Fukushima, Brennilis, Bure, Tchernobyl...

Fukushima, mon amour…

Ben on ne peut pas dire que ça s’arrange ! Même que Akira Ono, le directeur de la centrale de Fukushima, avoue ne plus savoir par quel bout prendre les choses : 435 000 m3 d’eau contaminée sont actuellement stockés dans plus d’un millier de gigantesques réservoirs montés à la hâte dans le complexe atomique et on a beau en installer 30 à 40 nouveaux chaque mois, il est de plus en plus difficile de suivre le rythme du flux continu de liquide souillé provenant des sous-sols du site et des arrosages permanents des réacteurs ravagés… Aux dernières nouvelles, depuis le 18 mars, le système de décontamination de l’eau est arrêté pour cause de perte d’efficacité, personne ne sait à ce jour dire pourquoi. Ce système ALPS, qui est supposé faire baisser la radioactivité avant de rejeter l’eau en grande partie « dépolluée » dans l’Océan Pacifique… a des ratés : la communauté internationale s’inquiète et TEPCO patauge…


La ruée vers l’or… en Creuse !

Le frétillant Ministre du redressement productif a autorisé en Novembre dernier la compagnie Cominor (Canada) à investiguer et creuser dans la Creuse où se cacherait un gisement d’or, d’argent, de métaux rares… Cominor promet d’investir des dollars, de créer des emplois, blablabla… À quinze kilomètres de là, une mine du genre exploitée de 1905 à 1955 a pourtant laissé des souvenirs pas vraiment fameux : 11 tonnes d’or, certes, mais surtout des années et 4 millions d’euros à la charge du contribuable pour dépolluer le site (arsenic en particulier). Le chantier de décontamination n’a été achevé qu’en Juillet 2013… L’octroi de ce permis de fouiller confirme « l’ambition fixée à la France métropolitaine de redevenir une terre de mines », dit un communiqué du ministre.

Et toujours Brennilis…

En 2005, le coût du démantèlement de la Centrale nucléaire de Brennilis, tout près de Morlaix en Bretagne, était évalué à 482 millions d’euros par la Cour des comptes. Fermée définitivement en 1985, la centrale est toujours en cours de démantèlement. Lequel devait durer encore quelques années, on n’en voit toujours pas la fin, on n’en sait toujours pas le coût définitif, avec toujours le même problème : qu’est-ce qu’on peut donc bien faire des déchets qui sont radioactif pour des siècles et des siècles dans le meilleur des cas ?

Et encore Bure…

En tout cas, difficile de les stocker à Bure (Meuse), où le calendrier prévu pour la création d’un centre d’enfouissement des déchets nucléaires vient d’être remis en question : trop précipité pour permettre de garantir la sûreté de l’installation. Le centre industriel de stockage géologique est destiné à enterrer dans une couche d’argile, à 500 mères de profondeur, les 80 000m3 de produits à haute activité ou à vie longue générés par le parc nucléaire français actuel, et ils devront y rester confinés pendant des millénaires… Les habitants voisins ne sont pas très rassurés par la proximité de ce « cimetière radioactif »…

Happy birthday : Tchernobyl,
26 avril 1986 à 1h23

Bientôt trente ans : les sols sont toujours contaminés, et la police maintient un périmètre de sécurité de 30 km clôturé par des barbelés, gardé par la police en arme accompagnée de chiens… Novarka, consortium européen dont un des actionnaires est le groupe Bouygues, a la charge de construire une nouvelle enceinte de confinement autour du réacteur : le premier sarcophage, chargé de confiner les matières radioactives, s’est rapidement dégradé. A l’intérieur du sarcophage, le cœur fondu est encore radioactif pour des milliers d’années… Combien de sarcophages faudra-t-il encore empiler ?

Quatrième round pour le TAFTA
Trans-Atlantic Free Trade Agreement (aussi connu sous le nom de TTPI)


C’est tout frais, il vient de s’en causer entre « délégations », début Mars à Bruxelles : un nouveau cycle de discussions se prépare pour établir un traité de libre échange entre les USA et l’Europe, un de ces trucs aux petits oignons mitonnés pour « éliminer les obstacles réglementaires inutiles aux échanges commerciaux »… On voit tout de suite pour quels intérêts va rouler la bête : que ce traité transatlantique soit signé et le Conseil Constitutionnel, les tribunaux français, européens… n’auront plus leur mot à dire, et les citoyens pourront toujours s’échiner à manifester… Il sera interdit à un pays d’interdire ce que le traité aura permis : pétroliers texan, pollueurs en tout genre, fabricants d’OGM et pesticides pourront s’en donner à cœur joie. agriculture, environnement, énergie, aéronautique, services…

Prend l’oseille et tire toi !

On n’en peut plus du bois dont sont faites aujourd’hui nos idoles. La dernière, portée au pinacle à Wall street, est un certain Carl Icahn, milliardaire américain, membre du club très fermé des 1% de loustics qui contrôlent 51% des richesses produites par la planète bleue. La devise de cet aimable bonhomme : « si vous voulez un ami, prenez un chien ». Sa spécialité, indispensable sans doute à la survie de l’espèce canine : traquer les entreprises à visage humain qui ont tendance à ronronner gentiment au bord du gouffre pour leur arracher les couilles.Sa méthode : repérer des canards boiteux ou mieux encore cul de jatte, prendre une part significative du capital pour récupérer un siège au conseil d’administration, puis terroriser tout le monde par sa puissance de feu, en l’occurrence une batterie d’une vingtaine d’avocats et d’analystes qui vont éplucher les comptes des sociétés ciblées. Les dirigeants, tous à poil au grand dam de Copé, n’y résistent jamais et sont rapidement débarqués dans la même charrette que les représentants syndicaux. En 1985, ce forcené, qui prend un réel plaisir à surligner la médiocrité de ses pairs, gagne ses premiers galons de brute épaisse et d’homme « le plus avide de la terre » (sic) en s’attaquant à la compagnie aérienne TWA, en fâcheuse posture en bourse. Selon un scénario qui sera sa marque de fabrique, il conquiert la présidence du Conseil d’Administration, ridiculise ses partenaires, multiplie les licenciements, réduit sans ménagement les destinations desservies et siphonne le fonds de pension de la société. « Il nous a violés et laissés pour morts sur le bas côté » accuse alors une représentante syndicale.
Où s’arrêtera-t-il ? s’interroge le magazine économique Forbes, qui souligne que la performance de sa société « Icahn Enterprises » s’élève depuis 2000 à 840%… Qui pourra nous débarrasser de ce genre de type ?