Misère, misère…

C’était bien la peine de se débarrasser de ce troupeau de vieilles badernes qui nous bouchaient la vue pour se retrouver aujourd’hui avec comme seul choix présidentiel possible : un blanc bec néolibéral qui fit ses classes chez un banquier et une fille à papa méchante comme la gale, dont le paternel copinait avec le gratin des officiers putschistes de l’OAS. Pourtant il y avait urgence, pensait-on, à changer de disque. Et nous voici, horreur et abomination, à nourrir la perspective de se retrouver pour cinq ans avec un président qui, dans une de ses premières déclarations faites à je ne sais qui, je ne sais où… trouva moyen de déclarer qu’il fallait donner à notre belle jeunesse « le goût de devenir milliardaire ». Milliardaire ? Une idiotie insondable quand on sait que même à Davos le mot fait tousser tant la fonction fait problème aujourd’hui plutôt que solution. A Davos donc… vous savez, cette station de sports d’hiver qui reçoit chaque année, entre deux promenades à traineau, la fine fleur de l’élite des décideurs économiques de la planète qui, dans un bien étonnant sursaut d’humanité, se sont penchés, cette année, sur le développement incroyable des inégalités.
L’un d’entre eux, coiffé parait-il d’un béret et probable réincarnation de l’Abbé Pierre, s’est même fendu d’une image surprenante pour dénoncer la concentration de plus en plus phénoménale de la finance internationale entre les mains d’une poignée de plus en plus riquiqui d’heureux bénéficiaires. Celui-ci donc, au risque d’être lynché à la récré par ses petits camarades, utilisa pour se faire bien comprendre une petite démonstration pas trop compliquée, où il apparaissait qu’il fallait, il y a quelques années, un bus Macron de 85 places pour contenir les 85 personnes riches d’autant d’avoirs que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Avant de conclure : « Depuis cette année, la taille d’un véhicule aussi grand n’est plus nécessaire, un monospace de huit places suffit désormais ».