3 nouveautés Vidéo en Poche

Vidéo en Poche des films sur votre clé usb !

5€ par film, sans DRM et en HD quand c’est possible,  la résolution minimale
étant celle d’un DVD !  Les fichiers sont lisibles par VLC, mais aussi sur les Freebox,  et de nombreuses TV et boitiers multimedia.  Vous pouvez consulter sur le site et à la caisse du ciné le catalogue complet : Vidéo en Poche


N'aie pas peurN’AIE PAS PEUR (HD)
(NO TENGAS MIEDO)
Écrit et réalisé par Montxo Armendariz
Espagne  2011 1h30  VOSTF
avec Michelle Jenner, Lluis Homar, Belén Rueda, Nuria Gago, Cristina Plazas…

« N’aie pas peur » chuchote le papa (Lluis Homar, toujours aussi juste, toujours extraordinaire) à sa fillette, « no tengas miedo ». Vous spectateurs, n’ayez surtout pas peur lorsque vous aurez pris connaissance du sujet du film, c’est une cicatrice qui ne finit pas de fermer. Une déviance. Quelque chose dont on n’aurait pas envie de parler ou de savoir que cela existe. Un fardeau, une marque laissée par une maladie, quelque chose qu’on voudrait à tout prix effacer de notre existence, et que l’on traite ici de la façon la plus naturelle qui soit. Qu’y a-t-il de plus instinctif que d’aimer son enfant ? De plus physique, de plus « normal » ? Cette incontestable « normalité » va tracer la ligne éditoriale du film, soutenue par une remarquable mise en scène, toute de retenue et de sensibilité, qui refuse la dramatisation excessive, qui approche même de temps en temps la simplicité brute du documentaire, avec juste ce qu’il faut d’huile dans les rouages pour que le film soit en permanence ouvert, accessible à n’importe quel spectateur de bonne volonté, malgré la lourdeur de son thème. Lourd mais jamais plombant parce que toujours humain, toujours équilibré, toujours généreux.
Nous suivons la vie d’une femme marqué par une enfance tourmentée. À 25 ans à peine, elle décide de tout recommencer et de faire face aux êtres, aux sentiments et aux émotions qui la tiennent liée au passé. Elle décide de mettre des mots sur l’innommable, pour pouvoir se construire, enfin… Dans cette lutte contre l’adversité et contre elle-même, elle apprendra à maîtriser ses peurs et à devenir une femme adulte, responsable de ses actes.
Le film excelle surtout par l’intelligence de son traitement, par la volonté de son auteur de ne pas dicter au spectateur sa conduite, sa pensée, de le laisser libre face à un sujet si grave qu’il peut épouvanter, qu’il peut paralyser mais qui est ici traité avec une telle justesse qu’on peut le regarder en face.


I used to be darkerI USED TO BE DARKER
Matthew Porterfield

USA 2013 1h30 VOSTF - avec Deragh Campbell, Hannah Gross, Kim Taylor…

C’est un très beau petit film, qui n’essaie à aucun moment de vous bluffer ni dans le récit ni dans la forme mais dont l’exquise délicatesse, la justesse des situations, le jeu remarquable de ses comédiens vont vous ravir. Un film qui va s’installer tout doucement dans votre esprit, qui mûrira, qui y restera durablement. C’était déjà le cas de l’étonnant premier film du cinéaste américain indépendant Matt Porterfield : Putty Hill (également disponible en Vidéo en Poche), qui mêlait fiction et documentaire pour essayer d’approcher et de comprendre un groupe d’adolescents de Baltimore chamboulé par la mort prématurée de l’un d’entre eux.
Ici nous sommes pleinement dans la fiction, le dispositif est plus classique mais le résultat est tout aussi splendide et profondément attachant. La situation est toute simple : Taryn, une jeune irlandaise venue aux Etats-Unis sur un coup de tête et sans trop prévenir ses parents, séjourne à Ocean Bay, une station balnéaire où elle a trouvé un job temporaire. Déçue par la lâcheté ordinaire de son boy-friend, elle fuit et vient se réfugier à l’improviste chez sa tante et son oncle à Baltimore, et c’est peu dire qu’elle tombe mal : le couple est en pleine séparation. Ils sont musiciens tous les deux, la femme, Kim, est encore en pleine activité tandis que le mari, Bill, semble en panne. Leur fille, Abby, est de retour à la maison pour les vacances universitaires et tente de cacher le désarroi que lui cause la situation en affichant une attitude volontairement agressive envers sa mère, qu’elle semble juger responsable du divorce… Autant dire que les retrouvailles entre Taryn et Abby, les deux cousines qui ont visiblement été très complices durant leur enfance, ne se font pas sous les meilleures auspices…
Le charme du film doit beaucoup à la musique folk qui accompagne le récit, qui le nourrit. Une musique intimiste et mélancolique totalement en phase avec l’atmosphère familiale. Plusieurs morceaux sont donnés en intégralité, et ces séquences musicales sont d’autant plus fortes et authentiques que Kim Taylor et Ned Oldham, qui interprètent le couple en rupture, sont deux vrais guitaristes, compositeurs et chanteurs. Et des bons !


PonientePONIENTE
Écrit et réalisé par Chus Guttierez

Espagne 2004 1h33 VOSTF - Avec Cuca Escribano, José Coronado, Antonio Dechent, Mario Fuentes…

Poniente, c’est un vent toujours présent dans ce coin aride d’Espagne. Un vent qui agace les sens, porte les tensions à leur paroxysme, attise les passions. Là où jadis ne poussaient que les cactus, les hommes ont tendu, à perte de vue, des serres de plastique, qui donnent à tous les consommateurs d’Europe et d’ailleurs le bonheur de se gaver de tomates à Noël et de poivrons en février. C’est beau à voir, et seule la vraie mer, constamment agitée dans ce coin-là d’Espagne, faite de remous et de courants, vient faire barrage à cette étendue lisse qui dévore toutes les terres et que le vent fait constamment vibrer. Après des années à enseigner à Madrid, Lucia revient dans la maison de son enfance. Son père est mort. Les voisins et cousins s’attendent à ce que la belle citadine mette en vente les terres qu’il lui laisse. Il est clair qu’une femme n’est pas la bienvenue dans ces affaires d’hommes. Dans la guerre économique qui sévit dans le coin, les rapports de force et l’exploitation des autres semblent les seuls arguments praticables… Mais Lucia a décidé de rester. C’est beau, il y a des personnages trempés dans l’airain, des relations humaines fortes, de l’amour qui vous secoue les tripes… La réalisatrice n’en est pas à son coup d’essai et démontre une fois de plus qu’un Almodovar ne saurait nous cacher la forêt des réalisateurs prolifiques qui s’activent de l’autre côté des Pyrénées.