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La gazette à lire sur votre écran
Bonjour à vous Plus bas, vous pouvez consulter la gazette actuelle et les gazettes précédentes (depuis 2008). ——- Petite astuce : pour afficher la gazette en plein écran, il vous faut cliquer sur l’icône en bas à droite représentant un petit rectangle dans un plus grand recta...

BAL-CONCERT SOUS LE MICOCOULIER Deuxième!
SAMEDI 8 JUIN À PARTIR DE 21H DANS LA COUR DE LA MANUTENTION C’était en 2008, en septembre, l’après-midi était pluvieuse et la soirée bien fraîche, on avait failli annuler… et finalement ce fut superbe ! Le premier bal Inouï devant Utopia avait marqué les esprits et certains nous en repar...

AUGMENTATION DES TARIFS À PARTIR DU 15 MAI 2013
(la dernière fois c’était le 17 septembre 2008)Le tarif normal passe à 6,50 euros : + 8,3 %, l’équivalent de l’inflation sur les cinq dernières années. Le carnet d’abonnement passe à 48 euros : + 6,7 %. Il devient encore plus intéressant de s’abonner ! On ne touche pas au tarif de « la séance du...

VOUS EN ÊTES OÙ UTOPIA ? POUR TOUT SAVOIR... OU PRESQUE
Pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents : après avoir reçu de nombreuses plaintes concernant l’accès au cinéma et les difficultés de transport, nous vous avions demandé de répondre à une enquête, la question finale étant : si nous déménagions et nous recentrions dans le bassin de pop...

Le restaurant La Manutention a ouvert ses portes.
On y trouve des plats à base de légumes et fruits de saison et des vins de production locale et bio, le tout à des tarifs accessibles. Un petit brunch le dimanche où les enfants sont bienvenus, ils trouveront des jeux pour passer le temps pendant que les parents se régalent des préparations de ...

SÉANCE LE JEUDI 7 JUIN À 20H30 : Suite à une erreur de planning, la rencontre avec le réalisateur Abdallah Badis est annulée (il devait être en même temps à Avignon et Montpellier).
La projection est par contre bien maintenue.
Avec nos excuses pour ce contretemps.

LE CHEMIN NOIR

Écrit et réalisé par Abdallah Badis - documentaire France 2012 1h18mn - avec Abdallah Badis, M'Hamed Dourgueni, Mohamed Yahiaoui, Monsieur Max... Musique d’Archie Shepp.

LE CHEMIN NOIRQuelque part entre le conte, la lettre et l'enquête intime, voici un film dont on sent, avant toute chose, qu'il ne ment pas. Le Chemin noir, auquel fait référence le titre, c'est celui que l'auteur emprunte pour relier l'homme qu'il est aujourd'hui, documentariste et acteur de cinéma, et l'enfant qu'il était hier.
Fils d'immigrés algériens, Abdallah Badis a été, comme son père, ouvrier dans les usines sidérurgiques de Lorraine, avant qu'une rencontre salutaire avec René Allio ne le conduise à changer de voie. Mais ce n'est pas sa vie de cinéaste qu'il évoque ici. L'homme apparaît pour la première fois à l'image alors qu'il est à la campagne, dans son jardin, et que la sonnerie du téléphone l'attire à l'intérieur. Au bout du fil, son père, depuis l'Algérie, évoque d'une voix triste, fatiguée, la distance qui les sépare, la vieillesse qui le gagne, les années qui n'en finissent pas de les éloigner.

C'est le point de départ, l'impulsion mélancolique qui jette le personnage sur la route, et va vite le conduire à en sortir. Une vieille 404 qui tombe en panne, et le voilà remorqué dans un sous-bois où il se retrouve entouré d'une petite communauté de vieux Maghrébins. Au chevet du moteur défaillant, ils se relayent pour le remettre en état de marche. Vestige du passé, cette jolie voiture bleu ciel, qui incarnait la noblesse de la classe ouvrière, ravive les souvenirs. Et avec ces vieux immigrés débarqués en France comme son père, dans les années 1950, un dialogue se noue, stimulé par le travail manuel et la dynamique du groupe. Le cinéaste l'enrichit d'images d'archives, de photos. Il filme des vestiges de l'époque (usines désaffectées, cimetière, transformations du paysage), entrecoupe son récit de petits interludes fictionnels qui plongent le film dans un ailleurs étrange, le monte avec une musique jazz composée par Archie Shepp.

Sans verser dans le misérabilisme ni dans le ressentiment, sans rien occulter non plus de la dureté, de la violence de ce qu'a vécu cette communauté d'ouvriers métallurgistes immigrés en Lorraine, l'auteur ravive sa mémoire en mettant en scène l'intranquillité qui l'habite. Cette intranquillité est le lot des déracinés, mais elle est aussi celui de quiconque reconnaît cette coupure irréparable si étrange entre un enfant qui a été, puis a cessé d'exister, et l'adulte dans lequel il s'est transformé. La beauté du film tient à la manière, poétique, qu'il a d'entrelarder l'intime et l'universel. En faisant résonner l'expérience individuelle de l'auteur avec celle des personnages qu'il rencontre, et en investissant le destin spécifique de cette communauté d'une portée bien plus universelle encore.

(Isabelle Regnier, Le Monde)

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