Loading
LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4€
Moins de 14 ans : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Ils viennent découvrir des films
Que nous les appellions migrants, immigrés, réfugiés… Qu’ils soient partis de chez eux pour des raisons économiques, de famine ou de guerre, raisons religieuses, orientation sexuelle… Ils ont fui l’âme abimée, espérant trouver un endroit où la vie serait possible. Ils sont jeunes et viennent de temp...

PÉTITION POUR QUE BEN RESTE EN FRANCE
Ben jeune ivoirien qui était hébergé par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) dans un hôtel à Avignon a reçu jeudi 19 octobre une Obligation de Quitter le Territoire Français et l’ASE a demandé une levée de placement. Ben peut donc se retrouver à la rue. Ben Diakite est né le 24/03/2000, il a un certifi...

LES LUMIÈRES DANS LA VILLE SUIT SON COURS(-MÉTRAGES) !
Pour reprendre un peu l’historique, Les Lumières de la ville, le projet initié par l’association 100 pour 1, Les Ateliers du court-métrage, le Collectif Inouï, Cinambule et Utopia suit son cours… L’idée du projet est de créer des filmsen une journée avec 6 jeunes contactés par l’association 10...

Solidarité avec Jean-Jacques Rue, collègue d’Utopia Saint-Ouen l’Aumône et ci-devant chroniqueur cinéma à Siné Mensuel, et son camarade poète et cinéaste franco-grec Yannis Youlountas.
Jean-Jacques Rue, c’est une figure d’Utopia : un nounours punk qui s’active dans les salles de Saint- Ouen l’Aumône. Chroniqueur cinéma à Siné Mensuel, vous l’avez peutêtre croisé à La Manutention en compagnie de Siné ou récemment avec Raoul Peck lors de l’avantpremière du film Le Jeune Karl Ma...

BNP-Paribas attaque en justice une militante d’Attac pour avoir dénoncé son évasion fiscale.
Une militante d’Attac devant la justice. Son tort ? avoir dénoncé l’évasion fiscale de BNP. Nicole Briend, militante d’Attac, est convoquée au tribunal de Carpentras le 6 février pour vol en réunion et refus de donner ses empreintes ADN. Elle a participé, avec une dizaine de personnes d’Attac, ...

Projection en avant-première le mercredi 15 mars à 14h suivie d’une rencontre avec le réalisateur Nicolas Silhol et la comédienne Céline Sallette . Places en vente à partir du 1er mars à Utopia Manutention. Le film sortira en France et à Utopia le 5 avril (sur cette Gazette donc).

CORPORATE

Nicolas SILHOL - France 2017 1h35mn - avec Céline Sallette, Lambert Wilson, Violaine Fumeau, Stéphane De Groodt, Alice de Lencquesaing... Scénario de Nicolas Silhol et Nicolas Fleureau.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CORPORATEElle est grande, élancée, élégante avec ses costards, ses talons, ses jolis chemisiers blancs dont elle n'arrête pas de changer, asséchant ses aisselles pour être toujours impeccable, chassant cette horrible odeur humaine qui pourrait altérer l'image qu'elle se donne de dure performante. Émilie est prête à tout pour grimper les échelons des responsabilités dans une entreprise qu'elle a dans la peau, ambitieuse et sans faille. Elle a un regard magnifique, qu'elle a réussi à dompter, ne laissant rien paraître de ses émotions, battante, terrible, glacée. C'est que, parmi les rouages qui activent cette grosse boite anonyme semblable à plein d'autres, où les dirigeants ne communiquent avec leurs cadres que par Skype, elle occupe un rôle prééminent d'encadrement du personnel, sous la houlette d'un DRH charmeur (Lambert Wilson) qui lui confie les missions délicates, flatte son côté « killeuse » de choc, lui jurant qu'elle est la meilleure, lui demandant toujours davantage.

Surtout pas de licenciement ! C'est la consigne : ici, on pousse celle ou celui dont on veut se débarrasser au découragement, on lui impose des mutations impossibles à accepter, des objectifs impossibles à atteindre, des consignes contradictoires. Connaître les points faibles, le détail de la vie privée qui permet de manœuvrer jusqu'à ce que la personne harcelée jette l'éponge et parte d'elle-même...

Dans des espaces déshumanisés de bureaux vitrés et d'open spaces clean résolument modernes, les salariés sont sur la défensive : être le meilleur, être au top, guetter l'intention cachée, deviner d'où vient le vent... Même les relations qui se tissent autour des espaces de pause ne parviennent pas à dissimuler l'angoisse chronique qui pousse chacun à surveiller l'autre de peur qu'il grignote votre place. Le DRH à la voix chaude pilote l'équipe d'encadrement, met la pression, laisse le sale boulot aux autres... et quand se profile une enquête suite au suicide d'un employé poussé à bout, Émilie réalise vite qu'elle risque de passer du rôle de première de la classe à celui de fusible, et que la direction et ses représentants n'auront aucun état d'âme à lui faire porter la responsabilité du problème pour éviter que l'entreprise ne soit éclaboussée, sans qu'aucun des salariés ne viennent à son aide tant elle s'est isolée... Dès lors, il n'y aura pas d'autre solution pour elle : si elle veut sauver sa peau, il va falloir qu'elle y mette les moyens, quitte à jouer sa « carrière », quitte à se montrer plus cynique que les cyniques qui l'ont mise dans cette impasse.

C'est mené comme un polar, une histoire pleine de suspense qui n'est pas sans faire penser à la série de suicides qui avait frappé France Télécom. « J'avais été particulièrement choqué par le cynisme du PDG d'alors, déclarant qu'il fallait mettre un terme à cette “mode de suicides”... comme si c'étaient ceux qui souffrent qui étaient responsables » dit Nicolas Silhol. La personnalité de l'inspectrice du travail qui mène son en- quête, mélange de dureté et d'empathie, colle bien avec son rôle et si elle est inflexible quant à l'application de la règle, elle est pour Émilie la perspective d'un autre choix possible, l'occasion de casser l'armure comme on dit. Si la ligne d'horizon d'Émilie est son intérêt personnel avant tout, sa rage d'être lâchée par ses supérieurs va lui donner l'énergie de renverser la vapeur avec la même détermination qu'elle mettait à accomplir son rôle de tueuse... Rien n'est si simple ici, et c'est bien pour cela que le film passionne : suspense pour suspense, la fiction est d'autant plus prenante qu'elle est solidement ancrée dans la réalité.