Pourquoi dire NON au nouveau compteur électrique Linky

On va rentrer de suite dans le vif du sujet pour celles et ceux qui ont loupé les épisodes précédents. Connaissez-vous le nouveau compteur électrique Linky ? Celui-là même décrit dans le courrier que vous venez de (ou que vous allez) recevoir d’ENEDIS (ex-ERDF) et qui vous demande un RDV pour l’installer à la place de votre compteur actuel. À moins qu’il n’ait déjà été installé cet été, et que vous veniez de le découvrir en rentrant de vacances… Voici ci-dessous quelques explications que vous ne trouverez pas dans la doc officielle d’EDF/ERDF ou dans les comités de suivi, si vous avez la chance d’y assister, organisés par Bordeaux Métropole conjointement avec ENEDIS pour expliquer à la population bordelaise ce qu’est Linky.

 

Imposé par une directive européenne en 2009 et prévu par la loi de transition énergétique pour la croissance verte du 17 Août 2015 pour favoriser les économies d’énergie et faire face au réchauffement climatique, le déploiement de Linky a commencé en France en 2010 et d’ici à 2021, 35 millions de compteurs doivent être installés. Sont concernés les foyers et les bâtiments commerciaux.

Aujourd’hui 400 communes sont équipées, 238 ont voté contre : la première fut Saint-Macaire, commune girondine de 2000 habitants, la dernière est Caen, ville de 110 000 habitants. Les industriels allemands et ceux du Royaume-Uni pensent que le compteur n’est pas efficace et qu’il y a d’autres moyens pour réaliser la transition européenne vers un réseau électrique intelligent. Par exemple : l’intégration plus rapide des renouvelables, le développement des réserves d’énergie, et une meilleure gestion de la demande d’énergie, selon La Tribune du 16/06/2016.

Officiellement, à quoi sert Linky?

C’est un compteur programmé pour mesurer notre consommation électrique, en temps réel. Tout se fait à distance : l’activation ou le blocage du compteur, le relevé de la consommation du foyer, certaines opérations de maintenance… À la clé : une facture calquée sur la consommation réelle, la possibilité de souscrire à des offres sur mesure, un accès en ligne au détail de la consommation – par tranche horaire quotidienne ou par appareil – et des alertes en cas de surconsommation. Et des économies pour ERDF : suppression des tournées de relevé et la consommation électrique moindre.

(Libé en ligne Gabriel Siméon du 30/11/15)

 

Comment ça marche?

Le compteur Linky transmet notre consommation quotidienne à un concentrateur équipé d’une puce, sorte de superboîtier collectant les informations de tous les compteurs d’un quartier ou d’un immeuble. La transmission s’effectue toujours par CPL. Le concentrateur les réexpédie ensuite par GRPS, c’est à dire par téléphonie mobile (ondes hertziennes) l’ensemble des données au système central d’ERDF. (Libé en ligne G. S. du 30 Nov. 2015)

 

Cependant, Linky n’est pas un simple compteur… c’est un petit ordinateur shooté au CPL, le Courant Porteur en Ligne, piloté non pas par vous mais par un tiers, ENEDIS (ex ERDF), connecté en permanence et utilisant des équipements hautement énergivores, dont les centres de traitement des données. Un ordre de grandeur ? *On estime que chacun des immenses data centers de Google, il y en aurait 45 (chiffre tenu secret) disséminés à travers le monde, consomme environ l’équivalent en électricité d’une ville américaine de 40 000 habitants! Google a reconnu en 2012 émettre 1,5 millions de tonnes de CO2 ! Soit l’empreinte carbone du Burkina Faso. Bon, d’accord, ERDF ou ENEDIS ce n’est pas Google, mais ça nous laisse imaginer ce qu’il restera en énergie pour faire démarrer notre chaudière si notre salut énergétique, notre salut tout court, dépend uniquement des nouvelles technologies du numérique. Sans compter les nuisances liées aux systèmes de refroidissement et groupes électrogènes utilisés en secours en cas d’interruption de l’alimentation électrique (bruits, utilisation d’énergie fossile, de fioul, pour faire fonctionner les groupes électrogènes, et peut-être le fond des mers pour le refroidissement).

C’est aussi un sale mouchard qui ne nous fait pas faire d’économie, nous fait prendre des risques pour notre santé et en particulier celle de nos enfants à cause du CPL qui, en transportant les informations dans nos fils électriques qui ne sont pas blindés, et un peu vieux… émet des ondes électromagnétiques.

 

Un sale mouchard

Pour reprendre l’article éclairant de Dominique Richard dans Sud ouest du Jeudi 4 Août : « Pris isolément, chaque renseignement apparaît d’une grande banalité: numéro de compteur, date et heure, puissance, énergie utilisée… Mais émises à flux continu et agrégées, ces données permettent de construire une courbe de charge. Donc de connaître l’évolution et les variations de la consommation de chaque abonné. Poussé jusqu’au bout de sa logique, le système a tout d’un indic. Nombre de personnes dans les locaux, heure du lever et du coucher, nature des équipements branchés sur le secteur, qualité des isolations thermiques… À l’extrême limite, il sera même possible de savoir si la télévision est allumée ou à quel moment quelqu’un prend une douche. Autant dire que les données collectées par Linky intéressent du monde ». « Elles pourront servir de levier d’innovation pour les start-up » reconnaissait il y a quelques mois Philippe Monloubou, le président du directoire d’ENEDIS ». Ces fameuses Start-up de la French tech, subventionnées par la BPI, prêtes à nous vendre tout et n’importe quoi pourvu que ce soit connecté. Mais aussi diverses sociétés du bâtiment, de l’électroménager, les banques pour s’assurer de notre train de vie avant de nous accorder un prêt, notre assureur avant de nous assurer,… et bien sûr les Big data (Google, Apple, Microsoft et Facebook), en manque de clients, et accessoirement la police, la sécurité intérieure, la NSA…

 

Ensuite, il ne nous fera pas faire des économies, puisque le prix de l’abonnement va augmenter

Coût des compteurs : 5 milliard d’euros. Le décret du 31/08/10 précise que son financement sera payé par les consommateurs via le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité. Ainsi, 1 à 2 euros/mois seront prélevés sur les factures jusqu’à atteindre le coût du Linky (120 à 240 euros). La contribution au service public de l’électricité est passée à 27 cts euros/kwh le 1er Janvier 2016. De plus ERDF prétend que le projet reste financièrement équilibré grâce notamment « à la disparition de l’énergie non facturée, liée aux disfonctionnements de comptage… » Alors que pour l’ensemble des usagers, le changement de procédé de comptage se traduira par une augmentation des factures d’électricité de l’ordre de 5 à 10%.

 

Il nous fait prendre des risques pour notre santé

L’Organisation Mondiale de la Santé reconnaît qu’il existe une réelle incertitude concernant une exposition « faible mais prolongée » aux ondes électromagnétiques. Avec Linky, cette exposition sera plus que prolongée puisqu’elle sera permanente. Et qu’en sera-t-il quand ERDF passera (selon Stéphane Lhomme, conseiller municipal de St-Macaire) au CPL G3, puis au CPL G5… et aux formats suivants ? Et ERDF n’évoque pas l’Emetteur Radio Linky (ERL) qui, après installation, pourra être ajouté sous le joli capot vert et doubler les émissions CPL d’émissions radio.

Et l’Agence sanitaire française, l’ANSES, d’enfoncer le clou dans son rapport publié le 8 Juillet 2016 sur l’exposition des enfants aux radiofréquences. Ses conclusions : elle recommande de mieux protéger les enfants « via un usage modéré et encadré des technologies sans-fil ». Pourtant va s’ajouter ce compteur. Et puis celui pour le gaz, appelé Gazpar, et aussi pour l’eau.

 

Lire « *L’homme nu, la dictature invisible du numérique » de Marc Dugain et Christophe Labbé.

Et « Techno-critiques, du refus des machines à la contestation des technosciences » de François Jarrige.

Un contact, le Collectif Stop Linky Bordeaux Métropole: stoplinky.bordeauxmetropole@gmail.com

Un site : http://refus.linky.gazpar.free.fr/

 

Prochains RDV du Collectif Stop Linky au cinéma, salle de la cheminée : Les Samedis 10 et 24 Septembre et Samedi 1er Octobre à 10h00.