Mot-clé - Eva Joly

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mardi, décembre 13 2011

Petit papa noël… n'oublie pas nos cadeaux !

Siné MensuelÇa ne vous aura pas échappé : Dassault, Lagardère, Bouygues… la majorité des plus gros médias est dans les pattes de gros industriels, de marchands d’armes et autres conglomérats liés par des connivences incestueuses avec le pouvoir politique en cours. Dès le matin, c’est leur rengaine qui vous réveille à la radio, et le soir, c’est encore eux qui bercent vos cauchemars. Le Figaro de Dassault est le canard le plus diffusé dans tous les hôtels, les salons, les bistrots, le plus cité, le plus représenté ; Paris Match trône dans la moindre salle d’attente, même quand elle est publique ; la télé n’a plus rien de très indépendant tant le système de nomination des directeurs et autres faiseurs d’info pèse sur une prétendue liberté déjà largement cadrée par les annonceurs publicitaires qui ont les mêmes intérêts que les industriels et les politiciens concernés, d’ailleurs tout ce petit monde se fréquente, se retrouve à tout propos, se congratule en rond… Bref ! Il faut être vraiment peu observateur pour croire encore à l’indépendance des journalistes les plus médiatisés, qui mijotent dans un milieu qui se renouvelle peu, où les unions consanguines donnent des rejetons qui continuent le boulot. On retrouve d’une année à l’autre, d’une radio à l’autre, d’un média à l’autre, d’une campagne à l’autre, d’un débat à l’autre, les mêmes têtes, les mêmes fausses indignations, les mêmes querelles bidons, la même parodie de démocratie… Les campagnes électorales sont un modèle du genre, les mêmes journalistes cernant les candidats avec les mêmes questions ressassées en boucle, prêts à bondir sur la moindre petite phrase qu’il serait possible de monter en épingle, castrant le débat public, le réduisant à quelques slogans simplistes pour le rendre apte à tenir entre deux faits divers et dix pubs, pinaillant indéfiniment sur le détail qui permet d’aiguiller les idées qui dépassent sur une voie de garage… Il faut être très fort dans le contexte pour arriver à faire entendre une pensée un peu élaborée et quand quelque chose émerge de cette bouillie médiatique, les commentateurs en rang serrés passent à l’attaque : dans cette parodie de démocratie, le but du jeu semble être de traquer, de ridiculiser toute idée, toute personnalité qui sortiraient des chemins balisés et pourraient amorcer une remise en question de l’ordre établi par ceux énoncés plus haut. Il arrive même que le propre camp de ceux qui sont visés par ce jeu de massacre s’en fasse le complice… par ambition personnelle, par intérêt stratégique, ou simplement parce chacun est si fortement conditionné qu’il n’est plus capable de juger de la désastreuse impression qu’il inspire (tiens bon Eva !).

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lundi, juillet 18 2011

De l'air ! Enfin ! Merci Eva…

Full metal jacket« Le jour du quatorze juillet, je reste dans mon lit douillet. La musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas. Je ne fais pourtant de tort à personne, en n’écoutant pas le clairon qui sonne. Mais les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux. »


(Georges Brassens, La Mauvaise réputation, 1953, un an avant la naissance du sous-caporal Fillon François, garde-chiourme en chef des valeurs françaises éternelles)


La canicule politique s’est abattue comme tous les étés sur nos journaux télévisés et nos radios : pénurie d’intelligence, sécheresse de l’imagination, niveau zéro de la démagogie… Du tour de France à Roland Garros en passant par les matchs de foot (merci quand même les filles d’élever le niveau !), c’est une inondation continue et décervelante qui déferle : un quart d’heure d’infos majoritairement sportives entre deux quarts d’heure de pub… Côté homo politicus, ça vaut pas tripette : on a droit à un assaut de beaufitudes de la part des ténors mâles ou femelles qui s’échauffent pour la course à l’Élysée en cherchant à se caler au plus près de « ce que veulent les Français », expression insupportable qui définit bien le mépris dans lequel nous tiennent ceux qui briguent les suffrages de ces « tarés d’électeurs » qui, semblent- ils penser, seraient bien incapables d’apprécier quelque chose comme un programme qui se hisserait au-delà du prix de la baguette de pain et aurait l’air d’un vrai projet de société intelligent, ambitieux, stimulant… si tant est que la chose soit encore possible tellement ils paraissent incapables de nous extirper du marigot néo-libéral dans lequel ils nous ont plongé. Il ne manquait plus dès lors à notre bonheur que les images de ce 14 juillet pour nous enfoncer encore plus dans une déprime accablante avec flons-flons pseudo patriotiques et brochettes de valeureux soldats fiers de leur gueule peinte en tenue camouflée supposée les confondre avec les buissons afghans dans un remake, avant l’heure, de La Nuit des morts vivants. Cerise sur le gâteau, l’inévitable parade de la patrouille de France mettait justement un point d’orgue, façon salon du Bourget, à la présentation des armes made in France (douce France, qui se classe 4e au box office des marchands d’armes de la planète, avec ses rétro-commissions à gogo, ses combines pré-électorales foireuses), tandis qu’à quelques milliers de kilomètres de là, quelques milliers de mal armés un peu dingues sont en train de gagner une guerre face aux représentants d’une coalition bardée du meilleur et du plus coûteux de la technologie militaire…

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