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Le blog des profondeurs...
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Aux enseignantes et enseignants de tous degrés.
   Dans le cadre du dispositif Collège et Cinéma, le mercredi 18 octobre sera la journée de prévisionnement des films. Cette journée, destinée prioritairement aux enseignants du dispositif, sera, cette année, ouverte à toutes et tous.Ainsi, ce mercredi vous pourrez voir à 9h00 l’Île de Black Mòr,...

LES LUMIÈRES DE LA VILLE : APPEL A CASTING !
   L’association 100 pour 1 et le cinéma Utopia, lance le projet Les Lumières de la ville : faire un film en une journée avec la participation de 6 jeunes migrants et 6 spectateurs d’Utopia. L’association 100 pour 1 Vaucluse et environ aide des familles sans papiers à se loger et les prend en cha...

Discrètement, la Région PACA met fin aux formations aux premiers savoirs des plus démunis.
En septembre seront célébrées partout en France les journées de lutte contre l’illettrisme ; occasion pour les acteurs de la formation et de l’insertion de mobiliser et de rappeler l’importance de ce phénomène persistant, véritablefléau pour le développement humain et économique de notre société...

Faites pousser une ferme près de chez vous et donnez du sens à votre épargne avec Terre de liens !
   Faites pousser une ferme près de chez vous et donnez du sens à votre épargne avec Terre de liens !La ferme des Gavottes à Plan d’Orgon (13) a besoin de votre soutien pour pérenniser son activité agricole ! terredeliens.org/les-gavottes. En prêtant de l’argent à la Foncière Terre de liens, vous...

AUGMENTATION DES TARIFS À PARTIR DU 18 OCTOBRE 2017
  (La dernière fois c’était le 15 mai 2013). Le plein tarif passe à 7 euros et le carnet d’abonnement à 50 euros pour 10 places ! Par contre, le tarif reste à 4 euros pour les séances avant 13h et pour les moins de 14 ans.Les étudiants devront débourser 5,50€ au lieu de 5€, sauf bien entendu s’il...

EMILY DICKINSON, A QUIET PASSION

Écrit et réalisé par Terence DAVIES - GB 2016 2h04mn VOSTF - avec Cynthia Nixon, Jennifer Ehle, Jodhi May, Keith Carradine, Catherine Bailey, Emma Bell...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

EMILY DICKINSON, A QUIET PASSIONIl est des films, trop rares, qui vous retournent l'âme dès le premier plan et ne vous la rendent que lorsque la lumière se rallume, vous laissant hébété, avec l'impression d'avoir vécu une expérience artistique bouleversante. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Il est des portraits filmés d’artistes qui parviennent à approcher, à travers leur réalisation même, le génie de l’auteur évoqué. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Tout le monde ne sera pas d’accord, mais on assume !
Revenons à cette première séquence qui fait tout décoller : un pensionnat de jeunes filles dans la Nouvelle Angleterre puritaine du milieu du XIXe siècle. C’est sans doute la fin de l’année, à l’heure des choix, et la directrice demande solennellement aux jeunes filles de réaffirmer leur foi. Toutes les pensionnaires s’exécutent, sauf une : elle proclame son droit de ne pas savoir, de douter. Un face-à-face s’engage qui se conclut par : « Mademoiselle Dickinson, vous serez seule dans votre rébellion ! » Cette scène résume le destin de celle qui sera reconnue – seulement à titre posthume – comme une des plus grandes poétesses américaines. Emily Dickinson restera jusqu’au bout un esprit libre, refusant de se conformer aux injonctions de la religiosité ambiante, pleinement consciente de la condition sociale inférieure qui lui est faite en tant que femme. Mais elle passera le plus clair de sa vie auprès de sa famille et gardera sa révolte pour elle, sans la transmettre au monde si ce n’est par ses poèmes ; de là la réputation un peu absurde qui lui fut accolée de poétesse dépressive, voire dérangée. Elle vivra de plus en plus recluse et à la fin de sa vie, elle ne s’adressera aux étrangers qu’à travers l’entrebâillement des portes.

Terence Davies restitue à Emily Dickinson toute sa complexité et fait d’elle, du moins dans la première partie de sa vie, un être doté d’un humour redoutable, capable avec sa sœur et meilleure amie, suffragette particulièrement impertinente et cynique, de balancer des vannes vachardes et autres répliques assassines. Donc, aussi étonnant que cela puisse paraître, le film de Terence Davies est aussi un film drôle, aux dialogues délicieusement ciselés et incisifs, par exemple quand les deux sœurs remettent à leur place leur tante idiote et bigote.
Le grand talent du réalisateur britannique est d’avoir réussi à intégrer à son récit les poèmes d’Emily Dickinson, faisant du film une œuvre poétique. Dès sa jeunesse, à peine le séminaire abandonné, Emily se levait chaque nuit pour écrire, avec l’espoir secret d’être un jour publiée. Ses interrogations bouleversantes, de plus en plus graves alors que l’âge avance, alors que la vie se fait cruelle, que ses proches disparaissent ou s’éloignent, rythment le récit. Et la mise en scène superbe de précision traduit bien le monde qui s’assombrit autour de la poétesse, avec cette scène inoubliable où l’on voit vieillir les protagonistes, ou ces inserts pour évoquer la guerre de Sécession, grande rupture dans la vie d’Emily Dickinson.
À travers les couleurs, la lumière, la musique, le film suit les états d’âme et de création de l’artiste : lumière douce pour toute la première partie, la jeune femme semble être un modèle de Vermeer ; couleurs sombres pour la fin du film, contrastant avec les robes blanches que l’héroïne choisit de porter à la mort de sa mère.