Yooook !

Non, ce n'est pas le cri de ralliement d'une bande de barbares post-néandertalienne. Mais avant de vous dévoiler ce dont il s'agit, afin de bien saisir l'importance de cette initiative révolutionnaire (et toulousaine !), prenez le temps de regarder cette conférence de Lawrence Lessig (ci-contre), sous titrée par Ahmed Rahal (sous licence Creative Commons bien entendu). Le fondateur des Creative Commons y présente de façon limpide les enjeux de la création dans le contexte d'une plateforme d'échanges numériques comme Internet, et introduit la notion fort intéressante d'économie hybride. Il souligne également que la solution ne viendra pas des législateurs (on a pu en effet le constater lors des débats sur l'Hadopi, et on va hélas le constater à nouveau dans les semaines qui viennent…), mais bel et bien d'initiatives innovantes telles que Yooook.net (question triviale : pourquoi quatre "o" dans "yooook" ?)…

Modèle économique de YooookEn annexe de ce billet, vous pourrez voir leur excellent spot/teaser, qui je l'avoue a motivé en premier lieu cette présentation. « Bon, alors, c'est quoi ce Yooook ???? » C'est tout simplement la recherche de ce fameux compromis social et équitable entre les usages et la rémunération des artistes, un alliage savant entre les sources de revenus traditionnels et les Creative Commons afin de permettre à la création à la fois d'être rémunératrice pour les auteurs et à la fois de permettre échanges, brassage et mix créatifs qui font une culture vivante tout en préservant le droit d'auteur. On voit bien que les auteurs du site ont cogité sévère pour répondre aux préoccupations de notre époque, et la pertinence de leur proposition nous laisse sur nos fondements. Le concept central est celui de la combinaison de différents types de financements et de la jauge à paliers qui libère petit à petit l'usage non commercial de l'œuvre, tout en s'appuyant sur la valeur de promotion qu'offre l'échange et le partage non commercial sur le réseau : on est bien là devant un de ces modèles hybrides dont parle Lawrence Lessig. On est plus sur un marché de la copie mais sur un marché de l'accès et de l'usage. Pour plus de précisions et pour poser des questions le mieux est d'aller explorer leur site https://yooook.net, et notamment la page d'exemple qui sera plus parlante et concrète.

On souhaite bonne chance aux vaillants iconoclastes de Yooook !

Yooooki tralalala, si j'ose dire…

Annexes

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Commentaires

1. Le dimanche, septembre 13 2009, 16:23 par Green_Camo

j'adore comment il répète être un grand défenseur du copyright, ils ont trouvé leur Nicolas Hulot xD

sinon je trouve très bien qu'il parle des usages (le passage sur les "remix"), même si pour moi (20 balais récemment, donc déjà un peu "vieux" pour ça, faut faire l'effort d'aller chercher chaque petite dernière trouvaille) ce qu'il décrit c'est déjà très vieux, ça date de 2005 au moins, maintenant ça va bien plus loin, chaque semaine on découvre quelque chose d'encore plus délirant, qui dépasse les limites que l'on s'étaient tous farbiqués, on ne parle même plus de remix, la culture du web a acquis son indépendance, quelqu'un d'extérieur croirait à une autre langue, la notion de "créateur" originel (OP) n'a vraiment plus du tout le même signification, la notion de partage, de droit, est à à mille lieues du copyright, pour preuve ce mouvement se retrouve être guidé par les "tarés" de l'Anonyme, une sorte d'univers où l'identité importe le moins, le partage et la communauté est bien plus important, et cela sans aucune règle ou force, aucun lieu ni site ne "détient" cette "chose", c'est un état d'esprit, un zeitgeist volatile que l'on retrouve ici et là, qui se crée ici et là.

Par exemple, on a créé nos propres morceaux, références culturelles sur un chatroom créé au départ pour protester contre une décision commerciale d'un développeur de jeu-vidéo. Ca s'est fait en une semaine, entre 10 personnes totalement inconnues. On ne sait rien des autres pour la plupart. Pas besoin qu'ils soient riches ou pauvres, occidentaux ou pakistanais, artistes ou "amateur", on savoure chaque chose partagée.

Personne n'est venu proclamer la parenté, personne ne vendra des CD ou des compiles de ça, n'importe qui rejoint l'endroit participe à la légende ; fait par les internautes, pour les internautes, entre internautes ; et c'est resté assez minuscule pour ne pas sortir en tshirt à la che guevara pour les retardataires voulant surfer sur la vague hype suivant la mort de l'évènement. Car les requins commerciaux courent après n'importe quelle source potentielle de profit, il faut courir vite.

La culture vit très bien sans le copyright, et le fait qu'ils restent accrochés à ce dernier nous laisse encore plus le temps de nous libérer de leur emprise.

Grâce à cela, on peut écouter, voir et parler de choses qui n'ont aucune existence juridique, que personne n'a jamais entendu parler en dehors des gens qui l'ont compris, et l'on peut disparaître et réapparaître à volonté, la culture ne s'éradique pas.

Du moins tant qu'Internet est libre, ça risque d'être plus dur mais faisable lorsqu'ils contrôleront toutes les données...

2. Le lundi, septembre 14 2009, 16:20 par Camille Harang

question triviale : pourquoi quatre "o" dans "yooook" ?

Voilà pourquoi ! https://yooook.net/site/faq/

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