QUELLE HISTOIRE !

Utopia à Toulouse et Avignon se désengagent de la sortie nationale d’un film (voir ici) réalisé par un israélien (A 5 heures de Paris, programmé plus tard, du 14 au 27 Juillet) pour le remplacer par un film réalisé par une israélienne (Rachel), en signe de protestation contre l’attaque brutale de l’armée israélienne contre les bateaux de la « Flotille de la liberté »… et, à notre stupeur, cette modeste action symbolique provoque des réactions épouvantées, presque plus que l’agression elle-même.
Utopia à Bordeaux, c’est 18 films israéliens sortis durant ces trois dernières années, Utopia dans chacune des villes où nous sommes implantés, c’est 300 à 400 films par an dont de nombreux films ignorés dans la plupart des autres salles, associés à plus de 120 débats sur toutes sortes de sujets, des engagements assumés, un travail constant depuis 33 ans avec des associations, sans que personne dans le landernau médiatique parisien ne remue trop l’oreille sur nos activités… Et nous voilà soudain l’objet d’un lynchage médiatique en règle auquel participent la quasi-totalité des associations professionnelles et les observatoires de tout poil, le Ministère des affaires étrangères, le Ministre de la culture, le Maire de Paris… Nous en sommes d’autant plus surpris que peu de monde s’est donné la peine de venir prendre des informations à la source pour essayer de comprendre la nature exacte et le but de notre action. D’où des accusations délirantes de censure, de boycott de tous les films israéliens… Heureusement des réalisateurs, des artistes, des intellectuels israéliens ont réagi. Vous trouverez ici une lettre collective qui nous arrive de Tel Aviv, avec la liste de ses premiers signataires.

Lire aussi les textes de Eyal Sivan et Simone Bitton tous deux israéliens et auteurs de très beaux films, on citera sans être exhaustif Un spécialiste, Route 181, Jaffa la mécanique de l’orange pour le premier, Mur et Rachel pour la seconde (voir son blog)
Merci aux associations et aux spectateurs qui nous ont apporté leur soutien.

Un BATEAU JUIF POUR LA PAIX partira bientôt pour Gaza…
Dans un port méditerranéen, un modeste navire se prépare pour une mission particulière : prendre la mer pour Gaza durant la deuxième quinzaine de juillet. Afin d’éviter tout sabotage, la date exacte et le nom du port de départ ne seront révélés qu’au dernier moment. « Notre but est d’appeler à la fin du siège de Gaza, cette sanction collective illégale à l’encontre de l’ensemble de la population civile. » UJFP


À lire et à voir…

DE L’AUTRE CÔTÉ
Épatante revue éditée par L’Union Juive Française pour la Paix (UJFP). On y lit des textes de Charles Enderlin, Edgar Morin, Eyal Sivan, Warschawski, Théo Klein, Judith Butler, etc.

C’est possible de s’abonner : 4 numéros = 45€.

ujfp@filnet.fr
UJFP, 1 ter rue Voltaire 75011 Paris

ISRAEL PALESTINE Vérités sur un conflit

De Alain Gresh (co-directeur du Monde Diplomatique) Editions Fayard. Alain Gresh est directeur adjoint du Monde Diplomatique, spécialiste des questions du Proche-Orient.
Nouvelles d'orient

LE GRAND AVEUGLEMENT
de Charles Enderlin (correspondant permanent de France 2 en Israël,) chez Albin Michel.

LÉVY OBLIGE

de Thierry Levy chez  Grasset
petit bouquin par la taille mais riche et dense où chaque mot fait sens. Avocat, Tierry Levy est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages importants sur la procédure pénale et la peine (on en reparlera).

1948 LA GUERRE DE PALESTINE
Derrière le mythe… Depuis quelques années, se développe en Israël une nouvelle historiographie qui remet en cause la version officielle israélienne des faits… dans ce numéro des contributions des meilleurs « nouveaux historiens » israéliens et universitaires arabes et occidentaux, pour offrir un regard neuf sur la guerre de 1948 afin d’en comprendre les enjeux historiques et contemporains.
Éditions Autrement, Collection Mémoires.

COMMENT LE PEUPLE JUIF FUT INVENTÉ
de Shlomo Sand aux éditions Fayard
Shlomo Sand est Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Tel Aviv. Comment le peuple juif..., paru au printemps 2008 en Israël, est vite devenu un best-seller et donna lieu a des débats orageux. Daniel Mermet lui a consacré une émission lors de sa parution en France, émission que vous pouvez écouter sur internet. C’était le 17 décembre 2008, rediffusion le 30 décembre 2008. Là-bas si j'y suis

et dans les DVD…

ROUTE 181

Réalisé par le cinéaste israélien Eyal Sivan (qui a toujours refusé le soutien d’Israël Film Fund et d’Isratim) et le cinéaste palestinien Michel Khleifi passionnant de bout en bout, le coffret de 4 DVD est la chronique du road movie de Sivan et de Khleifi durant l’été 2003 le long de la ligne de partage définie en 1948 par la résolution 181 des Nations Unies. Une foultitude de rencontres formidables avec des femmes et des hommes, israéliens, et palestiniens qui habitent la Palestine-Israël.

RACHEL de Simone Bitton
Films du Paradoxe

MUR de Simone Bitton
Films du Paradoxe

Commentaires

1. Le vendredi, août 13 2010, 07:59 par vortigern

Cette politique qui consiste à “filtrer” les films en ne diffusant que ceux qui sont jugés conforme à la sainte idéologie politico-cinématographique des cinémas Utopia a quelque chose de malsain.
Depuis quand y a t-il une “bonne” et une “mauvaise” culture ?
Qui sont les cinméas Utopia pour juger de ce qui est “bon” à diffuser ?

2. Le vendredi, août 13 2010, 18:36 par Stephen

Il faut savoir qu’une quinzaine de films sortent chaque semaine en France et qu’il faut donc faire des choix.

Donc TOUS les cinémas de France sont confrontés à cela, et donc TOUS “filtrent”.

Il faut noter également que beaucoup de cinémas ont la même programmation, et que nous essayons justement de diversifier le choix, tout en ayant bien en tête que pas mal de films passent à la trappe par manque de places. Avec seulement 5 salles, nous passons en moyenne 15 à 20 films par semaine, autant que des cinémas qui ont eux 10 à 20 salles.

3. Le samedi, août 28 2010, 10:21 par pericles

Comme l’écrit Stephen, tous les cinémas filtrent. Mais le plus souvent en se basant sur des critères économiques et non pas ethnologiques ou politiques comme le fait l’Utopia

4. Le lundi, août 30 2010, 13:18 par Stephen

C’est vrai que passer des films camerounais, tchèques, tunisiens, hongrois, sri lankais, géorgiens, afghans, polonais, philippins, finlandais, sénégalais, létons, irakiens, kazakhs… quelques nationalités de films passés l’an dernier… c’est plus le coeur qui parle que le porte-monnaie…

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