



NOUS CONTACTER
NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)
NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6,50€
ABONNEMENT : 48€ (10 places)
Séance de midi : 4€
La gazette à lire sur votre écran
Bonjour à vous
Plus bas, vous pouvez consulter la gazette actuelle et les gazettes précédentes (depuis 2008).
——-
Petite astuce : pour afficher la gazette en plein écran, il vous faut cliquer sur l’icône en bas à droite représentant un petit rectangle dans un plus grand recta...
AUGMENTATION DES TARIFS À PARTIR DU 15 MAI 2013
(la dernière fois c’était le 17 septembre 2008)Le tarif normal passe à 6,50 euros : + 8,3 %, l’équivalent de l’inflation sur les cinq dernières années. Le carnet d’abonnement passe à 48 euros : + 6,7 %. Il devient encore plus intéressant de s’abonner ! On ne touche pas au tarif de « la séance du...
VOUS EN ÊTES OÙ UTOPIA ? POUR TOUT SAVOIR... OU PRESQUE
Pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents : après avoir reçu de nombreuses plaintes concernant l’accès au cinéma et les difficultés de transport, nous vous avions demandé de répondre à une enquête, la question finale étant : si nous déménagions et nous recentrions dans le bassin de pop...
Le restaurant La Manutention a ouvert ses portes.
On y trouve des plats à
base de
légumes et fruits
de saison et des vins de
production locale et
bio, le
tout à des tarifs accessibles.
Un petit brunch le dimanche
où les
enfants sont
bienvenus, ils trouveront des
jeux pour passer le
temps
pendant que les parents se
régalent des préparations de
...
Veolia attaque Water makes money !
Le 14 février 2013 s’ouvre à Paris le procès en diffamation intenté par Veolia contre le film Water makes money qui osait parler en 2010 des pratiques des multinationales de l’eau. Sur le banc des accusés, l’association La mare aux canards qui a distribué le film en France, et Jean-Luc Touly, a...
Ursula MEIER - Suisse 2012 1h38mn - avec Léa Seydoux, Kacey Mottet Klein, Martin Compston, Gillian Anderson, Yann Tregouet, Jean François Stévenin... Scénario d'Ursula Meier, Antoine Jaccoud et Gilles Taurand. Ours d'Argent, Prix Spécial du Jury Festival de Berlin 2012.
On a découvert Ursula Meier en 2008 avec Home (avec Isabelle Huppert et Olivier Gourmet), fable sociale puissante et dérangeante. Avec L'Enfant d'en haut, elle creuse son sillon singulier avec une intelligence et une force d'expression encore accrues.
Simon, 12 ans, vit ou plutôt survit avec sa grande sœur Louise dans un immeuble impersonnel, au fond d'une vallée industrielle suisse. Louise semble avoir toutes les peines du monde à se stabiliser, quittant régulièrement avec fracas ses petits boulots, préférant se laisser embarquer par des garçons virils au volant de voitures rutilantes. Alors Simon se débrouille et cherche à s'élever, dans tous les sens du terme. Tout faire pour quitter ce marasme, et en attendant trouver de quoi vivre, parce que ce n'est pas avec ce que rapporte sa soeur que la marmite peut bouillir. Tous les jours Simon prend la télécabine. Qui mène au dessus des nuages, jusqu'à la station de sports d'hiver où les touristes cosmopolites et fortunés dépensent leur argent en toute insouciance. Il se fond dans la masse, avec son équipement de ski flambant neuf. Mais il n'est pas là pour skier. Il ne sait pas skier. Il n'est là que pour voler frénétiquement tout ce qu'il peut : skis, vêtements, accessoires qu'il revendra à moindre prix en bas, portefeuilles laissés dans les doudounes négligemment accrochées aux porte-manteaux, jusqu'aux sacs contenant les sandwiches des familles. Simon ne vole pas pour s'offrir playstation, écran plasma ou quoi que ce soit de superflu, il vole pour survivre pendant que les touristes friqués claquent plusieurs milliers d'euros en une semaine de vacances…
Avec une force peu commune, Ursula Meier ausculte la manière dont l'argent façonne et détruit les rapports humains. C'est ainsi que le jeune garçon se transforme à chaque fois qu'il change d'espace et d'altitude, troquant sa tenue d'en haut contre celle d'en bas et vice-versa, se donnant brièvement un personnage d'enfant gâté auprès d'une famille anglaise, jouant ce qu'il aurait pu être s'il avait eu la chance de « bien naître ». L'argent qui conditionne les rapports avec sa sœur, dont on constate vite qu'elle attend en permanence le fruit des rapines de Simon. Scène terrible où il tente de négocier un câlin contre quelques dizaines d'euros… car on en oublierait presque que le petit voleur est avant tout un enfant, qui a besoin de tendresse… Les relations entre Simon et Louise sont d'ailleurs très ambivalentes, et le film les restitue dans toute leur complexité, qu'on vous laisse découvrir. C'est le moment de dire que les deux acteurs sont magnifiques : le jeune Kacey Mottet Klein, gamin fragile mais incroyablement tenace, irréductible dans son instinct de vie, crève l'écran, et Léa Seydoux est au diapason, terriblement crédible en femme-enfant irresponsable mais tellement larguée qu'on ne peut pas lui en vouloir.
Ce qui est très beau aussi, c'est qu'au-delà du constat, assez terrible, il y a la solidarité sans faille des sans grade, autant en bas avec la bande des gamins qui se partagent une malheureuse butte enneigée pour faire de la luge, qu'en haut où Simon se lie d'amitié et de complicité délictueuse avec un jeune cuisinier saisonnier anglais. Et on découvre ce qu'on ne voit jamais au cinéma : les dessous des stations de sports d'hiver, les remises bétonnées où s'entassent les saisonniers, les arrière-cours où dégueulent les poubelles des restaurants chics.
Ursula Meier filme sous toutes les coutures, avec une lucidité, une acuité formidables, ces lieux voués à la détente et au plaisir de quelques uns. Depuis la période de Noël, festive sous ses lumières bleutées, jusqu'à la fin de saison, quand neige et hommes quittent la station et que le paysage se révèle. Nu, sans fard.
