Fratelli d'Italia !... Journal de bord d'Utopia Borderouge et Tournefeuille 1

À l’heure où je commençais ce texte, c’était pour l’édito… il y a une dizaines de jours… on préparait la nouvelle gazette et trois fois par jour la Fédération des cinémas nous communiquait les nouvelles du petit monde du cinéma : il y avait panique à bord, l’un après l’autre, les distributeurs différaient la sortie de leur film, certains espéraient tenir coûte que coûte, on envisageait un fonctionnement restreint, les réunions de crise se succédaient… On imagine la catastrophe pour un distributeur indépendant, dont l’existence peut être remise en question à chaque sortie de film… on avançait, mais on commençait à se demander si notre imprimeur allait pouvoir nous livrer la gazette… vous connaissez la suite… Les italiens récemment confinés chez eux inventaient une formidable façon de ne pas se laisser aller au pessimisme et pour la première fois, se donnaient rendez vous : à leur fenêtre, à leur balcon tous se sont mis à chanter « Fratelli d’Italia »… et ont continué depuis : et tant pis pour ceux qui chantent mal, qui chantent faux, qui couinent qui coassent, accompagnent en tapant sur une casserole, jouent du flutiau, du pipeau… Tutti a casa, certes ! Mais pas vraiment séparés : continuer à vivre, à faire collectif, à ne pas se laisser dévorer par l’inquiétude, ne pas se laisser gagner par la parano, la peur de l’autre… rester solidaires ! C’était un joli symbole, émouvant comme un film de Comencini ou de Capra (dont on se souviendra ici qu’il est d’origine italienne). Depuis, les choses se sont précipitées la situation se tend chaque jour davantage, nous voilà aussi confinés et, passé le premier moment à déblayer l’administratif, vous nous manquez, le cinéma nous manque… Patrick, le fantôme d’Utopia Bordeaux vous raconte très bien ce que nous éprouvons en parcourant les Utopia sans vous… L’équipe de Bordeaux a lancé l’idée d’un Quiz auquel vous pouvez tout à fait participer, avec des extraits de films…

Ici une fois réglé les premiers problèmes, on réfléchit à comment garder avec vous ce lien qui nous est cher, et comment vous faire participer… histoire de savoir si vous pensez à nous, si Utopia vous manque aussi. Le site d’Utopia pourrait devenir un lieu de rassemblement, d’échanges virtuels. Vous pouvez nous écrire, nous faire des suggestions, nous raconter ce qu’il vous plaira, qu’on sache comment vous allez, ce que vous faites, les films que vous aimeriez qu’on programme à nouveau, ceux qui vous ont ému, fait rire, Envoyez votre prose! Et on essaiera de les ajouter dans le blog des profondeurs, ou dans une rubrique créée pour l’occase : felicite.films@cinemas-utopia.org.

Utopia veille, Utopia en veille…

Vu du ciel il apparaît qu’à quelque chose malheur est bon puisque le nuage de pollution qui surplombait la Chine et le Nord de l’Italie est passé du gris sombre opaque au bleu transparent : moins de circulations, moins de voyages, moins de croisières, moins d’industrie… pour peu qu’on fasse l’effort de moins de gaspillage et d’un meilleur recyclage, cette crise désespérante pourrait devenir le coup d’envoi d’une remise en question de nos modes de vie et de consommation et donc d’un nouvel espoir pour la planète… ne nous trompons pas : ce coup de semonce qui nous secoue n’est qu’un avertissement qui annonce plein d’autres calamités qui nous pendent au nez… sauf à changer radicalement de paradigme… Lisez donc l’excellent article du numéro de mars du Monde Diplomatique D’où viennent les coronavirus ? Contre les pandémies : l’écologie.

« On arrête tout, on réfléchit »…

Le mot d’ordre lancé par Gébé en 1971 est plus que jamais d’actualité. L’An 01 c’était une bande dessinée puis un film qu’on vous a re-programmé il n’y a pas si longtemps…. ce monde n’en peut plus et il va bien falloir qu’on s’y mette, cette fois contraints et forcés, à tout faire pour le changer… réfléchir surtout ! Réfléchir à plein neurones et arrêter de déconner à gober n’importe quelle nouvelle bidon, à rejeter toujours la faute sur ceux qui « gouvernent » comme s’ils étaient cause de tout et pouvaient tout, comme si chacun de nous n’y était pas un peu pour quelque chose… Cette pandémie vient nous filer une grande claque dans la gueule : on a foncé comme des malades sur les rails de l’obsolescence programmée, de la consommation à tout berzingue, accumulant les choses inutiles, bouffant sans se poser de question… embringués par le baratin des médias et de la pub, qui nous faisaient rêver d’opulence sans fin, nous vendaient la jeunesse, la beauté lisse, l’éternité… mais non ! On est fragiles et le temps nous est compté. Si certains continuent à attiser les petites querelles idiotes qui nous ratatinent le mental au lieu de se pencher sur les vrais problèmes, beaucoup de voix posent plus franchement les questions fondamentales que cette crise met en pleine lumière… puissions nous les écouter, apprendre à distinguer parmi le vacarme médiatique l ‘essentiel du dérisoire… On arrête tout, on réfléchit… Depuis le temps qu’on cause de refaire le monde… peut-être que c’est l’occasion de s’y mettre ! Personne ne le refera pour nous et encore moins, sans nous…

Les contes du murier…

Pour commencer, on propose pour les gamins une chose à laquelle on pense depuis un moment : Il y a tout contre Utopia Borderouge un magnifique murier aux branches noueuses qui nous a causé bien des inquiétudes pendant les travaux, mais qu’on a pu préserver. Dernier vestige d’un passé pas si lointain : il y a quelques poignées de dizaines d’années, à la place des immeubles et du béton, des fermiers travaillaient encore la terre, et les muriers abondaient depuis que Colbert et Louis XIV avaient subventionné la plantation massive de muriers pour que soit produite en France cette soie précieuse dont l’importation depuis la Chine et l’Italie… coûtait cher à l’État… la cause de cette mondialisation là était un savoir faire qui ne nous était pas acquis : transplanter cette industrie en France fut alors une économie! En commençant par Lyon, on continua dans le sud… beaucoup de paysans se convertirent à une activité qui ne nécessitait pas de gros investissement et était tout à fait rentable… Sacré murier ! il a dû en entendre des murmures d’amoureux débutants, des commérages de quartier tandis que les enfants, les vieux, les travailleurs aux mains pleines de terre… venaient s’abriter de la chaleur de l’été sous son ombre… À vos plumes les petits loups ! Profitant de l’isolement présent, imaginez toutes sortes d’histoires qu’on pourra dès maintenant publier en partie sur le site Utopia-cinemas.org… et quand le cinéma ré-ouvrira on pourra faire une lecture publique des meilleurs, à l’ombre du murier…

 

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