TAKE SHELTER

Vidéo en Poche des films sur votre clé usb !

5€ par film, sans DRM et en HD quand c’est possible, la résolution minimale étant celle d’un DVD ! Les fichiers sont notamment lisibles sur les Freebox et sur les TV et boitiers multimedia certifiés DivX plus HD. Vous pouvez consulter sur le site et à la caisse du ciné le catalogue complet : VIDÉO EN POCHE


Take shelterÀ l’occasion de la sortie de Mud, les deux autres films de Jeff Nichols sont disponibles en Vidéo en Poche
(10€ les deux, prévoir une clé d’au moins 4Go, ne vous privez pas de ces deux grands films !)

TAKE SHELTER (EN HD)
Écrit et réalisé par Jeff Nichols
Prix de la Critique internationale et Grand Prix de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2011
Grand Prix du Festival du cinéma américain de Deauville 2011

avec Michael Shannon et Jessica Chastain

Take shelter est un grand film, tendu, intense, maîtrisé. Comme dans son précédent film, Shotgun Stories, l’histoire prend place dans l’Amérique profonde, au cœur d’une famille de la classe moyenne, typique de cette Amérique qui bosse dur toute une vie sans jamais se plaindre et qui se retrouve en première ligne de la crise économico-financière qui frappe durement le pays. Sur ce terreau ultra-réaliste, Jeff Nichols fait naître une intrigue qui nous amène aux portes de la folie, flirtant même avec le fantastique, et qui sert de révélateur à la souffrance d’un individu, d’une famille et par extension au malaise de toute une société. Ce mélange assez étonnant entre chronique familiale, description d’une psychose et film catastrophe capte immédiatement notre attention. Et le mal de Curtis, le personnage central, se répand dans nos têtes sans jamais nous lâcher et nous tient en haleine d’un bout à l’autre du film. Le titre prend alors tout son sens, « Se mettre à l’abri », un avertissement valable pour nous également !
L’interprétation de Michael Shannon (déjà présent dans Shotgun stories et vu récemment dans Boardwalk Empire, l’excellente série de Scorsese) est saisissante, sans jamais tomber dans l’exagération. Et Jessica Chastain, déjà mère lumineuse dans The Tree of life de Terrence Malick, apporte le calme, la douceur, la sensibilité, contrepoint nécessaire à la folie de son mari. Car les images impressionnantes des visions de Curtis créent peu à un peu un climat de malaise qui donne toute sa force, toute sa dimension au film. Jeff Nichols signe une mise en scène parfaitement anxiogène et nous propose, au-delà de la description parfaitement crédible d’une pathologie individuelle, une métaphore de ce qu’il se passe en ce moment aux États-Unis et un peu partout dans le monde : cette « crise » qui détruit petit à petit les foyers, brise les familles, pousse les gens hors de leur maison, les prive de boulot… sans que personne ne puisse arrêter cette force invisible. Avec ce Take shelter de haute volée, Jeff Nichols signe définitivement son entrée dans la cour des grands, de ceux dont on attend décidément le film suivant avec impatience… Ça tombe bien, Mud est dans nos salles depuis le 1er mai.
Shotgun storiesSHOTGUN STORIES

Écrit et réalisé par Jeff Nichols

avec Michael Shannon

Un film indépendant américain remarquable, qui a la beauté, l’universalité et la force d’une tragédie antique : deux familles ennemies, réunies par le même père, se déchirent jusqu’à l’absurde, jusqu’à la mort. Jeff Nichols réussit à installer une tension permanente, qui tient à la fois aux réactions individuelles, imprévisibles, et au poids du destin, implacable.
Sans oublier le paysage, l’espace, que les cinéastes américains savent filmer comme personne qui inscrit ces trajectoires humaines dans un cadre imposant, évidemment trop grand pour elles…
L’histoire se déroule dans un bled paumé de l’Arkansas, au cœur de l’Amérique profonde. Les trois frères Hayes ont été abandonnés par leur père alors qu’ils étaient tout gosses. Ils ont été élevés par une mère aigrie jusqu’à l’os, dans la haine profonde de leur géniteur. Le père n’est pas allé très loin, juste déplacé de quelques rues. Il a complètement changé de vie, est devenu un fervent catholique et s’est guéri de l’alcool. Il s’est remarié et a eu quatre autres enfants, qui eux ont de vrais prénoms. En fait, il est devenu un exemple, un pilier respecté de la communauté, tant dans son comportement familial que professionnel. Son seul échec reste l’abandon des trois fils de son premier lit.
Le film débute ou presque par l’enterrement de ce fameux père, qui réunit autour de la tombe sa deuxième famille, entourée d’une foule respectable et respectueuse. Les trois fils reniés vont faire irruption au beau milieu de la cérémonie, gratifiant le défunt d’une oraison funèbre cinglante. L’incident va porter à son paroxysme l’antagonisme entre les deux clans, les haines et la rage réfrénées depuis des années remontant à la surface, prenant possession des esprits. La guerre fratricide aura bien lieu, reste à savoir combien elle fera de victimes…
Shotgun stories a beau être un premier film, il témoigne pourtant d’une maîtrise impressionnante : Jeff Nichols imprime au récit un rythme sans faille. Bien que frappée du sceau de la fatalité, l’intrigue laisse aux protagonistes la liberté du choix, la faculté de la raison. La fin, très belle, en sera la meilleure preuve…

et plus de 80 autres films au catalogue : VIDÉO EN POCHE