Le renard a remballé ses gaules…

 

Âne
 

PCA  Paysans et Consommateurs Associés
Bordeaux - Vallée de l’Isle

Il semble que le renard ait remballé ses gaules et soit parti pêché plus loin. Ce chapitre se clôt donc provisoirement sur un retrait stratégique du goupil mais la prudence reste de mise.
Notre copain vigneron en est à sa 2e ou 3e chimio. On lui fait passer du ginseng rouge de Corée du stock familial pour l’aider à se remettre les dents droites. Les potages qu’ils lui servent à Bergognié sont d’une autre puissance et leurs effets « secondaires » plus spectaculaires que nos remèdes ancestraux. Il a souvent la surprise de reconnaître sur les boîtes des médicaments les mêmes noms de laboratoires que sur ses bidons de pesticides. Bon nombre d’agriculteurs sont ainsi partie prenante, à leur corps défendant, de la guerre que mènent certaines entreprises contre la vie en général et pour le profit en particulier. Le choc est donc rude lorsqu’ils s’aperçoivent qu’en suivant les instructions, ils combattaient aussi contre eux-mêmes !
Depuis peu, des spécimens d’une revue spécialisée intitulée « Filières avicoles » échouent dans notre boîte aux lettres. Cette revue professionnelle nous confirme que l’agro-industrie a quitté la terre et ne répond plus ! 
Comme dit Raoul, un vieux de la vieille du marché de Périgueux, à propos des « agro-managers » qui défilent dans des tracteurs à 100 plaques : « ils n’ont pas su rester petits ».
On pourrait ajouter, tel Bernard Blier dans Bons baisers… à Lundi : « Pourriez-vous être assez aimable, à l’heure qu’il est, au jour où nous sommes et étant donné ce que nous savons, de me dire sur quelle longueur d’onde on vous attrape ? » Les types sont complètement partis en vrille !
Extraits : « C’est sans complexe que le n°1 de la volaille s’offre (ils ont payé ?) la visite de Stéphane Le Foll… La SNV (Société Nouvelle de Volailles) s’engage… à fournir ainsi 2 000 tonnes de poulet transformé par an au restaurateur (!) KFC. “La preuve que lorsque l’on sait s’organiser on peut se créer un avenir”, déclarait le ministre. »
Compris, bande d’incapables ? Si vous n’avez pas d’avenir, vous faites comme la SNV : rachetez un abattoir en liquidation pour cause de délocalisation au Brésil, investissez-y 10 millions d’euros pour répondre aux besoins spécifiques de KFC et l’activité reprend son cours avec 380 000 poulets abattus chaque année ! 
C’est pas difficile quand même, y m’énervent, y comprennent rien ! 
En plus KFC ambitionne de passer de 188 à plus de 500 points de vente d’ici 10 ans. Quand on vous dit que c’est l’avenir…
Evidemment vous ne serez pas tout seul puisque KFC « plaide plutôt pour la diversité des fournisseurs ». Mais bon, on est des winners ou quoi ?
Le fast food compte aujourd’hui une dizaine de fournisseurs de volailles européens dont deux en France, les autres en Allemagne, Pays-Bas, Pologne… 
Le libéralisme, l’Europe, la concurrence. Le trio magique.
« Les filets, aiguillettes et ailes transformés par la SNV pour KFC sont issus de poulets semi-lourds abattus entre 36 et 40 jours ». Nous, on est vraiment des nuls, on met au moins 140 jours pour produire un poulet ! 
« Il ne s’agit pas de produire du minerai, mais bien un produit spécifique qui répond à un besoin précis. Un exemple à suivre pour l’ensemble des filières d’élevage, selon le ministre ». 
Là, on s’incline définitivement, chapeaux bas messieurs, l’agriculture française a trouvé ses sauveurs ! Malgré les sollicitations réitérées de cette revue d’une haute tenue, on hésite encore à s’abonner !