Mot-clé - 14 juillet

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lundi, juillet 18 2011

De l'air ! Enfin ! Merci Eva…

Full metal jacket« Le jour du quatorze juillet, je reste dans mon lit douillet. La musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas. Je ne fais pourtant de tort à personne, en n’écoutant pas le clairon qui sonne. Mais les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux. »


(Georges Brassens, La Mauvaise réputation, 1953, un an avant la naissance du sous-caporal Fillon François, garde-chiourme en chef des valeurs françaises éternelles)


La canicule politique s’est abattue comme tous les étés sur nos journaux télévisés et nos radios : pénurie d’intelligence, sécheresse de l’imagination, niveau zéro de la démagogie… Du tour de France à Roland Garros en passant par les matchs de foot (merci quand même les filles d’élever le niveau !), c’est une inondation continue et décervelante qui déferle : un quart d’heure d’infos majoritairement sportives entre deux quarts d’heure de pub… Côté homo politicus, ça vaut pas tripette : on a droit à un assaut de beaufitudes de la part des ténors mâles ou femelles qui s’échauffent pour la course à l’Élysée en cherchant à se caler au plus près de « ce que veulent les Français », expression insupportable qui définit bien le mépris dans lequel nous tiennent ceux qui briguent les suffrages de ces « tarés d’électeurs » qui, semblent- ils penser, seraient bien incapables d’apprécier quelque chose comme un programme qui se hisserait au-delà du prix de la baguette de pain et aurait l’air d’un vrai projet de société intelligent, ambitieux, stimulant… si tant est que la chose soit encore possible tellement ils paraissent incapables de nous extirper du marigot néo-libéral dans lequel ils nous ont plongé. Il ne manquait plus dès lors à notre bonheur que les images de ce 14 juillet pour nous enfoncer encore plus dans une déprime accablante avec flons-flons pseudo patriotiques et brochettes de valeureux soldats fiers de leur gueule peinte en tenue camouflée supposée les confondre avec les buissons afghans dans un remake, avant l’heure, de La Nuit des morts vivants. Cerise sur le gâteau, l’inévitable parade de la patrouille de France mettait justement un point d’orgue, façon salon du Bourget, à la présentation des armes made in France (douce France, qui se classe 4e au box office des marchands d’armes de la planète, avec ses rétro-commissions à gogo, ses combines pré-électorales foireuses), tandis qu’à quelques milliers de kilomètres de là, quelques milliers de mal armés un peu dingues sont en train de gagner une guerre face aux représentants d’une coalition bardée du meilleur et du plus coûteux de la technologie militaire…

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