Manif interdite ? Qu'à cela ne tienne : place à la chaîne humaine !

Houlalaa ! C’est dur, pas facile de garder la pêche et les idées claires après les événements terribles du 13 Novembre, d’avoir envie de marcher dans les rues le 29 Novembre pour témoigner des dérèglements climatiques en cours, crier haut et fort qu’il y a urgence climatique, qu’il faut changer le système et pas le climat, de vouloir mettre fin à l’inertie et à l’aveuglement des dirigeants. Pas facile. D’autant plus que s’est ajoutée à la noirceur de l’ambiance celle de l’état d’urgence, avec son lot de dérives sécuritaires… La marche pour le climat, qui procédait d’un magnifique élan citoyen, n’a pas eu lieu, elle a été interdite, un certain nombre de personnes, pas forcément des militants acharnés, se sont vues associées à cette insaisissable « menace pour la sécurité de l’état »… Pourquoi ? Quelle mauvaise fée – mal informée sûrement – venait de frapper de sa baguette maléfique nos élus ? Pourquoi, soudain, vouloir lutter contre le réchauffement climatique devenait une activité suspecte, crier « Non aux gaz à effet de serre ! » un slogan peut-être soumis à la censure ? Au sentiment d’impuissance déjà lourd à porter face aux catastrophes climatiques venait s’ajouter l’incompréhension de nos semblables… Gloups, et re-gloups, les bras de la statue de la liberté ne seraient-ils pas en train de tomber… 
Pourtant l’urgence climatique n’est pas moins impérieuse que la lutte contre le terrorisme. Dans les deux cas se sont la paix et la stabilité du monde qui sont en jeu. C’est pourquoi, sans se démonter, mais avec une petite boule d’angoisse sous le plexus, des milliers de personnes ont bravé l’interdiction et c’est sous la forme d’une bien belle chaîne humaine qu’elles sont descendues dans la rue partout en France ce Dimanche 29 Novembre 2015 !

C’est donc aussi une chaîne humaine, et des déambulations dans les rues pancartes au cou ou au-dessus des têtes tel un drapeau qui ont réuni plus de 1500 personnes à Bordeaux. Toutes ont osé se donner la main sans craindre de se la faire mordre ! 
De cette chaîne humaine on s’en souviendra longtemps ! On s’en souviendra parce que les rires, les sourires, s’embrasser, se saluer simplement, demander comment ça va, chanter… tout ça a fait partir très vite cette boule d’angoisse. Pfft ! Et l’on en vient à se féliciter d’avoir participé, d’avoir pu dire ce qui nous tenait à cœur, d’avoir, on l’espère, par nos cris d’alerte, percé un peu la bulle dans laquelle se sont enfermés les 196 délégations durant toute cette COP21.