Solidarité avec Jean-Jacques Rue, collègue d’Utopia Saint-Ouen l’Aumône et ci-devant chroniqueur cinéma à Siné Mensuel, et son camarade poète et cinéaste franco-grec Yannis Youlountas.

Jean-Jacques Rue, c’est une figure d’Utopia : un nounours punk qui s’active dans les salles de Saint-Ouen l’Aumône. Chroniqueur cinéma à Siné Mensuel, vous l’avez peut-être croisé à La Manutention en compagnie de Siné ou récemment avec Raoul Peck lors de l’avantpremière du film Le Jeune Karl Marx. Avec son tempérament tout sauf tiède, ses coups de gueule et ses prises de paroles parfois excessives, il en agace certains mais sa passion, ses engagements et sa verve contribuent à la diversité et la richesse d’Utopia comme du mensuel du regretté Bob. Jean-Jacques n’a jamais fait mystère de ses positions politiques très à gauche et notamment de son implication dans les mouvements antifascistes. Son ami franco-grec Yannis Youlountas, poète et cinéaste, est lui aussi passé par Utopia pour présenter Ne vivons plus comme des esclaves et Je lutte donc je suis. Et il est prévu qu’il revienne nous voir en début d’année !

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Yannis et plusieurs de ses camarades se sont investis cet été dans la lutte contre le bateau « C Star », affrété par les militants identitaires d’extrêmedroite de Defend Europe, qui avait pour but d’entraver le travail des bateaux de sauvetage venant en aide aux migrants en Méditerranée.
Grâce à la mobilisation de Yannis et ses camarades grecs, tunisiens, maltais, italiens… le C Star a eu toutes les peines du monde à accomplir sa mission mortifère et à accoster où que ce soit. Et la croisière des militants identitaires s’est transformée bien heureusement en fiasco pathétique. Rebondissement ubuesque : les membres du C Star, probablement enragés à cause de leurs déboires, poursuivent en justice Yannis et Jean-Jacques parce qu’ils ont eu à leur encontre des mots certes virulents sur les réseaux sociaux au mois d’août ; nos amis risquent de lourdes peines (près de 100 000 euros d’amendes et dommages et intérêts cumulés, voire prison ferme) pour avoir exercé trop vigoureusement leur liberté d’expression envers des gens qui usent sans vergogne de la manière forte pour défendre leurs idées rances !

Le procès se déroulera le 18 décembre au Tribunal de Nice, tristement connu pour avoir condamné le paysan Cédric Herrou au chef de solidarité envers les migrants. Il est urgent de soutenir Jean-Jacques et Yannis en versant sa contribution, si modeste soit-elle, à la caisse de solidarité ouverte sur internet pour les aider à assumer les premiers frais de justice : www.lepotcommun.fr/pot/hvfshv5n. Une condamnation lourde de nos deux amis serait un signal aussi fort que malheureux propre à refroidir la résistance plus que jamais nécessaires face aux mouvements d’extrême droite de plus en plus décomplexés.