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vendredi, juin 15 2012

UN AVION-TAXI SE CRASHE SUR TOBROUK

“S’il est évident que le peuple libyen est entré dans l’Histoire, il est grand temps  que Bernard Henri Levy en sorte.”


Cette bien belle épitaphe est signée Simon Riaux en conclusion de sa critique agacée (sur ecranlarge), consacrée au “film-événement” (ou plutôt au “non-film-non-événement”) Le Serment de Tobrouk, signé de l’incontournable, infatigable, infroissable, intâchable, intouchable, increvable, incurable, intarissable, indépassable, inoxydable, indéboulonnable, indévissable, indéracinable, indécalaminable, inimitable, inamovible, insubmersible, immarcescible et pour tout dire fatiguant milliardaire-penseur-écrivain-playboy-cinéaste-patron de presse-lobbyiste-chef de guerre-reporter-philosophe-couteau suisse multi-lames du parti socialiste-éditeur-marchand de bois-exploitant de salle de cinéma-éditorialiste-que-le-monde-entier-nous-envie, BHL, Bernard Henri Levy himself, en chair, en os et en chemise.

“Cinéaste” ? Oui “cinéaste” ! Ne doit-on pas au recordman mondial de l’entartage ces délicieux moments d’élévation cinéphilique que furent American vertigo et, summum de la nanardise décomplexée, Le jour et la nuit - dont le souvenir fait encore se gondoler les trop rares spectateurs qui en ont savouré le spectacle ?

La machine a comme à l’accoutumé été lancée dans le vacarme des roulements de tambour médiatique et des clairons éditorialisants :

  1. - Séance spéciale (c’est à dire “sélectionné mais pas vraiment”) au Festival de Cannes avec Montée des (petites) marches (de l’escalier de service, la “salle du 60è”),
  2. - Avant-première privée dans Son cinéma entouré de M. Nicolas “Cry Baby” Sarkozy et Mme,
  3. - Promu “Film Inter” par Son ami Ph. Val, avec un spot de pub toutes les heures à la clé,
  4. - Une couverture presse-magazine digne de la sortie du dernier Dany Boon,
  5. Tressage de lauriers unanime de nos chers graphomanes éditorialistes “Nouveaux (et moins nouveaux) Chiens de Garde”, au risque de contredire gaillardement les critiques cinéma (moyennement emballés) de leurs propres journaux,
  6. - Un plan de sortie somme toute correcte, pour un docu-fiction-politique en période estivale (15 courageux cinémas en France le mettent à l’affiche)…


C’est à n’y rien comprendre : alors que les médias dominants n’en finissent pas d’essayer de nous fourguer du prêt à penser sur pellicule de bon ton, de bon goût (voir récemment le laborieux lancement des “films” de Henri Daniel Leconte Le bal des menteurs et C’est dur d’être aimé par des cons), il semblerait, cochons de spectateurs, que vous n’en fassiez qu’à votre tête et, au lieu de suivre les conseils avisés de vos Maîtres, préfériez vous rouler dans la fange populiste, limite fachisante, des Nouveaux chiens de garde


Réunissant laborieusement 1917 spectateurs en une semaine d’exploitation (soit 128 par cinéma, tout de même… la moyenne tombe à 36 entrées par site en province, interdit de pouffer !), Le Serment de Tobrouk a donc fini par quitter l’affiche avant qu’on la colle, ce qui devrait lui valoir de servir dorénavant de mètre étalon, dans la catégorie “gonflé à l’hélium qui fait pschhhit”. 


Les Nouveaux Chiens de Garde, passé sous silence par tous les magazines, télés et radios, a dépassé les 200.000 entrées en salles - ce qui en fait un des documentaires les plus vus au cinéma depuis des lustres.


Bande de chenapans : on ne vous félicite pas ! 

Il y a des jours comme ça où on se demande, s’il existe, si Dieu ne serait pas un peu porté sur la boisson. Ce qui Le rend plutôt sympathique.


Bonnes vacances !



PS: un bonheur n’arrivant jamais seul, on annonce LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE en avant-première-vidéo sur Vidéo En Poche pour la rentrée !


PPS : les (vraies) raisons de la cata, c’est encore BHL qui en parle le mieux (à partir de la 22è question) : la faute au “Syndicat de la Critique”, défini confusément comme un genre de secte, à la fois arbitre du bon goût et faiseur de roi, qui ose ne pas le traiter à l’équivalent de ses pairs Depardon (!), également à Cannes cette année, ou Michael Moore (!!). Une autre interview du même tonneau, un poil moins complaisante, par ici..