Ciné Western

Depuis 2011, Utopia a conclu un partenariat avec le Lycée Bayard. L’idée est de proposer trois films sur lesquels les élèves volontaires sont amenés à rédiger des critiques, d’analyser de plans…etc. Cette année, le western est à l’honneur avec trois films marquants de l’histoire du cinéma et du genre auquel ils se rapportent : La chevauchée fantastique de John Ford, il était une fois dans l’ouest de Sergio Leone et Pat Garrett and Billy the kid de Sam Peckinpah. Vous l’aurez compris ce projet a une double visée : à la fois ludique et culturel mais surtout pédagogique. En effet, le défi est de confronter les élèves à l’écriture et aux difficultés qu’elle implique (organisation des idées, grammaire, syntaxe, orthographe, etc.).

Vous trouverez ci dessous les trois critiques et en annexe un carnet du spectateur dévoilant le magnifique travail accompli par les lycéens. N’hésitez surtout pas à laisser des commentaires car les élèves et leurs professeurs sont en attente de retours.

CRITIQUES

                                           La Chevauchée fantastique


chevauchée fantastique

               A Tonto, Arizona, des passagers prennent place dans la diligence de Buck à destination de Lordsburg, Nouveau-Mexique. L’Ouest est au grand complet : le banquier véreux, le joueur professionnel, le médecin alcoolique, l’épouse enceinte, le bandit au grand cœur, le shérif inflexible, la fille de joie et le cocher sympathique que personne n’écoute.
               Tous ces personnages font le difficile apprentissage de la cohabitation dans l’espace confiné de la diligence. Les embûches qui jalonnent le trajet vont peu à peu faire apparaître la vraie personnalité de chacun, révélant le bon côté des uns et le mauvais des autres.
La diligence traverse dans une atmosphère de plus en plus tendue le décor grandiose de Monument Valley tandis que plane la menace des apaches de Geronimo. C’est alors qu’intervient le moment d’anthologie du film : l’attaque du convoi par les Indiens. Cinq minutes de grand spectacle, de course-poursuite à vitesse réelle avec des cascades spectaculaires sur fond d’espace à perte de vue. Le mythe prend forme et se fait un nom : Wayne, John Wayne.
                                                                                                                                                                                                                                      Pauline Thévenot

                                          Il était une fois dans l’Ouest


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Sergio Leone filme d’immenses espaces vides, arides, poussiéreux comme on peut les retrouver dans de bons vieux westerns. Les bâtiments en bois, les foulards, les cache-poussières, les bottes, les éperons, la sueur, tous les ingrédients sont réunis pour nous plonger dans près de trois heures de voyage dans l’Ouest. Mais l’amour, la paix, l’espoir ne sont pas au rendez-vous.

Les personnages échangent de longs regards où transparaissent le doute et la méfiance, reflets d’un monde où règne la loi du plus fort, du plus malin, du plus rapide. Les émotions passent par les regards. Les visages filmés en gros plans semblent figés dans un bloc de glace. Les personnages se scrutent, concentrés, à l’affût de la moindre expression, du moindre mouvement qui pourrait trahir une pensée ou une intention.

Frank, tueur rattrapé par son passé, et Harmonica, cow-boy énigmatique, s’avancent l’un vers l’autre pour s’affronter dans un duel avec un sang froid déconcertant. Leur face-à-face commence par des regards intenses, illuminés par les yeux bleus de Henry Fonda. Et la scène dure, à l’image de l’ensemble du film. Le réalisateur prend soin d’étirer le temps en ralentissant le rythme et l’action. C’est que Leone filme l’avancée d’un train qui joindra bientôt l’Atlantique au Pacifique. Cette jonction annonce la fin d’un monde, l’Ouest des cow-boys de jadis, et la naissance d’une Amérique tournée vers l’avenir.

Fayçal Benmouffok

                                             Pat Garrett et Billy the Kid


Pat Garret

Pat Garrett et Billy the Kid se place loin du western convenu, retraçant le destin particulier d’individus, à grands coups de révolver et de chevauchées sauvages, sur fond de grande histoire de l’Ouest. Le western testamentaire de Sam Peckinpah va plus loin en intégrant une forte dimension poétique. Oscillant entre clair et obscur, le film alterne avec brio les plans crépusculaires de Fort Summer et les scènes de duel sanglant.

La bande originale, signée Bob Dylan, contribue fortement à créer une ambiance mélancolique. En témoigne l’agonie du shérif Baker (Slim Pickens) accompagnée du célèbre Knockin’ on Heaven’s Door devenu culte. Citons également « Billy », le thème principal du film, qui colle merveilleusement bien à la tonalité du film. Bob Dylan, qui joue le rôle d’Alias, signe une bande son magique très folk, inhabituelle dans un western.

Dans une ambiance tendue, la poursuite de Pat et Billy prend des airs de guerre fratricide. Les différents protagonistes se connaissent tous : hors-la-loi, shérifs et grands éleveurs franchissent sans scrupule les frontières. Chacun tente d’avoir un temps d’avance sur l’autre, les duels s’enchaînent à un rythme effréné, entrecoupés de scènes plus apaisées.

James Coburn incarne un Pat Garrett des plus sombres, avec une apparence spectrale, tout de noir vêtu, tel un croque-mort. Son personnage ne cesse de glisser vers sa propre fin en poursuivant son ami. Il ne sortira pas indemne de cette chasse à l’homme. Preuve en est la scène du miroir brisé…

A l’inverse, Kris Kristofferson joue un Billy the Kid souriant, lumineux, épris de liberté, faisant fi des lois, agissant comme bon lui semble. Il campe un personnage imprévisible, menaçant parfois mais arborant une mine juvénile, évoluant tout en désinvolture et insolence.

Sam Peckinpah nous livre sa version du western, tout à la fois poétique et crépusculaire, brutale et violente, sensible et désenchantée, magnifiée par les mélodies de Dylan. A découvrir ou à redécouvrir.

Julian Richart

Nous remercions tous les élèves participants : Beffara Laura, Benmouffok Fayçal
Besson Steve, Bouyahia Hamid, Castella Anthony, Couder Benjamin, Flous Axel
Ghazouani Hichem, Hivet Alexandre, Ledieu Laura, Lycir Gérald, Richart Julian
Ségala Vincent, Thévenot Pauline et Zeroual Omar  pour leur curiosité, leur générosité et leurs efforts ainsi que leurs professeurs : Sylvie Biscaro, Christelle Heurlier, Christian Soulard et Laurent Pujol pour leur patience, leur abnégation et leur confiance.

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