Happy birthday Fukushima... Happy birthday Tchernobyl...

30 ans pour l’un, 5 ans pour l’autre et dans les deux cas, la catastrophe est toujours en cours,  les coûts induits ne cessent d’augmenter. Greenpeace parle de 1000 milliards pour Tchernobyl, on n’en est qu’au début pour Fukushima : trop tôt pour annoncer des chiffres de toute façon imprévisibles. La construction de l’arche enfermant le sarcophage de Tchernobyl ne sera terminée qu’en 2017 (108 m de haut, 270 m de long…) et pendant les travaux, la contamination continue et continuera encore longtemps longtemps après que le dernier poète contaminé ait disparu. Tchernobyl for ever : c’est un bouquin, un DVD qui racontent que le monstre atomique n’a pas fini de sévir (voir sites internet en fin de texte).

Du côté de Fukushima, c’est le Monde du 11 Mars, date anniversaire de la catastrophe, qui le raconte : le démantèlement prend du retard, il y faudra a minima une quarantaine d’années (optimiste !) et les eaux radioactives continuent de s’accumuler sur le site, quand elles ne sont pas stockées dans des réservoirs en attente de traitement et de rejet dans l’océan (ce que refusent les pêcheurs de Fukushima). Les déchets radioactifs remplissent déjà près de 3000 conteneurs alors que le retrait des combustibles des piscines de refroidissement prend du retard pour cause de haut niveau d’irradiation qui empêche que des personnes puissent intervenir directement : le « robot serpent » introduit dans un tuyau du réacteur 1 a vu ses circuits grillés par les radiations… Je résume mais on imagine la souffrance des populations évacuées, le retour de certains dans des zones contaminées faute de pouvoir vivre ailleurs, les problèmes de santé des liquidateurs : déjà 250 000 morts dit-on, parmi ceux de Tchernobyl ? Mais qui sait exactement ?
On a souvent du mal à comprendre nos contemporains et cela ne date pas d’hier. En effet, dans la masse des informations qui nous tombent chaque jour sur le paletot, une petite dizaine au moins devraient pour le simple exercice de notre survie nous conduire plusieurs fois par jour à battre le pavé pour prendre et reprendre la Bastille. Un rapport récent nous apprend au saut du lit qu’un accident nucléaire en France serait « une catastrophe pour l’économie ». Pas pour la santé de nos chères têtes blondes ni pour nous-mêmes, qui avons bien largement assez vécu, ça tout le monde s’en fout, mais pour l’économie dont on sait qu’elle est la finalité ultime de toute existence sur la planète bleue. Et là, ça ne rigole pas ! L’Institut de Radio Protection et de Sûreté Nucléaire a en effet froidement calculé qu’un accident majeur sur un réacteur standard de 900 mégawatts – l’essentiel du parc hexagonal – nous coûterait la somme astronomique de 430 milliards d’euros, plus de 20 % de notre PIB. Une fusion du réacteur et ses rejets massifs de particules radioactives dans l’environnement entraîneraient la contamination de 1500 Km2 et l’évacuation de 100 000 personnes… dans le meilleur des cas, et bien pire en fonction des conditions météo et des vents… On n’ose imaginer ce que deviendraient nos flamboyants vignobles et notre rutilante quoiqu’étronesque Cité du vin à Bordeaux, recyclée pour la circonstance en la Cité de l’atome si, d’aventure, un réacteur nous pétait à la gueule à la centrale du Blayais (57 km du centre de Bordeaux). Quant à celle de Nogent : 100 km du cœur de Paris avec la Seine comme indispensable source de refroidissement…
Très mauvais pour le commerce, le tourisme mondial dont la France est la première destination… sans compter le boycott inévitable de la production de nos braves agriculteurs… On ne parle pas de l’EPR, catastrophe économique avant même d’avoir commencé à fonctionner, ni des mines d’uranium et autres problèmes induits par la persistance à ne pas vouloir lâcher une filière qui ne représente pourtant que 10 % de la consommation mondiale d’électricité, 19,5 % aux USA (mais 77 % de la consommation électrique française)… 
La part du nucléaire ne cesse de baisser dans l’électricité mondiale depuis le début des années 2000  et ce déclin s’est fatalement accéléré depuis Fuskushima… nos voisins sont inquiets de voir vieillir les centrales françaises qui leur sont proches. Mais EDF se bat pour garder à  la France sa position de  N°1 du nucléaire mondial avec ses 58 réacteurs (contre 33 en Russie) et ses 1100 sites enfermant des déchets, qui en font le pays le plus nucléarisé au monde par tête d’habitant…  Et notre gouvernement tente vaillamment  d’exporter son savoir faire au Royaume-Uni et dans d’autres pays d’Europe, tandis que certains,  comme l’Allemagne, se tournent résolument vers les énergies renouvelables… 

CONNAISSANCE DES ÉNERGIES
OBSERVATOIRE DU NUCLÉAIRE
LES AMIS DE LA TERRE
NUCLÉAIRE NON MERCI
CRIIRAD