HISTOIRE de l’église Saint-Siméon

Les Syriens le surnommèrent « l’homme qui parle avec Dieu »

Saint-Syméon le stylite (du grec « stylos » = colonne), né en 389 à Sisan, village situé à la frontière de la Syrie et de la Cilicie, mort en 459.
Après avoir gardé des moutons, il se consacre à Dieu. Sa quête de pureté spirituelle le conduit à vivre des années durant et dans une immobilité absolue, au sommet de colonnes de 5, 6, 11 puis 25 mètres de hauteur ! Plus haute est la colonne, plus il vit près du ciel. Fascinés par cette nouvelle forme d’ascèse passablement spectaculaire, les pèlerins affluent des quatre coins de l’Orient, et attendent de lui un miracle, ou à tout le moins des conseils, des bénédictions… Syméon fait des sermons quotidiens et répond en criant du haut de son perchoir aux questions qu’on lui pose.
Toutefois il refuse de parler aux femmes, même à sa mère…
On trouve des exemples de stylitisme jusqu’au 12ème siècle et au-delà en Géorgie, Arménie et Grèce. La base de la colonne sur laquelle est mort Syméon existe encore en Syrie. À proximité on a édifié à sa mémoire une immense basilique qui s’appelle aujourd’hui Qala’at Sema’an.
Le culte à Saint-Syméon s’implanta au 6ème siècle en pays de Burdigalia.
(D’après la biographie écrite par Théodoret de Cyr, disciple de Saint-Siméon)

BRÈVE CHRONOLOGIE DE L’ÉGLISE

546 – 566 : l’évêque Léonce II met en place l’organisation religieuse de la cité et fait édifier l’église
Milieu du 12ème siècle : le pape Alexandre III donne à l’église sa paroisse. Elle dépendra du chapitre Saint-André. Il y a alors deux chapitres séparés par la rivière Devèze : au Nord, Saint-Seurin avec 4 paroisses ; au Sud, Saint-André avec 5 paroisses.
Sous l’occupation anglaise, beaucoup d’églises sont remaniées ou supprimées. À Saint-Siméon sont célébrés beaucoup d’offices, les grandes messes, le jour des roys, l’oraison des 40 heures… L’église sert aussi de sépulture aux défunts.
1489 : avec la peste, le cimetière s’étend devant l’église, sur l’actuelle place Camille Jullian. L’église comptait 7 chapellenies. Et deux confréries : les fourbisseurs et les canautiers (boulangers spécialisés dans la confection des couronnes).
1654 : une compagnie du Saint-Sacrement, composé de dames, s’ajoute à la paroisse.
Vers 1772, la paroisse compte 1800 habitants appartenant principalement à l’élite de la société bordelaise.

Selon Paul Courtault, l’église primitive romane, située plus à l’Est, fut remplacée par l’église actuelle au 15ème siècle. Pour d’autres, il s’agit de la même église, transformée au 14ème siècle par le percement de baies sur la façade Sud et par la pose d’un clocher. Il subsiste de l’église le mur latéral Sud, quelques fenêtres du 14 ème. Est conservé au musée d’Aquitaine un rétable de 1529 exécuté par le maçon Guillaume Medion. Au musée lapidaire est conservé un monument représentant la Trinité.

1791 : à la Révolution, la paroisse est supprimée par l’archevêque Monseigneur d’Aviau. L’église est reconvertie pendant quelques temps en salpêtrière (arsenal).
1833 : les frères Laporte, anciens officiers de la marine marchande, ouvrent dans ces lieux « L’école navale des mousses et novices », plus « Le gymnase français ». Philantropes, leur œuvre est à vocation sociale, culturelle, pédagogique, et va permettre de sortir de la misère de nombreux enfants issus du quartier du port, devenu très populaire au début du 19ème siècle. L’école sera transportée à bord d’un trois mats appartenant à l’état, « La Brillante », alors en rade à Bordeaux.
À la fin du 19ème siècle, dans la période de développement des technologies alimentaires, la famille Teyssoneau s’installe dans l’ancienne église et invente la clef pour ouvrir les boîtes de sardines à l’huile.
Au 20ème siècle, alors que l’industrie automobile est en plein essor, le bâtiment devient un garage. Pendant plusieurs décennies, les lieux restent inoccupés (par les vivants) et, après avoir servi de parking jusqu’au milieu des années 90, il se sont transformés en un cinéma pas tout à fait comme les autres…