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mardi, septembre 15 2015

Le Pape prêche pour notre paroisse

On aurait presque envie de se rappeler que ce petit cinoche a été une des premières églises de Bordeaux consacrée à un des phares de la pensée mystique (Siméon le stylite) en relayant avec jubilation la dernière encyclique du pape François, « Laudate si ». 

Ben oui, au milieu de la bouillie tiède des discours politiciens, à l’approche d’une COP 21 qui risque bien d’accoucher de mesurettes plus qu’insuffisantes, le pape François se montre d’une radicalité à laquelle ses prédécesseurs ne nous avaient pas habitués. Parce qu’il faut tout de même le savoir : une encyclique, c’est pas de la gnognotte, c’est l’autorité de l’Église qui est engagée dans un message auquel il faut prêter la plus grande attention sous peine de ne plus du tout avoir la cote avec l’Eternel barbu… D’ailleurs le pape l’envoie à tout le monde : du plus imposant cardinal au plus infidèle des mécréants et il n’y va pas de main morte, rappelant, sans mâcher ses mots, que l’homme s’est foutu dans un sacré merdier en salopant la planète comme un gros pourri qu’il est et qu’il a intérêt à faire fissa pour nettoyer cette petite boule pleine de couleurs, de forêts, de nuages, de rivières… dont Dieu lui avait confié la garde en espérant qu’il la transmette encore plus jolie à ses descendants alors que, tout au contraire, il l’a mise à feu et à sang, pourrissant les eaux, les cieux et la terre nourricière… Même que ça mérite bien les foudres de l’enfer. « Nous n’avons jamais autant maltraité ni fait de mal à la planète que depuis ces deux derniers siècles » et il nous invite, vivement, à changer de fond en comble notre façon de penser et nos comportements : « si nous ne parlons plus le langage de la fraternité et de la beauté dans notre relation avec le monde, nos attitudes seront celles du dominateur, du consommateur ou du pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats… » L’encyclique fait l’inventaire de tous les dégâts causés par l’homme : perte de la biodiversité, artificialisation des zones humides, dégradation des océans, cruauté envers les êtres vivants « contraire à la dignité humaine »… Et tout ça pour quoi ? Pour qu’une petite poignée se gave alors que le plus grand nombre survit ou crève, privé du minimum nécessaire à une vie décente.

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