Le Pape prêche pour notre paroisse

On aurait presque envie de se rappeler que ce petit cinoche a été une des premières églises de Bordeaux consacrée à un des phares de la pensée mystique (Siméon le stylite) en relayant avec jubilation la dernière encyclique du pape François, « Laudate si ». 

Ben oui, au milieu de la bouillie tiède des discours politiciens, à l’approche d’une COP 21 qui risque bien d’accoucher de mesurettes plus qu’insuffisantes, le pape François se montre d’une radicalité à laquelle ses prédécesseurs ne nous avaient pas habitués. Parce qu’il faut tout de même le savoir : une encyclique, c’est pas de la gnognotte, c’est l’autorité de l’Église qui est engagée dans un message auquel il faut prêter la plus grande attention sous peine de ne plus du tout avoir la cote avec l’Eternel barbu… D’ailleurs le pape l’envoie à tout le monde : du plus imposant cardinal au plus infidèle des mécréants et il n’y va pas de main morte, rappelant, sans mâcher ses mots, que l’homme s’est foutu dans un sacré merdier en salopant la planète comme un gros pourri qu’il est et qu’il a intérêt à faire fissa pour nettoyer cette petite boule pleine de couleurs, de forêts, de nuages, de rivières… dont Dieu lui avait confié la garde en espérant qu’il la transmette encore plus jolie à ses descendants alors que, tout au contraire, il l’a mise à feu et à sang, pourrissant les eaux, les cieux et la terre nourricière… Même que ça mérite bien les foudres de l’enfer. « Nous n’avons jamais autant maltraité ni fait de mal à la planète que depuis ces deux derniers siècles » et il nous invite, vivement, à changer de fond en comble notre façon de penser et nos comportements : « si nous ne parlons plus le langage de la fraternité et de la beauté dans notre relation avec le monde, nos attitudes seront celles du dominateur, du consommateur ou du pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats… » L’encyclique fait l’inventaire de tous les dégâts causés par l’homme : perte de la biodiversité, artificialisation des zones humides, dégradation des océans, cruauté envers les êtres vivants « contraire à la dignité humaine »… Et tout ça pour quoi ? Pour qu’une petite poignée se gave alors que le plus grand nombre survit ou crève, privé du minimum nécessaire à une vie décente.

« Les prévisions catastrophistes ne peuvent plus être considérées avec mépris ni ironie. Nous pourrions laisser trop de décombres, de déserts et de saletés aux prochaines générations. Le rythme de consommation, de gaspillage et de détérioration de l’environnement a dépassé les possibilités de la planète, à tel point que le style de vie actuel, parce qu’il est insoutenable, peut seulement conduire à des catastrophes… L’obsession d’un style de vie consumériste ne pourra que provoquer violence et destruction réciproque, surtout quand seul un petit nombre peut se le permettre… »
Le pape invite alors ses lecteurs à rompre avec « la logique de la violence et de l’exploitation », à rompre avec les demi-mesures (Dieu vomit les tièdes !) et à revisiter notre conception du progrès : « Il ne suffit pas de concilier, en un juste milieu, la protection de la nature et le profit financier, ou la préservation de l’environnement et le progrès. Sur ces questions, les justes milieux retardent seulement un peu l’effondrement. Il s’agit simplement de redéfinir le progrès. Un développement technologique et économique qui ne laisse pas un monde meilleur et une qualité de vie intégralement supérieure ne peut pas être considéré comme un progrès. »

Dénonçant le pillage des ressources du Sud par le Nord et les inégalités criantes à l’échelle de la planète, il plaide pour de nouvelles relations internationales, impliquant « une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties. » Au moment où nos dirigeants de « gauche » n’ont que la « croissance » pour credo et ligne de mire, il n’est pas anodin que François rappelle la nécessité d’introduire le mot « décroissance » dans nos logiciels… « le drame de l’immédiateté politique, soutenue aussi par des populations consuméristes, conduit à produire de la croissance à court terme… » Autrement dit : la mobilisation et la conscientisation des citoyens sont des nécessités absolues pour changer le cours des choses. Que tous bougent et les politiques suivront !
Bref, plus le temps d’en rajouter (l’imprimeur s’impatiente, il faut rendre la maquette !) mais allez donc jeter un œil sur le blog d’Alain Refalo, vous en saurez davantage et aussi sur plein d’autres sujets (la non-violence, l’écologie, l’éducation…)

 

Vigilance atomique !

 

Ces gens-là sont des sournois qui ont une conception de la démocratie très particulière et profitent qu’on est à la plage en train de faire des pâtés de sable pour nous coller des lois en douce : des malintentionnés ont rajouté un amendement dans la loi Macron qui n’avait rien à foutre là et qui vise à autoriser l’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, charmant petit village de la Meuse. Heureusement, la canicule n’avait pas eu raison de la vigilance du Conseil Constitutionnel qui, le 6 Août, a dénoncé la manœuvre et a écarté cet article dont les dispositions « ne présentent pas de lien, même indirect, avec celles qui figuraient dans le projet de loi et ont été adoptées selon une procédure contraire à la Constitution… ». Pas la première fois qu’ils tentent la manœuvre, notamment au moment de la loi sur la transition énergétique… À chaque fois, ils y reviennent : faut dire qu’ils ne savent quoi faire de toute cette merde atomique générée par les centrales (100 000 m3) et qui restera active des dizaines de milliers d’années. La mobilisation des anti-poubelle nucléaire ne faiblit pas, allez donc voir sur le site : BURE : STOP !