EDITO (216)
Par UTOPIA Saint-Ouen l'Aumône le vendredi, mars 25 2011, 11:22 - Lien permanent
« Citoyens utopistes : unissez-vous ! »
Il y a quelques années, alors que le multiplexe de Cergy-le-haut n’était encore qu’un gros machin dans les tuyaux, vous fûtes nombreux à vous mobiliser autour des salles Utopia pour nous soutenir dans ce combat, mais aussi (et c’est surtout cela que notre petite histoire retiendra) pour nous manifester votre indécrottable attachement.
Au faîte de sa gloire, l’Ascut, l’Association des spectateurs des cinémas Utopia, réunissait près de 1700 adhérents, ce qui n’était pas rien pour un groupement de personnes dont le seul trait commun était de fréquenter avec assiduité 5 petites salles de cinéma indépendantes de banlieue.
Aujourd’hui, nous avons le sentiment d’être à une période charnière de notre existence (24 ans, ce n’est pas encore la crise de la quarantaine, mais ce n’est plus non plus l’insouciance de ses 18 printemps) : l’arrivée du numérique dans les salles de cinéma, qu’on la redoute, qu’on la craigne, qu’on l’attende, est devenue une évidence pour tous les exploitants (mot pas très joli pour parler de tout ceux qui ont la charge de faire tourner une ou plusieurs salles de cinéma, petite ou grande, indépendante, municipale ou rattachée à un grand groupe). L’horizon, même s’il demeure encore plein d’incertitudes quant aux modalités du basculement, quant aux conséquences sur la programmation et l’impact financier et humain qu’il aura sur les structures, est et sera immanquablement numérique. C’est un fait, inéluctable, le train est en marche, nous sommes montés dedans et essayons au sein du réseau des salles Utopia, mais aussi via l’association ISF (Indépendants, Solidaires et Fédérés) d’accompagner au mieux ce bouleversement et si possible d’en corriger les défauts, les travers, les écueils. Mais nous nous égarons un chouïa.
Bref, ce que nous souhaitons vous dire, c’est que cette transition technologique, qui au fond est un truc qui se passe dans les coulisses, coïncide aussi avec un temps de réflexion sur la manière dont nous faisons vivre ces 6 salles (plus de 2 ans déjà d’existence pour la salle 5 de Saint-Ouen). Vous avez sans doute déjà pu le lire dans cette gazette, ou dans les mails que nous vous envoyons, ou l’entendre au cours des nombreuses soirées que nous proposons : nous cogitons sévère ! Comment faire pour vous donner envie sans vous assommer de trop de sollicitations ? Comment maintenir une programmation de qualité curieuse, inventive, audacieuse tout en assurant notre équilibre financier ? Comment être réceptifs aux sollicitations de nos partenaires sans être redondants dans nos propositions ? Comment faire venir le public étudiant (souvent non motorisé) alors que nous sommes isolés du cœur de Cergy ? Comment ne pas se lasser et ne pas vous lasser ? Comment être à l’écoute tout en gardant notre indépendance ? Comment ne pas s’endormir sur nos lauriers (ben oui, on est quand même la salle Art et Essai d’Ile de France la plus fréquentée après le Méliès à Montreuil sous Bois) ? Comment se remettre en question sans tout remettre en cause…
L’idée a germé à l’issue de l’une des deux soirées sur les cantonales proposées sur la précédente gazette, où, même si ce n’était pas la foule des grands soirs, une belle énergie était présente ; elle s’est ensuite précisée au cours d’échanges que nous avons eu avec les plus fidèles d’entre vous.
Alors voilà, nous aimerions que se constitue un réseau de spectateurs, petit ou gros (le réseau j’entends, pas les spectateurs !), pas une association, ni une armée mexicaine comme dirait Grégory X (opérateur à Utopia et coupable des soirées Freak Zone), ni un groupuscule, ni un mouvement, non, juste une modeste communauté de personnes. Certes nous aurions pu faire une grande enquête, mais les trucs qui ressemblent de près ou de loin à des sondages, on s’en méfie comme de la peste et nous préférons mille fois vous accueillir dans notre arrière boutique autour d’un petit déjeuner : réfléchir ensemble à comment mieux diffuser notre gazette mais aussi mieux faire connaître Vidéo en Poche, le joli système qui vous permet de repartir avec une clé USB bourrée de bons films, comment toucher de nouveaux publics, comment renforcer nos actions auprès des enseignants, des centres de loisirs, des Comités d’Entreprise, des étudiants… mais aussi écouter vos remarques, vos éventuelles critiques… Voilà l’idée est lancée, à vous de la saisir, de la faire vôtre…
Si le cœur vous en dit, envoyez-nous un mail à l’adresse suivante : utopia95@wanadoo.fr
objet « citoyen utopiste ».
Sinon, il reste un tout petit peu de place pour vous causer des prochaines soirées qui nous tiennent particulièrement à cœur: prévue de longue date et bien avant la catastrophe de la Centrale nucléaire de Fukushima au Japon, la question du nucléaire sera au cœur du débat le 26 avril en présence entre autres d’un ancien consultant de TEPCO, en charge de la centrale japonaise. Le 1er mai, on recevra l’incorrigible, l’indispensable, l’indéboulonnable et le désormais vainqueur par KO aux prudhommes SINÉ, alias Maurice Sinet salarié injustement remercié par le patron voyou Philippe Val…Champagne pour ceux qui viendront féliciter Siné en ce dimanche de fête du travail. Mais aimer Siné, le contempteur des religions ne nous empêchera pas de recevoir aussi Mogchok Rinpoché, moine bouddhiste de passage chez nous autour du très beau documentaire LA TRAVERSÉE DU ZANSKAR.
Et puis ATTENTION DEUX EVENEMENTS A NE PAS MANQUER SUR LA PROCHAINE GAZETTE ET À GRAVER DANS VOTRE AGENDA !
Yolande est de retour chez nous ! Le vendredi 6 mai à 20h30 à Pontoise on reçoit un duo qui nous avait bouleversé avec Séraphine : le réalisateur Martin Provost et l’actrice Yolande Moreau qui reviennent pour Où Va La Nuit, un film sensible, poétique et totalement belge ( il se passe des Ardennes belges à la côte flamande ) sur le destin d’une femme qui s’émancipe peut-être trop tard et peut-être de manière trop radicale du joug marital et tente de renouer des liens distendus avec son fils parti à Bruxelles.
Un film bouleversant, avec une Yolande Moreau qui se métamorphose au long du film tel un papillon émergeant de sa chrysalide.
Prévente plus que conseillée à partir du mercredi 27 avril
Et ne ratez pas le philosophe et économiste Patrick Viveret !
Le lundi 9 mai à Utopia Saint-Ouen L’Aumône on reçoit pour la projection du film Indices, passionnant documentaire de Vincent Glenn évoquant l’absurdité des indices économiques rendant compte de la richesse d’un pays en volume monétaire sans tenir compte de la santé sociale et environnementale, le réalisateur mais aussi le philosophe Patrick Viveret, conseiller référendaire à la Cour des Comptes , auteur entre autres de « Reconsidérer la Richesse ». Une soirée en partenariat avec l’association ATTAC et le mouvement UTOPIA ( mouvement transpartis présent au PS, chez Europe Ecologie Les Verts et au Parti de Gauche proposant une gauche d’avant garde fondée sur une identité écologiste, antiproductiviste et altermondialiste )