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dimanche, septembre 9 2012

POUR MILLE MILLIARDS D'EUROS, T'AS PLUS RIEN…

Jeter un oeil sur la presse est un exercice qui relève de l’épouvante, du masochisme, mais parfois aussi, heureusement, de la plus sidérante rigolade. Témoin cette information, glanée dans un canard dont une page orpheline, je crois quand même qu’il s’agissait du Monde, trainait dans une salle d’attente. Vous savez, ces endroits d’une tristesse infinie, meublés à la va comme je te pousse et qui semblent faits exprès pour vous préparer au pire des diagnostics. Vous l’aurez sans doute aussi remarqué, et ce n’est pas pour rassurer le patient que vous êtes, les lectures que l’on fait dans ces antichambres peu festives témoignent, à travers les magazines déployés sur un guéridon, de l’intérêt relatif que semble porter au patient un praticien pourtant chargé, un jour peut-être, de le mener avec éclat aux plus flamboyantes extrémités.

Rien de tel ce jour là. Même si ce bout de canard un peu fatigué n’était pas de la première fraîcheur, il entrait manifestement dans l’intention de notre homme en blanc de se singulariser en distillant dans son officine de la bonne humeur. En effet, l’information qui éclatait sur un quart de page avait de quoi égayer le malade le plus atrabilaire. Sous un titre clairement provocateur, Bruxelles veut savoir ce que les banques ont fait des mille milliards d’euros de la BCE, s’étalait un article qui avait de quoi couper le souffle à 99,999 % des citoyens européens, à l’exception des 0,000001% de banquiers, épouses, fils et filles de banquiers, petits fils, cousins et tantes de banquiers, qui eux, on le sait, ne manquent pas d’air. On livre ces quelques extraits de l’article à votre réflexion, tant il apparaît au fil de la lecture qu’il eût été beaucoup plus raisonnable de faire profiter « l’économie réelle », comme on dit, de l’épandage aérien sur l’Europe de ces mille milliards d’euros alors que, chose extraordinaire, il n’a pas été demandé le moindre engagement, le moindre petit bout de papier, la moindre signature à des gens dont la réputation de gangster n’est plus à faire.

On cite l’article (en italique, c’est nous qui mettons notre grain de sel) :

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