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mardi, août 30 2016

AU SECOURS, L'ÉCREVISSE DE LOUISIANE PROGRESSE…

L’été, riche et belle saison pour les multiplexes. Un phénomène récent gagne en effet notre malheureux pays qui nous rapproche un peu plus encore des standards américains.
La saison estivale, qui traditionnellement en France était une période plutôt morose en terme d’exploitation cinématographique, épouse depuis quelques années les habitudes fastes de nos cousins d’outre-Atlantique à travers une pluie météoritique de blockbusters, tous plus tartignoles les uns que les autres et qui ne se distinguent plus guère, sous la canicule, que par le numéro d’entrée en scène dont on les affuble : Insaisissables 2, L’Age de glace 4 ou 5, American Nightmare 3, Ninja Turtles 2, Star Trek 7 + 3 font 10 et 6 font 16 (penser au Roi et l’oiseau au milieu d’une telle énumération, ça fait respirer) et Suicide Squad qui, vu son succès, ne manquera pas d’engendrer un autre rejeton monstrueux l’été prochain…
Une mode qui n’est guère rassurante puisqu’elle s’étend aujourd’hui de plus en plus à notre propre paysage cinématographique. Les Visiteurs 3 ou 4 (on s’y perd) Camping 3… en sont deux exemples qui ne manqueront pas aussi de faire des petits. On s’en doute, cette stratégie paresseuse ne favorisera pas l’éclosion d’œuvres originales. Pourquoi en effet se creuser le ciboulot s’il est plus « bankable » d’exploiter, comme ils disent, une franchise, c’est à dire de se contenter de sucer la roue d’un maillot jaune, même s’il est dopé à mort.
Alors, bien sûr, on le vérifie de plus en plus, ce genre de stratégie n’est pas sans conséquences sur la fréquentation de nos salles, même si nous ne sortons pas ces films trop ostensiblement formatés. Massivement promus, vite consommés, ils façonnent les esprits d’une jeune génération montante à qui ils s’adressent en majorité, ils donnent le ton à un mode opératoire marketing qui tend à s’étendre et à uniformiser toute autre forme de promotion qui serait pourtant bien mieux adaptée. 
Un film sensible, fin et subtil se voit ainsi propulsé parfois pour ce qu’il n’est pas. Une franche bonne occasion de se rincer l’œil ou de rigoler. Il arrive ainsi de plus en plus que nous renoncions à utiliser le matériel publicitaire qui nous est livré (bandes-annonces, affiches) tant il nous semble inadapté à défendre la vraie nature du film. Peine perdue, car aujourd’hui, le même film s’affiche dans un nombre grandissant de multiplexes avides de films, eu égard à leur nombre de salles, et qui ne se privent pas, eux, d’en rajouter une couche en matière de promotion frelatée. Il n’y a plus guère dans ce cas-là que la gazette pour vous en faire un juste écho et cela marche encore, même si l’on sent bien que la force qui se dégage du marketing dominant tend à affaiblir nos propres efforts de promotion. 

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