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LES LUMIÈRES DE LA VILLE, DES NOUVELLES DU PROJET.
Les Lumières de la ville, c’est ce projet qui nous tient à coeur, celui que nous développons patiemment avec la dévouée Marie-Hélène de 100 pour 1 et le non-moins dévoué Christophe pour l’aspect technique. Sans oublier nos complices de Cinambule et du Collectif Inouï. C’est donc la création d’une «&...

Séances bébé
   Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son po...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

Ils viennent découvrir des films
Que nous les appellions migrants, immigrés, réfugiés… Qu’ils soient partis de chez eux pour des raisons économiques, de famine ou de guerre, raisons religieuses, orientation sexuelle… Ils ont fui l’âme abimée, espérant trouver un endroit où la vie serait possible. Ils sont jeunes et viennent de temp...

PÉTITION POUR QUE BEN RESTE EN FRANCE
Ben jeune ivoirien qui était hébergé par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) dans un hôtel à Avignon a reçu jeudi 19 octobre une Obligation de Quitter le Territoire Français et l’ASE a demandé une levée de placement. Ben peut donc se retrouver à la rue. Ben Diakite est né le 24/03/2000, il a un certifi...

LE JOUR D’APRÈS

Écrit et réalisé par HONG Sangsoo - Corée du Sud 2017 1h32mn VOSTF - avec Kim Minhee, Haehyo Kwon... Festival de Cannes 2017 : Sélection officielle, en compétition.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE JOUR D’APRÈS21 films en 21 ans ! C’est la belle performance de Hong Sangsoo, cinéaste coréen qui ne cesse d’écumer les prix dans les festivals les plus prestigieux, de Cannes à Berlin en passant par Locarno, depuis 1996. Ecrivains, réalisateurs, artistes en mal d’amour sont les personnages auxquels ses films ont fini par nous habituer au cours de longues scènes de repas et de beuveries où les masques tombent toujours très vite. Car l’alcool – le soju ! – est le premier moteur de ce cinéma : Hong Sangsoo se plait à faire boire ses comédiens jusqu’à plus soif pour atteindre la vérité des sentiments : les hommes trahissent tantôt leur machisme tantôt leur lâcheté, les femmes laissent tour à tour exploser leur colère ou leur tristesse, le tout d’une manière incroyablement réaliste. Ses récits minimalistes en forme de contes moraux peuplés d’intrigues amoureuses lui ont d’ailleurs valu le surnom de « Rohmer coréen ». Mais Hong Sangsoo a également l’élégance d’un peintre
dans la composition très précise de ses plans ou dans l’usage du zoom qui lui permet de capter un changement d’attitude imperceptible chez un personnage. Chaque film (le cinéaste est capable de tourner et monter un nouvel opus en une semaine !) est une subtile variation du précédent et ne raconte au fond qu’une chose : comment les hommes et les femmes ont du mal à être ensemble.

Ainsi donc voici Le Jour d’après, sélectionné en compétition au 70e Festival de Cannes, qui est peut-être son chef-d’œuvre, du moins le grand film de la maturité. Soit l’histoire d’un éditeur, Bongwan, qui a trompé sa femme avec son employée avant que celle-ci ne le quitte et que n’arrive Areum, une nouvelle jeune et jolie femme, pour la remplacer. Le film se déroule sur une seule journée, qui correspond au premier jour de travail d’Areum, au cours de laquelle la lâcheté de Bongwan va provoquer les humiliations successives de chacune des femmes qui l’entourent. Quelques allers-retours temporels nous donneront progressivement des indices sur la liaison adultère qui a précédé.

Le Jour d’après est une grande comédie du désespoir, filmée dans un sublime noir et blanc, qui vous fera pleurer. Hong Sangsoo n’a peut-être jamais été si mélancolique. D’habitude, le ridicule des situations l’emporte et l’on accepte de rire des personnages comme on se moquerait de soi-même. Ici, la tristesse a gagné du terrain. Les petites bassesses et les trahisons ont ouvert des blessures qui auront du mal à se refermer. Ce qui n’est sans doute pas sans rapport avec la part autobiographique du récit. Sans doute aussi parce les disputes sont un peu moins arrosées qu’à l’accoutumée. Le ton est plus grave, plus sérieux. La honte qui paraissait autrefois légère, passagère, sans conséquence, est devenue un sentiment existentiel qui colle à la peau. Petit moment d’accalmie au cœur de la tempête, un simple déjeuner entre Areum (interprétée par la formidable Kim Minhee que vous avez découverte dans Mademoiselle) et Bongwan se transforme soudain en fable philosophique sur le sens de l’existence. Bongwan ne comprend pas pourquoi Areum demande s’il sait pour quoi il vit car, dit-il, la réalité ne fait que glisser entre les mots : ce qui se dit est toujours faux, on ne fait que se mentir à soi-même. Areum lui rétorque que seule la fidélité à une croyance (et partant, on la voit venir, la fidélité dans l’amour !), peu importe cette croyance, et qu’importe la réalité, permet à chacun d’être heureux. Ou comment Hong Sangsoo excelle à rabattre les grands problèmes existentiels sur de simples questions libidinales. Que vous aimiez ou pas vous saouler au soju, venez trinquer !

Julien Rejl