Mangez-vous les uns les autres (petite histoire du cannibalisme au cinéma)

Et si le cannibalisme organisé était, face à la pénurie future des ressources alimentaires, une solution d’avenir ? C’est l’hypothèse émise dans Soleil Vert en 1973. Le cannibalisme, tabou ultime de nos sociétés occidentales, a été pratiqué partout et en tout temps, la transsubstantiation chrétienne étant le premier des cannibalismes symboliques. Le cinéma en a fait un ressort fascinant tant dans ses représentations coloniales que chez Pasolini, où il devient, à l’opposé, l’arme symbolique ultime de l’anarchiste dans Porcherie. Il eut son heure de gloire en Italie à la fin des années 70, quand Ruggero Deodato et ses suiveurs en firent un genre, mêlant fascination pour les espaces vierges et talent pour le cinéma d’horreur extrême. Plus tard, Claire Denis ou Olivier Smolders virent dans le cannibalisme l’expression ultime des désirs inassouvis.

A partir d’entretiens réalisés avec Ruggero Deodato, Olivier Smolders et le performer chinois Zhu Yu, Jean-Jacques Rue a exploré la face cachée de la représentation anthropophagique au cinéma montrant, avec irrévérence, combien elle fut un enjeu idéologique autant que cinéphilique.

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