Éditos

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jeudi, mars 30 2017

Des nouvelles du front (local, pas national, pour une fois)

Ce 30 Mars à 9h du matin, au moment même où nous sera livrée la nouvelle gazette, votre cinoche favori se présentera à la barre de la Cour administrative d’appel de Bordeaux. Mais que diable, me direz vous, allons nous faire dans cette galère ?
Il s’agit ni plus ni moins d’empêcher un groupe surpuissant et dominateur de s’assurer le contrôle hégémonique de la diffusion du film sur Bordeaux, et donc de notre survie pure et simple à moyen terme sur la ville.

 

Rappelons les faits de la procédure pour les cancres qui dorment au fond de la classe à côté du radiateur : le groupe UGC, qui exploite dans le centre-ville un multiplexe constitué de 18 salles représentant 2835 fauteuils, a déposé devant la Commission d’Aménagement Commercial de la Gironde une demande tendant à obtenir l’autorisation de créer à Bordeaux un second établissement cinématographique de 13 salles et 2400 places. Ce qui aurait pour effet de porter à 31 le nombre de salles exploitées dans notre ville par la même enseigne…
Disons le tout net, les 18 salles UGC de la rue Bonnac suffisent déjà largement à notre bonheur, car les 27 salles UGC implantées dans le quartier des Halles à Paris nous aident aujourd’hui largement à mesurer les effets déplorables d’un excès de concentration. La photo et le texte publiés cette semaine par le Film Français et joints à l’édito dans la gazette vous aident d’ailleurs à comprendre l’effet d’aspirateur géant engendré par de tels monstres…

 

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mardi, janvier 31 2017

DU BLUFF TECHNOLOGIQUE À L’ESBROUFE ARTISTIQUE


Contre les projets d’art contemporain de la commande Garonne, et en particulier la mise au puits de l’œuvre de Jacques Ellul par Suzanne Treister.

 

Décidément, les aménageurs n’en peuvent plus d’attentions envers les aménagés. Après la commande artistique Tramway (3 millions d’euros pour les deux premières tranches) qui nous a déjà valu une douzaine d’« œuvres » aussi ridicules que prétentieuses, Bordeaux Métropole nous annonce sa nouvelle commande Garonne (12 artistes, 8 millions d’euros) censée agrémenter nos rives dès l’an prochain.

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mardi, décembre 13 2016

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle. Les souvenirs, les regrets et le Chili aussi…

Vertuchou ! Qui songerait un seul instant à nier, que, pour citer la chère Arletty, la planète bleue en affiche aujourd’hui une vraie, de gueule d’atmosphère ? Et pas seulement question climat, la dégradation catastrophique en la matière n’étant somme toute qu’une résultante parmi bien d’autres de choix politiques mis en œuvre avec une obstination maniaque par une bande de sales types : les Chicago boys de sinistre mémoire… Une quasi secte économique, adoratrice du veau d’or, sur laquelle régnait sans partage un affreux parmi les affreux, le fort peu regretté Milton Friedman. Cette bande, véritablement inspirée par le diable, mit au point, au tournant des années 60, les tables de la loi d’un nouvel ordre économique mondial qui renvoyait dans les limbes les théories libérales déjà gratinées de grand-papa, qui permettaient encore au moins aux exploiteurs et aux exploités de se croiser dans la rue, même si c’était pour se foutre sur la gueule.

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mercredi, septembre 7 2016

Pourquoi dire NON au nouveau compteur électrique Linky

On va rentrer de suite dans le vif du sujet pour celles et ceux qui ont loupé les épisodes précédents. Connaissez-vous le nouveau compteur électrique Linky ? Celui-là même décrit dans le courrier que vous venez de (ou que vous allez) recevoir d’ENEDIS (ex-ERDF) et qui vous demande un RDV pour l’installer à la place de votre compteur actuel. À moins qu’il n’ait déjà été installé cet été, et que vous veniez de le découvrir en rentrant de vacances… Voici ci-dessous quelques explications que vous ne trouverez pas dans la doc officielle d’EDF/ERDF ou dans les comités de suivi, si vous avez la chance d’y assister, organisés par Bordeaux Métropole conjointement avec ENEDIS pour expliquer à la population bordelaise ce qu’est Linky.

 

Imposé par une directive européenne en 2009 et prévu par la loi de transition énergétique pour la croissance verte du 17 Août 2015 pour favoriser les économies d’énergie et faire face au réchauffement climatique, le déploiement de Linky a commencé en France en 2010 et d’ici à 2021, 35 millions de compteurs doivent être installés. Sont concernés les foyers et les bâtiments commerciaux.

Aujourd’hui 400 communes sont équipées, 238 ont voté contre : la première fut Saint-Macaire, commune girondine de 2000 habitants, la dernière est Caen, ville de 110 000 habitants. Les industriels allemands et ceux du Royaume-Uni pensent que le compteur n’est pas efficace et qu’il y a d’autres moyens pour réaliser la transition européenne vers un réseau électrique intelligent. Par exemple : l’intégration plus rapide des renouvelables, le développement des réserves d’énergie, et une meilleure gestion de la demande d’énergie, selon La Tribune du 16/06/2016.

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mardi, août 30 2016

AU SECOURS, L'ÉCREVISSE DE LOUISIANE PROGRESSE…

L’été, riche et belle saison pour les multiplexes. Un phénomène récent gagne en effet notre malheureux pays qui nous rapproche un peu plus encore des standards américains.
La saison estivale, qui traditionnellement en France était une période plutôt morose en terme d’exploitation cinématographique, épouse depuis quelques années les habitudes fastes de nos cousins d’outre-Atlantique à travers une pluie météoritique de blockbusters, tous plus tartignoles les uns que les autres et qui ne se distinguent plus guère, sous la canicule, que par le numéro d’entrée en scène dont on les affuble : Insaisissables 2, L’Age de glace 4 ou 5, American Nightmare 3, Ninja Turtles 2, Star Trek 7 + 3 font 10 et 6 font 16 (penser au Roi et l’oiseau au milieu d’une telle énumération, ça fait respirer) et Suicide Squad qui, vu son succès, ne manquera pas d’engendrer un autre rejeton monstrueux l’été prochain…
Une mode qui n’est guère rassurante puisqu’elle s’étend aujourd’hui de plus en plus à notre propre paysage cinématographique. Les Visiteurs 3 ou 4 (on s’y perd) Camping 3… en sont deux exemples qui ne manqueront pas aussi de faire des petits. On s’en doute, cette stratégie paresseuse ne favorisera pas l’éclosion d’œuvres originales. Pourquoi en effet se creuser le ciboulot s’il est plus « bankable » d’exploiter, comme ils disent, une franchise, c’est à dire de se contenter de sucer la roue d’un maillot jaune, même s’il est dopé à mort.
Alors, bien sûr, on le vérifie de plus en plus, ce genre de stratégie n’est pas sans conséquences sur la fréquentation de nos salles, même si nous ne sortons pas ces films trop ostensiblement formatés. Massivement promus, vite consommés, ils façonnent les esprits d’une jeune génération montante à qui ils s’adressent en majorité, ils donnent le ton à un mode opératoire marketing qui tend à s’étendre et à uniformiser toute autre forme de promotion qui serait pourtant bien mieux adaptée. 
Un film sensible, fin et subtil se voit ainsi propulsé parfois pour ce qu’il n’est pas. Une franche bonne occasion de se rincer l’œil ou de rigoler. Il arrive ainsi de plus en plus que nous renoncions à utiliser le matériel publicitaire qui nous est livré (bandes-annonces, affiches) tant il nous semble inadapté à défendre la vraie nature du film. Peine perdue, car aujourd’hui, le même film s’affiche dans un nombre grandissant de multiplexes avides de films, eu égard à leur nombre de salles, et qui ne se privent pas, eux, d’en rajouter une couche en matière de promotion frelatée. Il n’y a plus guère dans ce cas-là que la gazette pour vous en faire un juste écho et cela marche encore, même si l’on sent bien que la force qui se dégage du marketing dominant tend à affaiblir nos propres efforts de promotion. 

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vendredi, avril 15 2016

Happy birthday Fukushima... Happy birthday Tchernobyl...

30 ans pour l’un, 5 ans pour l’autre et dans les deux cas, la catastrophe est toujours en cours,  les coûts induits ne cessent d’augmenter. Greenpeace parle de 1000 milliards pour Tchernobyl, on n’en est qu’au début pour Fukushima : trop tôt pour annoncer des chiffres de toute façon imprévisibles. La construction de l’arche enfermant le sarcophage de Tchernobyl ne sera terminée qu’en 2017 (108 m de haut, 270 m de long…) et pendant les travaux, la contamination continue et continuera encore longtemps longtemps après que le dernier poète contaminé ait disparu. Tchernobyl for ever : c’est un bouquin, un DVD qui racontent que le monstre atomique n’a pas fini de sévir (voir sites internet en fin de texte).

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jeudi, janvier 21 2016

Des légumes, pas du bitume

On ne s’attendait pas à des miracles de la part des 195 négociateurs de la COP21, à vrai dire on en n’attendait rien, aveuglés qu’ils sont toujours par leurs objectifs de croissance, enfin, un peu tout de même, mais de là à continuer de nous faire passer aux yeux de la planète pour des billes… Car enfin, Laurent Fabius, Président de la COP21, n’a-t-il pas, quasi les larmes aux yeux, déclaré au monde entier avoir conclu pour la première fois depuis que les sommets sur le climat existent un « accord historique » ? Dès cet instant, n’avons-nous pas cru que nous allions écrire la suite de cette histoire, ensemble ? Que nous allions enfin pouvoir impulser vraiment la transition vers un système énergétique basé à 100% sur les énergies renouvelables ? Et, naïfs que nous sommes, que ça en serait fini des hydrocarbures qui nous pourrissent la vie et du projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, adieu les ailes et le croupion, vive les nouveaux horizons abreuvés d’air pur et peuplés d’oiseaux !
Que nenni, mon kiki, passée la COP21 et passées les élections régionales, c’est reparti comme les rutabagas en 40 ! Valls, chaud partisan du nouvel aéroport, le remet sur la table début Janvier 2016 et AGO Vinci, concessionnaire du projet, relance les procédures d’expulsion de la ZAD, notamment à l’encontre de plusieurs agriculteurs historiques ! Arrrh… 

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jeudi, janvier 14 2016

UTOPIA INVITE POLITIS, L’ÉDITO DE DENIS SIEFFERT

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Parce qu’on lit Politis toutes les semaines, parce qu’on s’y ressource en se frottant à une réflexion nourrissante et riche, on organise une soirée-débat à l’occasion du lancement de la nouvelle formule du journal. Ce sera le Jeudi 28 Janvier, autour du film CONTRE-POUVOIRS, en compagnie de Denis Sieffert, directeur de la rédaction. Pour l’occasion, et pour partager avec vous une pensée qui nous est précieuse, on vous livre in extenso l’éditorial de Denis Sieffert publié dans Politis no1385, daté du 7 Janvier.

 

Vœux pieux, mais tant pis !
On ne peut évidemment passer ces premières journées de 2016 sans se souvenir qu’il y a un an tout juste, la rédaction de Charlie Hebdo était décimée. Pour la première fois en temps de paix, des journalistes étaient tués dans notre pays pour avoir exprimé une opinion et usé de leur liberté. Deux jours plus tard, quatre personnes tombaient sous les balles d’un tueur dans l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris. Crimes ciblés. Crimes coordonnés. Cette double tragédie nous imposait à tous – ou aurait dû nous imposer – une réflexion profonde sur l’état du monde et de notre pays. Sur les principes qui fondent notre collectivité. Sur le rapport entre l’ici et l’ailleurs. Sur ces conflits qui ne sont plus lointains et que nous prétendons éteindre après les avoir entretenus. Avons nous tiré les bons enseignements de ce drame ? Pas toujours.

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mercredi, décembre 23 2015

En deuil, pas en guerre ou l'urgence de l'état… de droit

Ça s’est passé à deux pas du cinéma Utopia de Saint-Ouen l’Aumône, nos cousins du Val d’Oise (Saint-Ouen l’Aumône que deux d’entre nous connaissent bien pour y avoir vécu douze ans, jusqu’à la création d’Utopia Bordeaux). 
Au Pepper Grill, un resto tranquille et chaleureux, les tables sont bien garnies ce samedi soir 21 Novembre. À 21h, avant le dessert, une bande d’hommes casqués, armés, brandissant des boucliers, fait irruption : on ne bouge pas, on ne sort pas !… Sous l’œil ahuri des petites familles qui dînent là et des gamins sidérés de se croire tout à coup dans un jeu vidéo, commence alors une perquisition musclée : on défonce brutalement des portes (dont il aurait suffi de tourner la poignée), on jette à terre, sans les lire, les dossiers administratifs… Une demi-heure plus tard, l’opération est bouclée : « Vous avez de la chance, on n’a rien trouvé » dit le chef de meute au jeune gérant musulman éberlué… On imagine le coup dur pour sa petite affaire qui roule – dans une rue et dans une ville qui ont bien besoin de la présence de lieux de vie comme celui-ci – mais qui va garder longtemps les traces de cette application de l’article 11 de la loi de 1955 sur l’état d’urgence. Pas très bon pour l’image de la boutique. Question bête à deux balles : état d’urgence pour état d’urgence, n’y avait-il pas moyen de faire moins destructeur, moins cow-boy, moins humiliant ?

 

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mercredi, décembre 16 2015

Manif interdite ? Qu'à cela ne tienne : place à la chaîne humaine !

Houlalaa ! C’est dur, pas facile de garder la pêche et les idées claires après les événements terribles du 13 Novembre, d’avoir envie de marcher dans les rues le 29 Novembre pour témoigner des dérèglements climatiques en cours, crier haut et fort qu’il y a urgence climatique, qu’il faut changer le système et pas le climat, de vouloir mettre fin à l’inertie et à l’aveuglement des dirigeants. Pas facile. D’autant plus que s’est ajoutée à la noirceur de l’ambiance celle de l’état d’urgence, avec son lot de dérives sécuritaires… La marche pour le climat, qui procédait d’un magnifique élan citoyen, n’a pas eu lieu, elle a été interdite, un certain nombre de personnes, pas forcément des militants acharnés, se sont vues associées à cette insaisissable « menace pour la sécurité de l’état »… Pourquoi ? Quelle mauvaise fée – mal informée sûrement – venait de frapper de sa baguette maléfique nos élus ? Pourquoi, soudain, vouloir lutter contre le réchauffement climatique devenait une activité suspecte, crier « Non aux gaz à effet de serre ! » un slogan peut-être soumis à la censure ? Au sentiment d’impuissance déjà lourd à porter face aux catastrophes climatiques venait s’ajouter l’incompréhension de nos semblables… Gloups, et re-gloups, les bras de la statue de la liberté ne seraient-ils pas en train de tomber… 
Pourtant l’urgence climatique n’est pas moins impérieuse que la lutte contre le terrorisme. Dans les deux cas se sont la paix et la stabilité du monde qui sont en jeu. C’est pourquoi, sans se démonter, mais avec une petite boule d’angoisse sous le plexus, des milliers de personnes ont bravé l’interdiction et c’est sous la forme d’une bien belle chaîne humaine qu’elles sont descendues dans la rue partout en France ce Dimanche 29 Novembre 2015 !

C’est donc aussi une chaîne humaine, et des déambulations dans les rues pancartes au cou ou au-dessus des têtes tel un drapeau qui ont réuni plus de 1500 personnes à Bordeaux. Toutes ont osé se donner la main sans craindre de se la faire mordre ! 
De cette chaîne humaine on s’en souviendra longtemps ! On s’en souviendra parce que les rires, les sourires, s’embrasser, se saluer simplement, demander comment ça va, chanter… tout ça a fait partir très vite cette boule d’angoisse. Pfft ! Et l’on en vient à se féliciter d’avoir participé, d’avoir pu dire ce qui nous tenait à cœur, d’avoir, on l’espère, par nos cris d’alerte, percé un peu la bulle dans laquelle se sont enfermés les 196 délégations durant toute cette COP21.

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