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Le blog des profondeurs...
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LES LUMIÈRES DE LA VILLE, DES NOUVELLES DU PROJET.
Les Lumières de la ville, c’est ce projet qui nous tient à coeur, celui que nous développons patiemment avec la dévouée Marie-Hélène de 100 pour 1 et le non-moins dévoué Christophe pour l’aspect technique. Sans oublier nos complices de Cinambule et du Collectif Inouï. C’est donc la création d’une «&...

Séances bébé
   Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son po...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

Ils viennent découvrir des films
Que nous les appellions migrants, immigrés, réfugiés… Qu’ils soient partis de chez eux pour des raisons économiques, de famine ou de guerre, raisons religieuses, orientation sexuelle… Ils ont fui l’âme abimée, espérant trouver un endroit où la vie serait possible. Ils sont jeunes et viennent de temp...

PÉTITION POUR QUE BEN RESTE EN FRANCE
Ben jeune ivoirien qui était hébergé par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) dans un hôtel à Avignon a reçu jeudi 19 octobre une Obligation de Quitter le Territoire Français et l’ASE a demandé une levée de placement. Ben peut donc se retrouver à la rue. Ben Diakite est né le 24/03/2000, il a un certifi...

AVANT LA FIN DE L'ÉTÉ

Écrit et réalisé par Maryam GOORMAGHTIGH - France/Iran 2017 1h20 VOSTF - avec, dans leurs propres rôles, Arash, Hossein, Askhan, Charlotte, Michèle...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

AVANT LA FIN DE L'ÉTÉUn film comme une virée en stop sur la route des vacances, un road-movie solaire et nonchalant aux côtés d'un trio épatant de naturel et de sincérité, une épopée ordinaire et fraternelle qui distille une poésie discrète et une chaleur humaine réconfortante.
Ils sont trois amis iraniens trentenaires, exilés et installés en France depuis quelques années… Le film s’ouvre sur la silhouette imposante de l’un d’eux, qui a décidé de rentrer au pays dans quelques jours après plusieurs années d’étude. Sa décision est prise : Paris, c’est fini. Trop difficile de s'y faire une place, d'y nouer des relations qui dépassent le bonjour-bonsoir.


Autour de lui s’agitent ses deux complices… qui entreprennent de le convaincre de faire avec eux une ultime virée sur les routes de ce pays qui les a accueillis : allez, une petite ballade d'une semaine jusqu'à la mer, histoire de n’avoir rien à regretter, histoire de vivre ensemble une dernière parenthèse.
Les voilà donc partis sur les routes de la campagne française : ses villages, ses platanes, ses ronds points… filmés avec un tendre détachement, entre le regard sociologique et l’œil de l’étranger, souvent amusé, parfois conquis ou perplexe.
Dans l’auto, nos pieds nickelés conversent sur un même ton du paysage qui défile (« On est au cœur de la France profonde, là. C’est pas mal en fait… »), de l’amour, du pays, de l’amour du pays, de la société française : en négatif, ses rapports sociaux pas faciles ; en positif, le rayon alcools de ses supermarchés… On parle de liberté, d’amitié, de ce service militaire qui pourrit la vie des Iraniens, qui a conduit Arash, pour y échapper, à devenir volontairement obèse, et Hossein, le beau gosse du trio, à s’exiler en France avant d’être contraint de porter l’uniforme.
Quand ils arrêtent l’auto, sur la place d’un village, dans un camping, au bord d’un lac ou au milieu d'un champ, ils poursuivent tranquillement leur conversation. Parfois même, quand l’ambiance est propice, l’un déclame un poème, l’autre fredonne une chanson traditionnelle pendant que le troisième allume le barbecue. Puis on repart, on embarque deux voyageuses à baluchon et guitare au passage, on improvise pour les séduire une performance sur l’évolution de la mode du port du voile en Iran, on débriefe les échecs, on s’arrête à nouveau, on refait la sieste, on se passe de la crème dans le dos et puis on reprend la route.

Filmé avec une étonnante sensualité, dans un halo de lumière qui semble parfois irréel, Avant la fin de l’été est un objet curieux qui ne se laisse pas attraper ni enfermer facilement. Et quand, au détour d’un plan, on se retrouve plongé dans l’ocre et la poussière des montagnes d’Iran, on se dit que ce film, sans en avoir l’air, ne parle que de cela : de la terre maternelle que l’on a quittée et dont le souvenir vous hante, de l’exil et de la si fragile intégration de ceux qui sont partis. Mais, plus touchant encore, c’est un film qui dit avec humour et tendresse l’indispensable fraternité qui unit, avec ou sans langue commune, et qui aide à traverser en douceur l’été aussi bien que la vie. Une image splendide et une très belle bande-son servent à merveille ce film qui fleure bon la liberté dans un écrin très oriental : modeste en façade, riche à l’intérieur.