LA 3D AU PINACLE ?…

Lunettes-3D-2.jpgBen on est plutôt contents du démarrage du Pina de Wenders. Non seulement parce que c’est un beau film (beaucoup moins beau cependant que Les Rêves dansants, il ne faut jamais rater une occasion de le dire !), mais encore parce que Wenders et son distributeur, Les Films du Losange, ont décidé, en toute connaissance de cause, de présenter Pina autant en 2D qu’en 3D, permettant ainsi au spectateur de faire son choix, permettant aussi de mesurer la capacité dudit spectateur à résister à la pression médiatique et aux effets de mode… On pouvait en effet imaginer un raz-de-marée en faveur du relief, vu la campagne médiatique que l’on subit depuis plusieurs mois pour la sortie du « premier film d’auteur en 3D ». La caution d’un « grand nom » du cinéma était pain béni pour donner une légitimité à un procédé que les industriels ont visiblement du mal à imposer. Ces derniers misaient énormément sur la chose, espérant ainsi ajouter le label « art et essai » pour faire sauter un verrou, convaincre les plus sceptiques, ouvrir un nouveau marché, pousser encore plus les pouvoirs publics à financer son installation dans toutes les campagnes et au delà.
La bonne surprise est donc que, malgré toute cette agitation et les moyens mis en oeuvre pour tenter de nous faire avaler que « hors la 3D, le cinéma est perdu », les copies 2D tiennent tête, souvent avec moins de séances et une promotion qui leur est défavorable (Un exemple parmi d’autres, le nôtre : week-end du 9/10 Avril à Bordeaux : 511 entrées à UGC en 3D et 12 séances ; 367 entrées à Utopia, en 2D et 4 séances…).

Il faut comprendre qu’il y a des intérêts terribles derrière tout ça : aux USA, la 3D fait plus que patiner dans un box office en berne. En France comme ailleurs, le cinéma industriel commence mal l’année (baisse entre 12 et 20%), et la 3D n’y change rien : les jeunes ne suivent pas trop et les plus grands en reviennent déjà, alors que les fabricants de matériel ont lourdement misé sur ce qu’ils pensaient devoir prendre un essor aussi fracassant qu’inévitable, susceptible d’entraîner dans son sillage le renouvellement de tous les matériels, cinéma, télé, vidéo… Bref ça ne s’annonce pas vraiment comme la poule aux oeufs d’or qu’ils imaginaient… Il y a même des élus, par chez nous, qui commencent à se poser des questions : fallait-il faire la courte échelle à une norme élaborée à Kansas City ?
Bon, il faut attendre un peu, voir la suite de la carrière du film, difficile de se fier totalement aux 5 premiers jours d’exploitation, c’est sur la durée qu’il sera intéressant d’analyser les chiffres. Mais nous, qui sommes totalement réfractaires à la 3D, sommes ravis de lire dans notre revue de cinéma préférée : « La publicité aura beau dire, il n’y a pas plus de sensualité ou de réalité dans les séquences dansées en 3D de Pina que dans celles, en Technicolor, de Chantons sous la pluie. Les lunettes ne suppriment pas l’écran. Au contraire elles rajoutent un écran de plus entre le spectateur et l’image. Les danseurs nous apparaissent certes plus proches, mais leur corps n’a pas plus de poids, de palpitation, de vie, que ceux projetés à plat sur l’écran… » (Positif du mois d’Avril)

Commentaires

1. Le vendredi, avril 15 2011, 13:12 par FANTOMAS

entrée dans l’utopia c’est entrée dans une troisième dimemsion…

2. Le mardi, avril 19 2011, 12:58 par fan de Fantomas

Fantomas en 3D en 2012,le retour bientot!!!

3. Le lundi, août 27 2012, 13:21 par aviator

Salut, j`ai vraiment aimé votre article. Je ne suis pas spécialiste dans le sujet, avez-vous d`autres articles sur le même sujet ?
Continuez comme ça, c`est toujours un plaisir de lire votre blog !

Chloé.

4. Le mercredi, août 29 2012, 18:19 par Stephen

Bonjour Chloé,

Sur le même sujet, tu trouveras d’autres articles ici : http://www.cinemas-utopia.org/U-blog/bordeaux/index.php?tag/3D