Le renard a encore frappé

PCA Paysans et Consommateurs Associés

 

Cette fois c’est officiel, c’est confirmé, 2015 était vraiment une année de merde ! Excusez le vocabulaire mais une année à hécatombes comme celle qui s’achève, c’est pas humain !
L’option « retour au nomadisme » prend de la consistance ! Alors que le virus de la grippe aviaire semblait relégué dans les limbes de l’inactualité et que nous revendiquions pour notre élevage un taux de mortalité proche de celui d’une nurserie scandinave, la courbe des décès accidentels de volailles a connu ici une inflexion dramatique, comparable à la trajectoire finale d’un avion de chasse japonais en vue de Pearl Harbour un jour de Décembre 1941, mais en sens inverse… 
Des indices concordants en nombre et en intensité, ainsi que le témoignage du garde-chasse de la commune – également connu au village comme chauffeur-livreur, charcutier et voisin – nous ont conduits à la seule conclusion possible : le renard a encore frappé. Fort.
Score à la mi-temps : 21 à 0 en faveur du renard. 
Dès la reprise, un de ses frères ou, s’il n’en a point, l’un des siens, s’introduisait nuitamment dans nos bois et nous étendait derechef une quinzaine supplémentaire de bons gros poulets quasi prêts à cuire. 
Score à la fin du temps réglementaire : Visiteurs 36 / Local 0
En réponse à ces perfides attaques, nous optons pour la stratégie dite du « catenaccio » bien que, dès le début des années 1970, l’Ajax d’Amsterdam ait été le fossoyeur de cette recette défensive particulièrement prisée des équipes transalpines.

Le couvre-feu est décrété à la tombée de la nuit. Les volailles sont enfermées dans leur cabanes jusqu’au petit matin. 
L’artillerie lourde et les pointes de bambou sont ressorties de derrière les fagots. La campagne profonde est armée, qu’on se le dise, et quand elle s’exclame : « Germaine, passe-moi le douze ! », c’est rarement une demande d’assistance téléphonique pour des problèmes de connexion internet.
Ainsi sur le qui-vive, nous sommes alertés vers quatre heures du matin par les cris d’effroi d’un poulet traîné contre sa volonté vers une mort certaine.
L’ épouse, d’un coup, saute hors du lit et fonce vers les bois en hurlant « mort à l’envahisseur ! », suivie de votre serviteur, un soupçon moins réactif. 

Une troisième tuerie est ainsi évitée de justesse, une seule victime est à déplorer cette nuit-là.
Score à la fin du temps additionel : Visiteurs 37 / Local 0
Le match retour devrait se jouer ce Mercredi sur terrain détrempé mais avec une équipe locale (moitié hommes - moitié chiens) très motivée.
Le compte rendu définitif de la partie sera disponible dans la prochaine feuille d’info de PCA s’il continue de pleuvoir et qu’on ne peut rien faire dehors.

Sinon rendez-vous directement auprès des producteurs concernés, chaque Mercredi entre 19h et 20h pendant la distribution des commandes, à la salle de la cheminée du Cinéma Utopia.
Vous y trouverez sans doute d’autres histoires et d’autres produits de nos campagnes ou de ce qu’il en reste.

Bonne Année à tous.