est bien connu. Du coup, il faut donc un certain goût du risque pour aller ainsi à contre courant et reprocher à Diagonal de donner la parole régulièrement à la Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP) qui se mobilise pour plus de justice sur cette question. Vous interrogez à juste titre sur l’intérêt très suspect pour ce conflit, il y en a bien d’autres en effet, et vous stigmatisez sans outrance aucune « les propos outrageusement simplificateurs, haineux même et les contre vérités assénées par son président » et puis curieusement vous donnez vous même la réponse à la question que vous posez : « sur un sujet qui peut ici en France aggraver les tensions et favoriser la violence et le racisme. » Mais oui, en France et dans le monde entier d’ailleurs, il y a bien un intérêt particulier porté à cette question et qui peut justifier que l’on s’attache, en cinéma citoyen, à faire entendre aussi d’autres points de vue que ceux du CRIF, de Finkielkraut, d’Avocats sans frontières, ou de l’UPJF (l’Union des Patrons Juifs de France) par exemple. Sans parler du fait que Montpellier se trouve au coeur de l’affaire AGREXCO dont Georges Frèche, vous ne pouvez l’ignorer, veut imposer l’installation à Sète.
Votre sens de l’équilibre et de la justice vous a d’ailleurs surement poussé à entrer activement dans la bataille du refus. Pas de diffusion des fruits de la colonisation par Sète ! Pas de profit de l’occupation en France ni en Europe !
Par contre, il serait utile de préciser votre pensée, afin que tout sous-entendu malveillant en soit balayé. « Violence et racisme » envers qui ? Ne pensez-vous pas, Monsieur le président, en juif humaniste et laïque que vous êtes, que la justice est le meilleur remède à la violence au racisme et à la haine ? Et que c’est l’intimidation et le silence que vous tentez d’imposer à des cinémas courageux et sincères qui est fauteur de violence et de racisme.
Le slogan palestinien repris par le mouvement de l’immigration des banlieues (MIB) il y a des années, dit : « pas de paix sans justice » ! Que ce slogan ne puisse être juif, laïque et humaniste aujourd’hui est, hélas pour nous, un véritable drame.

Pour l’UJFP, Michèle Sibony et André Rosevègue, co-présidents, Valérie Cabanne, Montpellier.

* Le cinéma Diagonal a reçu un courrier de l’AMJHL suite à un texte passé dans son programme et appelant au boycott des produits israéliens.

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Ci-dessous des réactions que nous avons publiées dans nos précédents programmes :

Utopia, objet d’un règlement de comptes ? Il se trouve que l’association des Amis de l’Humanité dont je suis le Secrétaire a été associée à la projection, en avant-première, le 17 juillet 2009, à Avignon, du film d’Elia Suleiman, Le temps qu’il reste, objet du texte en cause. La séance a été suivie d’une discussion libre, ouverte au public, sans que le moindre épithète soit prononcé contre qui que ce soit, en dépit de la cruauté de l’histoire vécue par les Palestiniens.

Tous ceux, dont nous sommes, qui suivent l’activité d’Utopia-Avignon, savent que la programmation des films, comme leur présentation, n’est inspiré par aucun racisme. La salle est réputée, dans les milieux les plus divers, pour son ouverture d’esprit, la qualité de ses choix, et la diversité de ses invités. Une chose est de discuter telle ou telle formule, comme celles du magazine d’Utopia, voire de la désapprouver, autre chose est d’appeler à prononcer des condamnations globales et définitives visant à attribuer à l’autre partie des positions et une idéologie moralement infamantes. L’article publié dans Le Figaro rapproche les responsables d’Utopia de Robert Brasillach, collaborateur, fusillé à la Libération pour propagande en faveur des nazis. Cet excès même témoigne d’une volonté de règlements de comptes politiques, ce qui relève du débat public et non de la justice. Comment ne pas rappeler, dans ces conditions, la longue liste de ceux, mouvements, intellectuels, journalistes, élus, artistes, syndicalistes, qui se sont vus cités en justice pour des commentaires sur la politique israélienne, commentaires invariablement qualifiés d’antisémites. L’antisémitisme, comme tout racisme, est un crime sans nom. Mais on ne peut l’invoquer, s’agissant de faits sans commune mesure avec un sujet aussi grave et une histoire aussi tragique, dans le but de faire taire la critique du comportement de l’Etat israélien. Il serait navrant qu’un lieu d’accueil, de débat, comme Utopia, soit incité à ne plus jouer son rôle.

Charles Silvestre, secrétaire des Amis de l’Humanite

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Nous n’avons pas toujours été d’accord et nous nous sommes même affrontés. J’en ai été désolé car je trouve que nous ne sommes pas assez nombreux pour nous diviser. Or j’ai toujours rendu hommage à votre travail de qualité en faveur du cinéma que je suis depuis plus de 25 ans. Aussi c’est avec stupeur (au sens premier du terme) que j’ai découvert le mauvais procès que Le Figaro avait ouvert contre vous à partir d’une expression, « milice juive », dans un texte présentant Le Temps qu’il reste. Pour qui ne possède pas de culture historique (cela peut s’avérer fonctionnel lorsque, par exemple, on veut transformer Guy Môquet en vecteur de la communication de l’UMP ou confondre plateau de télévision et pla-teau des Glières) et réduit l’usage du terme « milice » à la période de l’occupation en France, « milice juive » peut sonner comme un oxymoron. Le politiquement correct doit-il aller jusqu’à employer une périphrase du type « groupe armé non soumis à une autorité étatique et pratiquant des actions qui seraient aujourd’hui qualifiées de terroristes » pour l’Irgoun, responsable de l’attentat de l’Hôtel King David ? Sinon, je ne vois rien de choquant dans cette expression. Le terme milice ne concerne pas uniquement la France ! Un retour sur la guerre d’Espagne apprendrait au plumitif du Figaro que Simone Weil s’est engagée dans la milice anarchiste de la CNT. Télérama place Simone Weil dans les brigades internationales (Cf. n°3086 du 4 mars 2009) : cela sonne sûrement plus politiquement correct. Tant pis si les brigades n’ont été constituées qu’après qu’elle ait quitté l’Espagne et qu’avec l’uniforme de la milice anarchiste qu’elle arbore fièrement sur la photo choisie par le magazine, elle n’aurait pas fait de vieux os dans une brigade internationale : les sbires du NKVD l’auraient liquidée. Au Nouvel Obs (06/11/08), Jacques Nerson préfère employer le terme « corps franc » pour parler de l’engagement de Simone Weil en Espagne. Surtout ne pas employer le terme de « milice » et son qualificatif « anarchiste » : il ne faudrait pas ternir gravement la réputation de la philosophe. D’ici que le lecteur l’imagine en train de faire ses courses à l’épicerie de Tarnac... Quant à George Orwell, il a combattu sur le front d’Aragon dans la milice du POUM où il fut blessé : une balle franquiste lui traversa la gorge. Après sa convalescence, il a dû fuir les staliniens qui voulaient lui faire la peau en mai 1937. Revenant sur son expérience, il pouvait écrire dans Hommage à la Catalogne : « Ce qui attire le commun des hommes au socialisme, ce qui fait qu’ils sont disposés à risquer leur peau pour lui, la “mystique” du socialisme, c’est l’idée d’égalité ; pour l’immense majorité des gens, le socialisme signifie une société sans classe, ou il ne signifie rien du tout.

Et c’est à cet égard que ces mois passés dans les milices ont été pour moi d’un grand prix. Car les milices espagnoles, tant qu’elles existèrent, furent une sorte de microcosme d’une société sans classe. »

Bon courage pour affronter les prétoires ! Il en va de la liberté de parole, que les flics de la pensée rêvent de supprimer à l’aide également de ces procédures usantes et dégradantes. Tout en souhaitant que vous ne dépensiez pas trop d’énergie, car, en paraphrasant le grand John Ford pour clore le procès en sorcellerie intenté contre Jo Mankiewicz : « Nous avons des films à diffuser, des débats à animer, des combats à mener »...

Amitiés,

Jean-Marie Tixier. Président du Cinéma Jean Eustache à Pessac

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Cher Utopia,

J’ai parcouru hâtivement et en sautant les détails le compte rendu de vos aventures juridiques avec Monsieur Moix. Si je n’ai pas encore pris la peine d’une lecture exhaustive, l’idée même de ce procès me hérissait. Tout m’insupporte. Dans le désordre, le prétexte diffamant de ce procès, les propos de Monsieur Moix aussi insultants pour vous que pour vos fidèles spectateurs, sa suffisance et sa prétention et son ton, donneur de leçon. Une première remarque à propos de l’anonymat. Dans une autre vie, j’ai travaillé beaucoup avec la presse anglo-saxonne dont la réputation n’est plus à faire, et en particulier, avec The Economist, qui est depuis bien des années, LA référence, dans le monde entier, quand on parle de journalisme. Je vous signale, que vous n’y verrez jamais la signature d’un journaliste, et c’est exactement pour cela que The Economist a acquis cette réputation de sérieux, de probité, cette qualité de réflexion et d’analyse : les journalistes de The Economist n’ont aucune chance d’y devenir des « stars » ou des « people ». Vous n’inviterez pas un journaliste de The Economist à un voyage de presse dispendieux comme cela se pratique couramment avec les journalistes du Figaro. Vous pouvez en croire mon expérience ! Par ailleurs, je suis une parisienne, qui a aussi vécu en Angleterre et aux Etats-Unis et qui est venue s’installer à Villeneuve les Avignon pour y vivre ma retraite depuis cinq ans. Je reçois beaucoup de mes amis, parisiens et anglo-saxons que j’emmène au cinéma à Utopia, c’est devenu pour eux incontournable et ils trouvent que j’ai bien de la chance d’avoir ce cinéma à proximité. Chaque fois c’est un succès, à tel point que quand ils arrivent chez moi, ils se précipitent sur votre gazette ! mais je dois être une bobo gauchiste !

Enfin, en regardant un peu la vie de Monsieur Moix, je vois qu’il a réalisé un film tout à fait récemment. Par hasard, n’auriez-vous pas fait bon accueil à son film ? Ou peut-être, pas d’accueil du tout ? Très franchement, ce film n’évoque rien pour moi. Mais j’ai vu qu’il avait suscité, comme son auteur, beaucoup de controverses...

Mais je m’égare peut-être...

Bien à vous

Marie-Dominique Tron


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À propos de la chronique de Yann Moix

Faute de temps, quand on m’a signalé, peu après sa parution, la chronique de Yann Moix attaquant Utopia, je n’y ai pas prêté grande attention. La relisant aujourd’hui, je suis partagée, comme beaucoup, entre la colère et la tristesse. Je reprends le centre de ce texte : « Le mot “milice” collé au mot “juif”, ce n’est pas un oxymore, c’est une honte. C’est définir, évacuant Auschwitz d’un coup d’adjectif non seulement mal placé mais déplacé, un concept qui donnerait aussitôt vie, dans la foulée, à de jolis avatars comme des nazis juifs, des fascistes juifs, des hitlériens juifs ».
Et comment pourrait-il ne pas exister de milices juives ou des juifs fascistes ? Est-ce que les Juifs ne sont pas des êtres humains ? Il n’est nullement besoin d’en appeler à un nouveau concept. En 1926 déjà, Gershom Scholem signait, avec d’autres intellectuels juifs, une pétition, adressée à la puissance mandataire, contre la création d’une milice juive en Palestine, arguant qu’il fallait tout faire pour « combattre l’esprit guerrier et militariste » dans les rangs sionistes et « dénoncer les slogans trompeurs qui vantent l’héroïsme et l’honneur national » (citation extraite de Un juif allemand à Jérusalem de M.R. Hayoun). Depuis, bien sûr, cet espoir s’est définitivement envolé puisqu’à la fin de l’année 1947, la « principale milice clandestine sioniste » s’installait à la Maison rouge de Tel Aviv où, en mars 1948, fut « mis la dernière main à un plan de nettoyage ethnique de la Palestine » (citation extraite de Le nettoyage ethnique de la Palestine de I. Pappé).
Mais, surtout, utiliser le nom d’un camp d’extermination nazi à ce point à la légère, pour le petit plaisir de faire glisser les mots les uns sur les autres, alors là, c’est vraiment une honte.
Ensuite, avant de comparer, dans une autre partie du texte que je ne reprends pas, l’idée de lobotomisation des élèves dans les écoles israéliennes avec les textes de Robert Brasillach, il faut peut-être écouter les Israéliens parler de leur propre système scolaire. Il n’est qu’à lire Tom Segev (Le Septième million) pour voir que, dès la naissance de l’Etat, on apprenait à l’école que dans le pays il y avait deux races : la race des dieux, qui étaient nés sur place, et une race inférieure : celle des Juifs qui venaient de la Diaspora. Sans compter les travaux menés actuellement en Israël sur ce qui est véhiculé dans les manuels scolaires à propos des Palestiniens et, plus généralement, des Arabes.
Il n’y a pas une « essence juive » qui serait forcément distincte d’une « essence nazie ». Il y a des êtres humains avec leurs histoires, leurs cultures et le risque, toujours, de vouloir se débarrasser de toute altérité. Prendre une posture qui consiste à dénoncer de l’antisémitisme là où il n’y en a pas n’évite aucunement de se laisser entraîner dans ce travers et, surtout, ne combat pas le racisme là où il est. C’est une posture aveugle qui nous met en grand danger.
A lire le texte d’A.M.F. dans la gazette n°300, j’aimerais insister sur un point. Il me semble qu’il faut souligner que, quand le CRIF est intervenu en 2004, tentant de faire pression sur Utopia pour que le cinéma annule la venue de Leila Chahid à Toulouse pour le film Ecrivains des frontières, Utopia a répondu en programmant trois autres films sur le même sujet en plus d’Écrivains des frontières. C’est-à-dire que face à ces tentatives de pression, il est possible de ne pas acquiescer. Mais, pour cela, il est nécessaire de penser. Ce que fait Utopia.
C’est un peu curieux, parfois, de voir comment certains événements relatifs à la Palestine sont déprogrammés par souci de ne pas déplaire. C’est à se demander si leurs organisateurs ont une incertitude quant à savoir si eux-mêmes sont antisémites ou non. Mais après tout, il est vrai qu’il n’y a pas eu, après la seconde Guerre mondiale, et qu’il n’y a toujours pas de questionnement sur le refus de l’altérité qui se présente sous la forme d’un racisme ou d’un autre. Sans doute est-ce pour cela, d’ailleurs, qu’on se préoccupe si peu de l’islamophobie actuelle Après la seconde guerre mondiale, il a été convenu qu’il était malséant de dire ouvertement du mal des Juifs mais il n’a pas été décidé de réfléchir vraiment à la difficulté, pour l’être humain, d’accepter l’altérité du monde, l’altérité des autres et l’altérité de soi-même. Alors, bien sûr, il ne reste qu’à se réfugier dans des postures, croyant que ça pourrait nous garantir d’être du côté du Mal. Mais il n’existe aucune garantie en cette matière, il n’existe que le choix entre l’aveuglement et la pensée.
Merci, en tout cas, aux cinémas Utopia d’être parmi ceux qui aident à lutter contre la lobotomisation du monde, et en particulier contre la lobotomisation du judaïsme.

Claire Mialhe, membre de l’UJFP.





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RÉACTIONS DES CINÉMAS UTOPIA

De ma petite histoire…



J’ai grandi parmi les fantômes de deux génocides. Mon amie d’enfance était fille d’un dentiste arménien réfugié dans le petit village où je suis née et ma mère s’était précipitée chez lui autant pour faire soigner ses ratounes que pour rompre l’hostilité de villageois méfiants qui le confinaient dans un isolement douloureux. Il habitait avec sa femme et sa fille dans une unique pièce, qui servait aussi de cabinet dentaire. Quand il recevait un client, il tirait un rideau pour isoler le lit, et la roulette sifflait tandis que la soupe cuisait à petits bouillons sur la cuisinière à bois… On croyait préserver les petites des récits de ces grands malheurs en les chuchotant, mais nous ne manquions pas de capter l’essence des conversations des adultes. Mon père, qui avait passé cinq ans dans des camps de prisonniers en Allemagne, puni par un séjour à Ravaruska, savait de quoi ils causaient quand ils évoquaient ces horreurs.
Le jour où le frère de ma mère est arrivé en tenant par la main une beauté brune dont il semblait éperdument amoureux, nous annonçant qu’il allait se convertir au judaïsme pour pouvoir l’épouser, ma mère a fondu de bonheur : ce qu’elle redoutait le plus, c’était l’athéisme qu’Henri affichait et qui lui semblait devoir le précipiter aux enfers. Le Dieu des Juifs, pour elle, était le même que le sien, un Dieu amour, gentil, qui nous attendait tous sur un nuage… C’est ainsi que mon oncle est « devenu » juif et on a copiné très vite avec la famille d’Esther réfugiée à Alès, où ses membres travaillaient dans la confection. Là encore on chuchotait les horreurs des camps, on égrenait les noms des morts tandis que les petits jouaient dans leur coin… Et nous découvrions, sans que les grands y fassent attention, les cruautés du monde et la relativité de la vie.

Il n’est pas impossible que cette conscience de la fragilité de l’existence ait compté dans mon choix de rompre un jour avec une vie tracée d’avance pour m’embarquer dans une aventure qui avait les couleurs des valeurs que j’avais ainsi reçues.

… à l'histoire d'Utopia.

 « Le cinéma facteur d’ouverture pour l’intelligence et le coeur, la connaissance des autres par les films comme moyen de lutter contre tous les racismes… » C’étaient les objectifs des statuts de notre première association. De quoi séduire le clergé d’Aix en Provence qui a conclu notre premier bail pour une salle de patronage. Défilaient sans cesse, dans ce petit cinoche embarqué dans l’ébullition d’idées qui caractérisait les années 70, militants du Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire, Chrétiens défendants les sans-papiers (déjà), féministes du Mlac, etc. L’ouverture aux autres, nos bienveillants curés ne l’avaient pas entendue ainsi : nous étions bien des enfants de chœur, mais pas tout à fait selon leurs critères. Ils ne tardèrent pas à vouloir nous jeter à la rue et y parvinrent.
A contrario, cette conception un peu agitée des choses nous valut la sympathie d’ Herbert, un Juif new-yorkais, spectateur assidu et directeur de l’Institut Américain d’Aix, qui proposa de nous reloger dans l’institut d’Avignon qu’il dirigeait également et alla même jusqu’à prêter aux fauchés que nous étions les premiers sous pour aménager la salle, ne ratant pas une occasion de faire des plaisanteries sur les Juifs et l’argent…

Le hasard voulut – mais est-ce bien le hasard ? – quand il a été question de donner une extension aux salles avignonnaises, qu’un couple d’amis, l’un séfarade, l’autre ashkénaze, rentre dans le capital des structures Utopia… Et c’est ainsi qu’Utopia s’est développé grâce à des Américains, des Juifs, des Chrétiens, des maçons, des psychiatres, des Iraniens… Les films étaient le prolongement naturel de ces mélanges et les débats étaient souvent vifs. Dès nos débuts il nous sembla donc évident d’attirer l’attention aussi bien sur le génocide juif que sur les méfaits de la colonisation, les horreurs de l’esclavage et tout ce qui pouvait concerner notre époque formidable, sans nous priver d’y aller de notre point de vue local ou global…
Nous avions en quelque sorte inventé le cinéma d’opinion, du décor à la programmation jusqu’à l’expression multiple de la Gazette où les textes n’ont jamais été signés parce qu’Utopia a toujours été une aventure viscéralement collective… et histoire que personne ne commence à se prendre au sérieux !
Bien évidemment le conflit israélo-palestien a toujours compté parmi nos préoccupations, et si certains étaient directement concernés (famille en Israël etc…), les autres percevaient qu’il pesait sur le devenir du monde.

Quand David – le Séfarade cité plus haut –, en 2002, nous a confié un texte, Pitié pour les Palestiniens, qui était un appel « à la justice sans laquelle aucune paix ne sera jamais possible », il nous a semblé naturel de le publier… Le ciel nous est tombé sur la tête. Lettres d’insultes, agressivité verbale, affiches déchirées : des Juifs, en leur nom propre ou se déclarant représentatifs de toute la communauté juive, entendaient nous imposer le silence. Non Juifs, nous étions antisémites, Juifs, nous étions des traîtres, des Juifs honteux… Deux ans plus tard, quand nous annonçâmes la venue de Leila Chahid à Toulouse pour le film Écrivains des frontières, le ton monta à nouveau…
Nous avons alors pris conscience que nous n’étions pas les seuls concernés et qu’un peu partout des pressions s’exerçaient dès lors que s’exprimait un autre point de vue que la version officielle d’Israël : déprogrammation d’une semaine palestinienne à Montreuil, de Route 181, formidable film d’Eyal Sivan, à Beaubourg, pression sur les élus de Lyon, de Bordeaux, d’ailleurs… contre la venue d’une jeune troupe de théâtre composée d’adolescents palestiniens, pourtant parrainée par l’Unesco, accumulation de procès contre les personnalités les plus variées…

Au fil des dernières années, nous avons vu se mettre en place une sorte de « police de la pensée » conduite par une petite poignée d’intellos bien en cour dans les médias, brandissant avec beaucoup de facilité l’argument d’antisémitisme pour faire taire toute critique, tout trait d’humour, toute parole non conforme à la « pensée officielle » d’Israël.
Quand le Figaro a publié Une utopie pourrie, chronique de Yann Moix réagissant au texte paru dans les gazettes d’Utopia – en l’occurrence il avait lu celle d’Avignon – sur le film Le Temps qu’il reste, l’énormité des insultes nous aurait presque fait rire si elle ne nous avait paru s’inscrire dans une stratégie délibérée pour faire taire. Se voir comparés, en pire, à Robert Brasillach, fusillé à la libération, être accusés « d’avoir troqué nos bottes et nos insignes d’officiers allemands contre des sandalettes de baba-cools cinéphiles et idiots pour en finir avec tout ce qui est juif dans l’économie du monde »… nous a laissé perplexes : comment réagir à ce qui nous semblait le comble de la sottise ?

Le CRIF a bien entendu enfoncé le clou en relayant sur son site le texte de Moix, tout en renforçant son sens initial par la pratique bien connue de « l’extrait qui tue » : Utopia y devient le fleuron des nouveaux antisémites qui « veulent en finir avec tout ce qui est juif »… En septembre, confortée par le texte de Moix au point d’en faire la pièce maitresse de son assignation, l’Association Culturelle Juive des Alpilles de Saint-Remy de Provence a alors assigné Utopia Avignon au Tribunal de Grande Instance pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence et injure publique (aggravée par des propos anonymement antisémites) ».
S’il y avait hésitation auparavant quant à l’idée de se lancer dans une procédure, ce dernier fait a provoqué une réaction unanime dans tous les Utopia, tous étant concernés pour avoir diffusé le texte incriminé, à Saint Ouen l’Aumône, Bordeaux, Toulouse, Tournefeuille, Montpellier, etc. Réagissant alors aux injures de Moix. chacun des Utopia a assigné le 4 novembre l’auteur de l’article et le journal qui l’a publié. La première audience est fixée au 5 janvier, à la 17e chambre du TGI de Paris.
À suivre…

A.M.F. (Toulouse)


MOIX ET MOI



En Bretagne, tu allais à la laïque ou à l’école libre (entendez par là : catholique), t’étais bouffeur de curés ou grenouille de bénitier. Il existait aussi une troisième voie, celle des faux-culs, tendance petit commerçant, qui envoyait les enfants à la messe le dimanche, cathé le jeudi, confesse, confirmation, petite et grande communion… pour ne pas se fâcher avec la moitié (au moins) de la communauté (entendez par là : la clientèle).

Ce fut mon chemin jusqu’à l’adolescence où j’optai alors pour la tendance anticléricale.

Après un tel parcours initiatique, il m’apparaissait bien entendu que j’étais autorisé à être également bouffeur d’imams, de rabbins et de pasteurs en tout genre. C’était le temps où l’on croyait qu’un bon athée ne pouvait pas mettre la République en danger, bien au contraire…


Puis ce fut le début des années Mitterrand, les perspectives d’un monde meilleur étaient déjà ensevelies sous les ors de la République, insoumis à l’armée et fraîchement blanchi par Charles Hernu, ministre de la défense de l’époque, je m’embarquai dans l’aventure des cinémas Utopia à Avignon, mousse en cuisine. C’était la salle République et les deux salles Galante, du même nom que la rue qui a disparu, les salles aussi puisqu’elles sont devenues aujourd’hui un restaurant et que nous nous sommes depuis installés à la Manutention.
L’équipe fonctionnait peu hiérarchisée, avec prises de chou ponctuelles. Je me souviens de quelques réunions homériques où Moix n’aurait cependant pas eu sa place, car même si les débats étaient houleux, personne n’utilisait l’injure comme arme de destruction massive… Nous gardions finalement beaucoup de tenue et d’humour dans le désaccord et la polémique.
Cette façon collective de travailler, et non anonyme, n’en déplaise au polémiste Moix, ne pouvait que m’emballer. Société anonyme ! sûrement pas ! Collective dans notre façon d’agir, de travailler mais on ne peut plus personnalisée dans le rapport aux autres… et quelles personnalités, souvent fortes en gueule ! Chacun de la troupe était bien connu en ville, qui dans des associations, qui dans des mouvements politiques, ou qui dans certains bistrots… Tout ce petit monde défendait mordicus des tas de films dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, des films qui nous racontaient le monde, les gens, les pays, les guerres, les espoirs, les noirceurs de l’âme… Des cinéastes qui par leur art critiquaient ce que nous faisions subir aux hommes et à la planète et que je percevais comme autant de leviers pour la transformer. Utopique ! Bien sûr ! Pourtant quel bel accès à la réalité du monde !
Et nous en avons organisé des rencontres, autour de tellement de sujets, exprimé notre point de vue dans la gazette sur ce qui se passait dans notre ville ou à l’autre bout de la terre…
Aujourd’hui, quelques décennies plus tard, ça continue et je pense toujours que le cinéma n’est pas là pour nous aveugler mais pour nous éclairer. Il n’est pas là pour nous faire taire mais bien pour que nous discutions, réfléchissions. Et cet enthousiasme à défendre les films ne nous a pas abandonné.
Lorsque ce lundi matin, il y a quelques semaines, j’ai reçu de la main de l’huissier l’assignation en correctionnelle par l’Association Culturelle Juive des Alpilles pour provocation à la discrimination, la haine ou la violence et injure publique aggravée par des propos antisémites, mon sang ne fit qu’un tour. Se voir accusé des horreurs que l’on avait précisément combattues prouvait que le venin distillé par le chroniqueur Yann Moix du Figaro avait fait son chemin dans les chaumières au point de nous devenir soudainement inacceptable.

P.G. (Avignon)



Qu’est ce qui nourrit notre identité ?



La question est terriblement « tendance » ces dernières semaines, chacune, chacun, de Marine à Nicolas en passant par Ségolène, tentant de s’arroger les bonnes réponses à cette question. J’avoue que je m’en foutais comme de ma première VHS. Mais moi aussi, victime du premier sujet médiatique venu, j’ai fini par m’interroger… Et puis notre ami Yann Moix m’y pousse encore un peu plus.
Qui suis-je donc ? Basco-béarnais du côté de ma mère, j’avoue ressentir une certaine fierté à défiler aux côtés de ces fier-à-bras gardiens de brebis revendiquant une langue pleine de x, descendants de frondeurs qui savaient faire des cartons sur Roland et ses potes envahisseurs carolingiens au col de Roncevaux. Limousin par mon père, j’aime cette rude région de résistance qui a vu combattre dans les maquis de châtaigniers l’intraitable Guingouin et qui a apporté son soutien indéfectible à Julien Coupat et ses neuf amis, Limousins d’adoption. Français ? bof ! La seule France dans laquelle je me reconnais c’est celle des sans-culottes de 1792 et des communards, celle du Conseil National de la Résistance, sûrement pas la France chauvine, peureuse et réac qui n’aime que les Noirs et les Arabes qui marquent des buts, et votent pour un président qui leur assure de contenir l’immigration.
Un soir, alors que j’avais une dizaine d’années, un autre bout d’identité m’est tombé sur le coin du nez entre le bœuf purée et le petit suisse : ma mère me révéla tout de go qu’une de mes aïeules était juive. Soudainement le poids d’un peuple et de sa lourde histoire est tombé sur mes frêles épaules. Apprendre qu’on est juif ou même simple descendant de Juifs n’est pas aussi anodin que la découverte d’origines beauceronnes ou picardes. Un génocide est passé par là, et on ne peut traiter la chose avec légèreté. Je ne soupçonnais rien, d’autant que dans la famille de ma mère, on risquait pas d’y fêter une bar-mitzvah. Tout le monde s’était totalement converti au catholicisme jusqu’au zèle, préférant durant la deuxième guerre écouter le bon berger et se terrer derrière les rideaux vichy. Dès lors, conscient que si une uchronie tragique venait à se produire, ramenant au pouvoir une idéologie antisémite, je monterais dans le train de la mort, je me suis employé très jeune à mieux connaître, comprendre l’histoire et la destinée du peuple juif. Plus tard, étudiant en histoire, j’en ai même fait mon sujet d’étude, dans le choix de mon mémoire de maîtrise puis de ma thèse : « la communauté juive d’Alexandre à l’époque hellénistique »… Tout un programme non ? Et puis l’histoire antique du peuple juif a croisé son histoire plus contemporaine dans mon petit parcours, quand j’ai participé à mes premières manifestations en soutien au peuple palestinien face à un état israélien qui, selon moi, dévoyait un idéal égalitaire et socialiste qui était pour moi à l’époque celui des origines du sionisme. Ce nouveau combat était-il contraire à mon petit bout d’identité ? Lutter radicalement contre Israël était-il un déni de ce qu’il y avait de juif en moi ? Certains camarades d’études hébraïques ont voulu me le faire croire, me classer parmi les traîtres, voire les « juifs antisémites » pour reprendre la phraséologie délirante des détracteurs de tout opposant à Israël. Jusqu’à l’apothéose, avec Yann Moix qui nous compare à des Robert Brasillach en herbe. Et je me suis souvenu que mon père, fils de résistant et qui était pourtant héritier des valeurs de la Résistance française, n’avait pas hésité dans les années 60 à combattre l’armée de son pays pour soutenir un peuple opprimé, le peuple algérien. On l’avait jeté en prison comme traître à la nation, comme terroriste. De la même façon, lutter contre le sionisme ne sera jamais, malgré les approximations de Yann Moix, un acte antisémite. Israël est un État avec une politique impérialiste et c’est cela que l’on peut combattre et sûrement pas son peuple (la journaliste Amira Hass, les cinéastes Eyal Sivan ou  Avi Mograbi sont là pour nous rappeler l’effervescence intellectuelle en Israël). J’ai enfin compris que l’identité est avant tout la mosaïque de valeurs, d’émotions et d’indignations que l’on a accumulées. Si j’ai une identité, c’est une identité de classe : fier d’être fils de prolétaire ayant mené toute sa vie un combat anticapitaliste ; une identité antiraciste (sous toutes ces formes), une identité musicale (punk un jour, punk toujours), une identité multisexuelle… enfant de la révolution sexuelle. Par contre je me fous de mon appartenance à une nation ou à un peuple, si cette appartenance doit aller à l’encontre de ma liberté de penser. Les peuples dont je me sens proche sont les peuples opprimés qui mènent un combat légitime et juste. Et pour reprendre la mythique chanson des Bérurier Noir, « salut à toi punk iranien, salut à toi peuple kanak, etc. », au cours de nos voyages prenons tous ces identités pour construire un universalisme humaniste !
Et c’est à Utopia, après de nombreux errements professionnels, que j’ai pu trouver un  havre de paix où existe cette possibilité rare de croiser sans mépris pour les unes ou les autres la multiplicité de ces identités autant dans les films que l’on présente que dans les rencontres que l’on organise. Plus que nulle part ailleurs, n’en déplaise à Monsieur Moix, on accueille indifféremment films israéliens ou du monde arabe (vous voyez ces cinématographies très représentées sur les écrans des multiplexes, monsieur Moix ?) et nos débats sont ouverts et contradictoires. Aussi selon moi, en nous injuriant et nous assimilant à des néonazis, Yann Moix ne fait qu’aller à l’encontre du but qu’il recherche : lutter contre l’antisémitisme. Car par son délire rhétorique et nauséabond, il ne fait qu’éloigner le lecteur de l’antisémitisme réel, en désignant des faux coupables. À force de crier au loup, Yann Moix et ses amis ne font que relativiser le danger peut-être réel d’une résurgence de cette idéologie génocidaire.

J.J.R. (Saint-Ouen l’Aumône)


Spartacus et Moix



17 ans que je traîne ma charrette, de long en large dans les rues d’Avignon, distribuant la gazette (gratuite) comme du pain béni, et il n’y en a jamais assez ! « Roger’s, il m’en faut plus ! ». « Monsieur Utopia, encore un peu s’il vous plaît ! ». 17 ans que je me balade en m’arrêtant tous les 10 mètres pour saluer ou blaguer avec quelqu’un. C’est parfois embêtant, sans vouloir se vanter. 17 ans que je monte mes bobines avec toute notre petite équipe - qu’on s’éreinte 7 jours sur 7, 12 heures par jour (pas question de fermer, sous peine d’émeutes dans la ville). 12 heures par jour à organiser des débats, des rencontres, des nuits fantastiques… et on n’y fera pas fortune, pas pour vous dire qu’on est mal payé, parce qu’on s’en contente, contrairement à d’autres, mais parce que, quand j’ai rencontré l’équipe d’Utopia, j’étais un pas grand chose. Mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterai peut-être une autre fois.
J’aimais leur programmation, leur jeunesse, leurs idées (tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes). Même si pendant ces 17 ans on s’est fait attaquer, pour notre ton, un peu vif, par les cathos intégristes (La dernière tentation du Christ, Je vous salue Marie, Amen…), par des… des quoi au fait, qui nous reprochaient de passer trop de films israéliens (c’est vrai qu’il y avait eu cette année-là une production importante de films israéliens, comme cette année d’ailleurs), par des socialos qui trouvaient que nous passions trop de films américains, etc.
On a réussi quelques coups de force, en pleine guerre des Balkans de réunir Serbes, Croates et Bosniaques pour un débat très riche, même si tous se regardaient en chiens de faïence.
C’est vrai qu’un grand nombre de cinéastes lutte contre l’obscurantisme en tout genre et je ne suis pas peu fier de projeter leurs films.
D’origine Corse. AJU VISTU ANCU TROPU (Je ne les ai que trop vus).

Quand il y a 15 ans nous nous sommes retrouvés sans toit (problème de bail) et qu’il a fallu se faire entendre à la Mairie d’Avignon, c’est un millier d’anonymes qui a envahi le conseil municipal pour que l’on nous retrouve un logis et avec succès puisque c’est ainsi que nous nous sommes installés à la Manutention. En décorant Anne-Marie Chevalier des arts et de la culture, c’est un millier d’anonymes que Madame le Maire a décorés ce jour-là. Décoration qui doit traîner avec tant d’autres récompenses dans un carton sur une étagère poussiéreuse. Parce qu’on s’en fout et qu’on n’a pas le temps et qu’il  y a beaucoup d’autres choses plus urgentes dont il faut parler avant que l’on nous fasse taire à jamais.
Je me souviens de ce soir dans notre petite salle Galante. Une panne de projecteur 10 minutes avant la fin du film. La salle République était libre quelques rues plus loin. Je descends demander aux spectateurs s’ils veulent y voir la fin du film. ce fut un oui général, un oui d’allégresse et ils m’ont suivi, ma bobine sur le  dos trois rues en contrebas dans une atmosphère de joie et d’amitié, sûrement pas d’anonymat.
C’est moi Spartacus ! Non c’est moi Spartacus, non c’est moi, non c’est moi…

R.L. (Avignon)



lundi, janvier 25 2010

QU’ON SE LE DISE : LA PIVELLINA EST SOUTENU PAR ISF !

Ben oui, quoi, ISF comme Indépendants, Solidaires et Fédérés, c’est une association qui rassemble depuis peu quelques salles indépendantes (tous les Utopia, Diagonal, Pandora, Alhambra à Pontoise, Calais, Montpellier, Avignon, Bordeaux, Achères, etc.)


Non subventionnées, non liées aux grands circuits, elles ont en commun la conviction très forte que seule l’indépendance économique peut garantir la liberté totale d’expression, préserver la diversité culturelle et se triture les méninges pour s’inventer des moyens d’exister et de durer comme une alternative (modeste et géniale) au « tout libéral » qui nivelle le cinéma comme le reste, uniformise les esprits, la pensée, les goûts et les couleurs… Dans les moyens que ces petits cinés fédérés se donnent, il y a l’aide collective aux films : toutes les salles cotisent pour soutenir financièrement la sortie d’un film qu’elles ont majoritairement aimé et s’engagent à le soutenir très fort chacune dans son coin. LA PIVELLINA est le quatrième film qui bénéficie de ce soutien (aide à la distribution de 3000€, soutien à l’information, maintien du film à l’affiche sur la durée… et tout ce que chacune pourra inventer !).

Vos idées sont aussi les bienvenues, faites savoir, voyez et faites voir : vous êtes notre plus bel atout !

Supprimons ce ministère ! (la suite )

Identité et imigration : parlons -en ! Conférence-débat le 10 mars à 20h à la médiathèque J.L. Barrault à Avignon :

« Identité nationale et sécurité : deux débats, une seule cible (les immigrés) ? »

avec Laurent Mucchielli, sociologue spécialiste de la délinquance, directeur de recherche au CNRS, auteur, avec Véronique Le Goaziou (peut-être également présente le 10) de La Violence des jeunes en question (Champ social).

Laurent Mucchielli est l’un des signataires de l’Appel pour la suppression du ministère.


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SUPPRIMONS CE MINISTÈRE (LA SUITE)

Nous, associations, syndicats, partis et habitants du Vaucluse, exigeons la suppression d’un ministère qui, incitant au repli sur soi et à la haine de l’autre, met en danger notre démocratie - sur notre département comme partout en France.

Nous estimons nécessaire et urgent de réaffirmer avec force les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République.


C’est pourquoi, répondant à l’appel lancé début décembre 2009 par vingt chercheurs en sciences sociales (signé par plus de 42 000 personnes à ce jour), nous avons décidé de constituer le collectif Nous exigeons la suppression du ministère de l’identité nationale et de l’immigration sur le Vaucluse.

En effet, l’organisation étatique d’un débat sur « l’identité nationale » et les propos inadmissibles tenus par certains de nos dirigeants n’ont fait que confirmer combien ce ministère, par l’institutionnalisation d’une politique de repli nationaliste et de rejet des étrangers - et de tous ceux qui ont l’air étranger - met en danger notre démocratie. Qu’a donc fait naître ce ministère ? Des objectifs chiffrés d’expulsion d’étrangers, des rafles de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des camps de rétention, la criminalisation des migrants, le délit de solidarité, la remise en cause du droit d’asile (violation de la Convention de Genève, de la Convention Européenne des droits de l’homme), la multiplication des contrôles d’identité au faciès, la suspicion sur les mariages binationaux, la régularisation et la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompent avec le principe d’égalité, jusqu’à l’organisation étatique d’un débat nationaliste, et jusqu’aux nombreux « dérapages », inacceptables mais désormais quasi quotidiens, qui légitiment tous les comportements et les paroles xénophobes et racistes, divisant notre société en opposant les habitants de notre pays les uns contre les autres. C’est pourquoi il est grand temps de supprimer un ministère unique au monde qui, incitant au repli sur soi et à la haine de l’autre, menace notre démocratie.


Nous appelons donc tous les habitants, les associations, les partis et les candidats aux futures élections à signer la pétition en ligne sur le site (www.pourlasuppressionduministeredelidentitenationale. org), à nous rejoindre et à participer aux prochaines actionsque nous mettrons en place sur le Vaucluse. Signataires à ce jour : ADECR, Amoureux au Ban Public 84, ATTAC, CIMADE Vaucluse, FSU, Gauche Unitaire, IRC, LDH, MAS, MRAP, NPA, PCF, PCOF, PG 84, PS, RESF/UCIJ84, Sud Culture, Sud Solidaires, UD-CGT 84, UJFP, UNEF, les Verts, et des vauclusien(ne)s… (liste non close)

 

Cercle de silence le 2e samedi du mois : prochain cercle le 13

mars à 11h30, Place Pie à Avignon

Réseau education sans Frontières / uni(e)s contre l’immigration Jetable 84. resf84@no-log.org - 06 61 29 15 18

www.educationsansfrontieres.org


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SUPPRIMONS CE MINISTÈRE


Il est grand temps de supprimer un ministère unique au monde qui, incitant au repli sur soi et à la haine de l’autre, menace notre démocratie.

C’est pourquoi un collectif pour la suppression du ministère de l’identité nationale et de l’immigration se constitue sur le Vaucluse répondant à l’Appel lancé par 20 chercheurs, relayé par une pétition qui a déjà recueilli près de 40 000 signatures. www.pourlasuppressionduministeredelidentitenationale.org


La façon dont ont été reçus les 124 migrants débarqués sur une plage corse est une nouvelle occasion de dénoncer les graves dérives de la politique migratoire actuelle. Fuyant la dictature syrienne et les persécutions dont ils étaient victimes, ces hommes, ces femmes (plusieurs enceintes), ces enfants (38, dont 9 nourrissons) ont traversé les montagnes, les déserts, les frontières, à la recherche d’une terre d’accueil. Enfin arrivés en France, épuisés, ils ont pu croire un instant l’avoir trouvée. Pour eux la France était le pays des droits de l’homme. Ils ont demandé, ainsi que le prévoit le droit international, de déposer une demande d’asile. Le Préfet de Région leur a immédiatement répondu par un arrêté de reconduite à la frontière : ils ont été mis sous escorte policière, enfermés d’abord dans un gymnase, puis transférés par avion militaire dans des prisons pour étrangers (appelées « centres de rétention »). Près de la moitié d’entre eux ont été mis derrière les barreaux de celle de Nîmes.

Selon le droit international, ces personnes auraient dû pouvoir déposer une demande d’asile dès leur arrivée, être accueillies dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile et bénéficier de toute l’information juridique nécessaire, le temps que l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides) et la Cour nationale du droit d’asile examine cette demande avec toute l’attention requise. Voilà ce que le Préfet aurait dû ordonner. Pourquoi ? Non pas par générosité, mais juste parce que la France, signataire de la Convention de Genève et de la Convention européenne des  Droits de l’homme, a l’obligation de protéger ces réfugiés. Mais il semble que certains mots aient été bannis du vocabulaire officiel. Sarkozy, Besson et certains préfets (trop) zélés n’ont que le mot clandestins à la bouche, systématiquement accolé à l’odieuse expression vocation à être renvoyés. Clandestins ? Ces personnes ne se cachent pas, au contraire ce sont les journalistes qui ont été écartés, empêchés de les photographier et de les filmer ! Et les migrants n’ont aucune vocation à être traités comme des criminels. C’est la France, signataire de la Convention de Genève, qui a vocation à accueillir les demandeurs d’asile ! C’est la France qui a l’obligation de protéger les réfugiés. C’est la France qui est coupable de ne pas respecter ses engagements internationaux, coupable de priver de liberté des hommes, des femmes et des enfants, qui eux n’ont commis d’autre crime que de vouloir prendre en main leur destin. Cette violation inacceptable du droit d’asile est très inquiétante. Elle s’inscrit dans un ensemble de régressions produites par le fonctionnement d’un ministère de « l’identité nationale et de l’immigration » dont on mesure chaque jour les dérives et leurs conséquences : quotas d’expulsions, enfermement d’enfants, criminalisation des migrants, rafles de sans-papiers, contrôles au faciès, délit de solidarité, propos racistes tenus par des représentants de l’Etat.

Réseau education sans Frontières / uni(e)s contre l’immigration Jetable 84.

resf84@no-log.org - 06 61 29 15 18 • www.educationsansfrontieres.org

participez aux cercles De silence :  samedi 13 février, 11h30, Place Pie, Avignon.

CAMPAGNE DE SENSIBILISATION À LA QUESTION DES SANS-ABRIS

Nous pouvons organiser pour les collèges, lycées… des projections du film Les Enfants de Don Quichotte en partenariat avec C.A.S.A. (Collectif Action des Sans Abri) et le Collectif contre les inégalités et l’exclusion (C.C.I.E).

Réservations au 04 90 82 65 36

Depuis l’automne 2005, le service de médiation de rue de CASA est présent au quotidien à Avignon en intra-muros et à sa périphérie. Certainement avez-vous déjà croisé les médiateurs, toujours par deux, arpentant tous les coins de la Cité des Papes. Les axes principaux de travail sont la diffusion de l’information concernant l’accès aux droits fondamentaux et à l’hébergement des personnes sans abri, les maraudes ciblées pour assurer des suivis et établir des relais et une médiation en direction des commerçants et des riverains. En 2009, nous avons présenté ce service à la Commission Régionale de l’Organisation Sociale et Médico-Sociale (CROSMS).

Un avis favorable a été rendu en octobre et le projet a été définitivement reconnu et validé avec néanmoins une réserve quant à la question du financement. CASA s’est tourné vers la ville d’Avignon. Malgré un soutien de plusieurs années, la municipalité semble ne plus vouloir s’investir dans cette mission.

En 2009, il aura fallu toute la persuasion des acteurs locaux, votre présence lors de rencontres et manifestations et la détermination des Enfants de Don Quichotte pour que cette réalité continue d’être prise en considération.

Pour cette année 2010 ce scénario semble devoir se reproduire. Plus que jamais, en ces temps parait-il de disette, des choix financiers et politiques sont à faire. Les situations humaines où les besoins vitaux sont en jeu doivent rester une priorité incontournable.

Peut-être faudrait-il s’inspirer de nos voisins germaniques : 358 morts à la rue en France en 2009, 10 à 20 en Allemagne.

CASA – Médiation de rue

5bis Avenue du blanchissage Avignon

mediation@casa-avignon.org

jeudi, décembre 17 2009

Deux jeunes du Pontet expulsés! - Prochains Cercles les 19 décembre et 9 janvier, 11h30, Place Pie, Avignon.

L’importante mobilisation autour de Eyup et Mustafa ERGEN, 21 et 24 ans (pétition ayant recueilli près de 1000 signatures, lettres de Alain Cortade, maire du Pontet, André Castelli, vice-président du conseil général du Vaucluse, Frédéric Meyer, conseiller régional, et Marie- Christine Vergiat, députée européenne) n’a pas suffi à convaincre le Préfet de s’opposer à leur expulsion.

Arrêtés à la suite d’un banal contrôle routier, les deux frères sont restés enfermés au Centre de Rétention Administrative de Marseille pendant 15 jours, avant d’être expulsés le 2 décembre. Menacés d’être ligotés et bâillonnés, ils ont été raccompagnés par sept fonctionnaires de police, d’abord en avion privé jusqu’à Paris, puis dans un avion de ligne jusqu’à Istanbul. Citoyens français, nous sommes extrêmement choqués par la façon dont la France a traité ces deux jeunes gens au parcours exemplaire. Ces deux jeunes ont brillamment réussi leurs examens de français et ont participé activement à la vie associative locale, ils étaient membres actifs de l’association Couleurs Espoirs. Ils étaient prêts à offrir à la France tout l’enthousiasme, le dynamisme et la force de leur jeunesse. Toute leur famille vit ici. Pourquoi le gouvernement français les a-t-il renvoyés dans un pays où ils se retrouvent isolés, désespérés, en sachant très bien qu’ils feront tout pour revenir en France ? Devenant « clandestins » malgré eux, ils alimenteront ainsi les réseaux de passeurs que Eric Besson prétend combattre. Leur père, maçon, vit et travaille depuis plus de 15 ans au Pontet, il construit nos maisons. Ayant enfin obtenu sa régularisation, il avait le projet de construire, avec ses fils, sa propre maison. Pourquoi la France lui refuse-t-elle le droit de vivre en famille, auprès de ses enfants ? « Toute personne ayant des enfants connaît la douleur d’être séparée de ses enfants quelle qu’en soit la cause, et le danger pour des enfants de vivre sans leurs parents. » précise une autre signataire. Michel Chirinian, élu municipal de la majorité, leur a apporté son soutien : « Bien que d’origine arménienne je ne peux pas rester insensible à la situation de Mustafa et de Eyup ERGEN. Mes parents [...] dont les familles furent décimées au cours des déportations organisées par les génocidaires turcs de l’époque, auraient très certainement apporté leur soutien à cette famille. Je vous autorise à joindre mon nom aux pétitionnaires qui réclament que ces deux jeunes gens puissent vivre auprès de leurs parents ». Cette expulsion honteuse est emblématique : - de la violation quotidienne des Droits de l’Homme auxquels la constitution française se réfère : droit de vivre en famille, droit de libre circulation - de l’inhumanité de la politique migratoire qui sépare des familles unies, renvoie des personnes dans des pays où elles n’ont plus aucune attache - de l’incohérence de la politique gouvernementale, qui forme des jeunes pour les expulser ensuite, qui gaspille des sommes folles pour arrêter, enfermer, expulser des personnes qui ont toute légitimité à vivre ici. Car pourquoi Eyup et Mustafa ont-ils été expulsés ? La fin de l’année approche : le quota d’expulsions fixé par MM. Sarkozy et Besson n’a pas été atteint...

Gâchis financier, inestimable gâchis humain, cette expulsion bafoue les valeurs républicaines de Liberté, d’Egalité et de Fraternité qui font la grandeur de notre pays. C’est en NOTRE NOM qu’une telle politique xénophobe s’exerce. Nous ne l’acceptons pas. Nous continuerons de la dénoncer et de la combattre. Rejoignez-nous !


Réseau Education Sans Frontières / Uni(e)s Contre l’Immigration Jetable 84.

resf84@no-log.org - 06 61 29 15 18 - http://www.educationsansfrontieres.org




lundi, décembre 14 2009

LES COLIS SONT BIEN ARRIVÉS À CALAIS

Nous avions lancé un appel à dons de vêtements lors des gazettes précédentes et le moins que l’on puisse dire c’est que vous y avez répondu généreusement ! Il faut même vous avouer que nous étions un peu débordés par l’abondance de paquets et nous commencions à douter de la pertinence d’un envoi aussi massif alors que des associations locales en auraient certainement autant la nécessité !!! Et puis nous avons reçu ces quelques mots :

Je souhaitais, au nom du collectif C’SUR, vous remercier de votre aide et de l’attention que vous portez à notre combat depuis plusieurs années. Nous sommes de moins en moins nombreux dans l’action, et les soutiens comme le vôtre nous aident à ne pas lâcher prise. Merci à toux ceux qui se sont investis pour que cet envoi arrive jusqu’à nous. Pour le C’SUR, Valérie Rumigny

Mais c’est qui C’SUR ?

Le collectif C’SUR, composé de 7 organisations, oeuvre sans relâche auprès de centaines de migrants " invisibles ", vivant à côté de nous dans la peur et dans des conditions humaines dignes des pires bidonvilles. Ils sont actuellement plus de 700 en errance sur Calais. Des bénévoles agissent au quotidien depuis 6 ans pour tenter de leur venir en aide : distribution de repas, de vêtements, accompagnement juridique, orientation vers la PASS (permanence d’accès aux soins), mise en oeuvre " d’actions santé ", écoute, interventions auprès des Collectivités et des élus… Pour mener ces actions à bien, nous avons besoin de l’aide de tous, qu’elle soit ponctuelle ou régulière. Vous pouvez nous aider matériellement bien sûr mais aussi financièrement en adressant un don financier à :

Association la Belle Etoile, BP 34, 62

370 Audruicq ou Secours Catholique, 170 rue Anatole France, 62100 Calais.

Le CSUR, Collectif de Soutien d’Urgence aux Réfugiés de Calais

Contact : valerierumigny@aol.com

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En suivant ce lien, vous pourrez voir un reportage photo sur les sans-papiers à Calais :

http://www.flickr.com/photos/saraprestianni/sets/72157621821593471/show/

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LES DISPENDIEUSES RÉCRÉATIONS DE QUELQUES SÉIDES IMPÉRIAUX

par Jean-Claude Xuereb
magistrat honoraire et poète

"Ces princes qui nous gouvernent" nous coûtent décidément fort cher, même si leurs gaspillages trouvent divisés par 6,5 grâce à l'euro, rendant ainsi le scandale moins apparent. Deux exemples récents en apportent la démonstration accablante.

Les 5 et 6 septembre 2008, au Palais des Papes d'Avignon, a eu lieu une prestigieuse manifestation baptisée Gymnich 2008", destinée à marquer la Présidence française de l'Union Européenne. Les ministres des affaires étrangères des Etats membres de l'Union  étaient conviés dans l'ex-cité papale par Bernard Kouchner, notre célèbre ministre, médecin jadis secourable envers les populations les plus défavorisées du globe. La Cour des Comptes, dans un récent rapport dont la presse s'est faite écho, a souligné sans ménagement les dépassements budgétaires provoqués par cette pharaonique rencontre. En voici quelques postes parmi les plus significatifs, spécifiés en euros :

Nature de la dépense        Coût prévisionnel         Coût réel
- Hébergement                      107 000                    241 000
- Restauration                        276 000                   632 000
- Dispositif culturel                130 000                   276 000
- Frais de transport                83 000                     716 000

L'accroissement exponentiel de ce dernier poste s'explique par l'affrètement tardif d'un TGV spécial, "pélliculé" aux couleurs de la Présidence française de l'Union Européenne. Au total les dépenses entraînées par cette manifestation atteignent 4 200 000 euros contre une estimation initiale de 2 530 000 euros.

Ces deniers publics généreusement distribués n'ont sans doute pas été perdus pour tout le monde. Qui répondrait au défi d'une publication de la liste complète des prestataires ainsi que du détail des contrats devis et factures, quitte à faire éventuellement rendre gorge du montant de certaines majorations inacceptables ? Ajoutant au flot démentiel d'une inflation législative sécuritaire et démagogique, une nouvelle loi, tout aussi inappliquée que d'autres, ne pourrait-elle imposer aux ordonnateurs et aux contrôleurs des dépenses publiques l'obligation de couvrir sur leurs propres deniers les dépassements budgétaires injustifiés ?

Autre manifestation récente non moins prestigieuse et coûteuse : Monsieur Daniel Rondeau, écrivain récemment nommé, selon le voeu du successeur actuel du grand Vergennes, Ambassadeur de France à Malte, a organisé en octobre 2009, une opération culturelle dite "Ulysse 2009". Après une réception offerte par l'Ambassadeur dans les jardins exotiques de sa résidence à Zebbug (Malte), un pétrolier ravitailleur de la Marine Nationale, "La Meuse", a été mobilisé pour une croisière en Méditerranée, offerte à une dizaine d'écrivains français ou étrangers. Les escales en furent Tunis, Tripolis où le vaisseau français dut arborer le respectable pavillon de l'hôte lybien, Limassol... Dans l'île de Chypre, un concert intitulé "D'une seule voix", pris en charge par le quai d'Orsay, avait été programmé. Il devait réunir des musiciens et des chanteurs israéliens et palestiniens. Les participants gazaouis furent malencontreusement retardés et manquèrent le rendez-vous par suite des tracasseries de l'administration israélienne. Pour en finir, les invités, directement rejoints par J.M.G Le Clezio, se retrouvèrent au salon du livre francophone ouvert à Beyrouth, en présence de Bernard Kouchner, représentant du Gouvernement français.

Le "Nouvel Observateur" a rendu compte, dans son numéro du 5 novembre 2009, de cette Odyssée d'un nouveau genre, à travers un reportage de trois pages signé de Fabrice Pliskin et illustré de souriantes photographies destinées à immortaliser l'événement. C'était la moindre des choses puisque Monsieur Jean Daniel, accompagné de son épouse Michèle faisait partie de l'expédition. Parmi les invités figuraient aussi l'inoxydable P.P.D.A., la poète libanais Salah Stétié, le poète tunisien Moncef Ghachem, le romancier algérien Salim Bachi, le romancier grec Takis Theodoropoulos et l'égyptien non francophone Gamal Ghitani. Ces messieurs s'apitoyèrent au passage sur le sort malheureux des innombrables clandestins attirés par le mirage illusoire d'une Ithaque européenne et engloutis dans les flots tels les pauvres compagnons d'Ulysse, ou parqués dans des réserves. A l'escale tunisienne, Jean Daniel ne manqua pas, devant un auditoire choisi, de rappeler son lointain passé anticolonialiste avec sa référence habituelle à la pensée d'Albert Camus.

Nous ignorons pour l'instant le coût de cette opération de prestige. Le seul indice que nous ayions à ce sujet tient à des propos de Bernard Kouchner, tels qu'ils sont rapportés dans le "Monde des livres" du 6 novembre 2009. Celui-ci a en effet déclaré avec une franchise désarmante et en des termes habituellement peu usités par les diplomates de métier, que l'opération avait "coûté beaucoup de pognon."

Les simples citoyens et contribuables que nous sommes ne sont-ils pas en droit de manifester leur écoeurement et leur révolte face à la désinvolture, à l'impudeur et à l'impudence que révèlent de telles pratiques, parfaitement impunies, alors que se creuse chaque jour davantage le déficit vertigineux des finances publiques ? Certes, la société française a connut tout au long de son histoire de nombreuses crises morales et financières analogues. Certaines d'entre elles ont entraîné la contestation violente des privilèges les plus choquants. Tel fut notamment le cas, si je ne me trompe, en 1788. Voilà qui devrait inciter nos Princes à modérer l'arrogante ostentation de leur train de vie et de certaines gesticulations pseudo-culturelles, caricatures grimaçantes des splendeurs d'un passé révolu.

lundi, novembre 9 2009

SÉANCES DE RATTRAPAGES ET CADEAUX

Nous vous proposons des DVD de films que vous avez peut-être vus ici, comme : Le dos au mur et Allez Yallah de Jean-Pierre Thorn, Volem rien foutre al païs de Pierre Carles, La voix de son maître de Gérard Mordillat, Un aller simple pour Maoré de Agnès Fouilleux, Le silence des nanos de Julien Colin, Filles de nos mères de Séverine Mathieu, et un coffret de films (Je sais où je vais, A Canterbury Tale, le voyeur, La narcisse noir, 49e parallèle) de Michael Powell et Emeric Pressburger…

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mardi, septembre 1 2009

BD-CINEMA à la Manutention Atelier et cours de Bande Dessinée,


En lien avec la vidéo et le dessin animé avec Dominique Rousseau et l’association Scène Huit.
Éveil : 2 mercredis après-midi par mois, enfants de 9 à 14 ans.

Formation : 2 samedis après-midi par mois, ados et adultes, à partir de 15 ans.

Démarrage fin septembre à UTOPIA Manutention
Renseignements : 04 90 27 91 95 et scenehuit@gmail.com

mardi, juillet 29 2008

Un ordinateur à la Manutention...

Un ordinateur équipé de logiciels libres, connecté sur Internet, est à votre disposition au cinéma.
C’est AviGNU, (qui regroupe des utilisateurs de logiciels à licence libre,  aide à l’installation, aux premiers pas…) qui prête l’ordi.

N’hésitez pas à les embêter pour en savoir plus : asso@listes.avignu.org

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