Communiqué du Collectif 23h59 Janvier 2019

Rappelons-le, le Collectif 23h59 a pour objet la défense de la liberté de circulation.  Il entend, au regard de ce principe,  faire rétablir la possibilité d’emprunter le passage du verger Urbain V en soirée pour rejoindre la Manutention et le quartier – comme cela était établi depuis plus de vingt-cinq ans grâce à un accord raisonnable passé à l’époque entre l’équipe municipale, le gestionnaire du Palais des Papes  et le cinéma Utopia. La raison, le raisonnable, c’est ce qui a été balayé d’un revers de manche municipale l’été dernier, pour laisser libre cours à l’arbitraire : absurdité d’une décision unilatérale et irréfléchie à tel point injustifiable qu’elle provoque au sein même de l’équipe municipale – nous le savons – la zizanie. Est-ce pour ne pas avoir à défendre l’indéfendable que la Maire d’Avignon refuse de recevoir le Collectif, alors même que les propositions dont il est porteur permettraient une sortie de conflit par le haut ? Toujours est-il que parmi les 20 000 pétitionnaires qui réclament la réouverture en soirée des grilles du passage, nombreux sont ceux qui interprètent comme du mépris le refus permanent de la Mairie de négocier sur le sujet. Et la colère monte, le malaise grossit. D’autres dénoncent le grand écart municipal entre les promesses de « démocratie participative » et le caractère inique de ce genre de décision, loin de la concertation et du dialogue, termes qui ne sont plus perçus que comme des éléments de langage électoralistes. En réponse, certains débordements, certains actes isolés, que le Collectif réprouve, commencent à fleurir. Faut-il s’en étonner ? Devant l’intransigeance et le silence de la Mairie, des initiatives incontrôlées font écho au refus de dialoguer – il y a là-même l’expression d’une loi qui vaut pour les individus et les groupes sociaux : le passage à l’acte s’exprime en raison inverse de la parole et du dialogue ! On peut tenir pour acquis que l’entêtement municipal aura nécessairement pour conséquence la multiplication d’actes inconsidérés et maladroits.
En voici une illustration, mais pas forcément du côté auquel on pense spontanément ! En réaction, a-t-on appris, à la disparition d’un cadenas fermant une des grilles du passage, la Mairie répond par la punition collective, rien de moins. Suite à cet événement, les grilles ont été fermées plus tôt, sans prévenir bien sûr les établissements concernés ou les usagers ; et les agents chargés de cette tâche ferment le passage à des horaires irréguliers, voire aléatoires (au lieu de 20 heures, 19h30, éventuellement 18h, voire la journée entière, deux jours entiers… voire pas du tout quand ça les arrange !). 

Résultat : celles et ceux qui restaient indifférents au sort de notre passage, directement impactés par de telles mesures, viennent ajouter leur nom à la déjà très longue liste des pétitionnaires…
 

http://www.cinemas-utopia.org/U-blog/avignon/public/391/CARTE_BLOG.jpg

Oui, nous disons bien « notre passage ». Car il est clair pour le Collectif 23h59 que cette simple voie d’accès est en fait tout autre chose qu’une bande goudronnée à soustraire aux risques de dégradations diverses. Ce passage est un symbole, il est aussi un trait d’union matériel entre le quartier de la Manutention et le cœur de l’intra-muros. Il est emprunté chaque année par des centaines de milliers de passants. C’est pourquoi nous nous opposons à sa confiscation par la Mairie et le considérons à présent comme une ZAD : une zone à défendre. Ce qui caractérise les ZAD, c’est d’abord et avant tout la volonté de citoyens regroupés en collectif de s’ériger contre l’absurdité de décisions prises par les pouvoirs publics, lesquelles concernent des zones géographiques et leurs habitants qui auront à en subir des conséquences néfastes. Une ZAD, de notre point de vue, n’est pas nécessairement une zone occupée en permanence. C’est un point de ralliement et de résistance citoyenne ; un rappel par une communauté populaire aux pouvoirs politiques locaux qu’il faut tourner sept fois sa plume dans son encrier pour éviter de commettre une telle bévue. Bévue qui, pour autant, pourrait être réparée bien facilement…
Le Collectif est donc déterminé à ce que l’on réouvre cet axe majeur aux piétons et cyclistes pour accéder à la Manutention et aux quartiers environnants. 
Nous avons publié dans la dernière gazette d’Utopia un texte où nous regrettions déjà la fin de non-recevoir à laquelle s’étaient heurtées nos propositions de rencontre. Il est grand temps, Madame la Maire, de prendre en considération les attentes de 20 000 pétitionnaires.

Venez nombreux samedi 2 février à 19h00 
dans le verger Urbain V pour fêter la Chandeleur.

Après avoir décoré le sapin de Noël dans le verger en décembre, 
retrouvons-nous à nouveau en février pour fêter la Chandeleur : chacun avec sa petite famille apporte crêpes et gobelets !

Contact : Collectif23h59@gmail.com