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Appel du 18 septembre ROCK SANS PAPIERS : DIRE NON !
Appel du 18 septembre ROCK SANS PAPIERS : DIRE NON ! aux horreurs qui sont le quotidien de la politique menée contre les étrangers par Besson et Sarkozy. Avec les artistes, syndicats et organisations s’engagent : RESF, LDH, Cimade, Autre Monde, CFDT, FSU, CGT, Solidaires, UNSA. Nous, artistes, ...

L'AFFAIRE UTOPIA
Quelle affaire ! Utopia à Toulouse, annule la sortie nationale d'un film réalisé par un israélien pour le remplacer par un film réalisé par une israélienne, en signe de protestation contre l'attaque brutale de l'armée israélienne contre les bateaux de la « Flotille de la liberté »… et, à n...

POLÉMIQUE ET DROIT DE RÉPONSE - L’épouvantail des tyrans (*)
Ce texte fait suite à un débat soulevé par un billet  de Sud Culture dénonçant les conséquences perverses du désengagement de l’État dans les financements de la culture textes plus bas dans cette même page). On peut le résumer ainsi : la logique de survie imposée à des structures comme par exem...

Les salles indépendantes seront-elles les « dindons de la farce » numérique ?
Plaidoyer pour une diversité culturelle et un cinéma numérique durables L'exploitation cinématographique est à l'aube de changements technologiques propres à bouleverser l'équilibre de la profession, mettant en péril un nombre important de salles du parc français, et par là même la diversité cul...

Familles en danger !
La Convention Internationale des droits de l’enfant demande aux états signataires d’agir en fonction de l’intérêt supérieur de l’enfant. Pourtant, dans notre pays, plusieurs pères sont en danger d’expulsion et de nombreuses familles risquent ainsi d’être brisées, au mépris des conventions intern...

LUNDI 24 NOVEMBRE À 20H, RENCONTRE CINÉ-PHILO AVEC BERNARD PROUST, PHILOSOPHE ET JEAN-FRANÇOIS MATIGNON

PREMIÈRES NEIGES

(SNIJEG) Aida BEIGIC - Bosnie 2008 1h39mn VOSTF - avec Zana Marjanovic, Jasna Ornela Bery, Sadzida Setic, Vesna Masic... Scénario d'Aida Begic et Elma Tataragic.

PREMIÈRES NEIGESImaginez un gentil hameau niché à flanc de montagne, dans un trou de verdure.
Citadins accablés de stress et de pollution, sans doute se dit-on, au spectacle de ces images bucoliques, que dans ce petit paradis doit régner d’autant plus l’harmonie et la douceur de vivre que la gent masculine semble y avoir été rayée des registres au profit d’une représentation exclusivement féminine.
Mais la beauté du site et son calme trompeur cachent un terrible drame. Ces femmes n’ont pas choisi de vivre seulement entre femmes, leurs hommes étaient bien là, jeunes et solides, mais ils ne reviendront plus au village, car nous sommes à Clavno en Bosnie, où la guerre d’épuration ethnique menée par l’armée Serbe Tchetnik a intentionnellement tué les hommes pour ruiner la région et forcer les femmes à partir, incapables qu’elles seraient, selon la tradition patriarcale, de gagner leur vie sans les mâles.

Il faut dire que Clavno, sous ses airs de paradis terrestre, n’est pas précisément un patelin que l’on pourrait conseiller aux retraités et à ceux qui souffrent de rhumatismes. Les premières neiges, en effet, annoncent un isolement total de plusieurs mois et il faut donc, comme les écureuils, faire des provisions dans cette véritable annexe du grand nord. Pas facile à vivre donc pour notre communauté de femmes, qui font double travail depuis la disparition des hommes. Entretenir des jardins potagers pentus comme le mont Everest, poinçonner les petits carrés de céréales à la faucille, nourrir les bêtes et s’activer le soir venu autour de grands chaudrons, pour préparer les conserves pour elles-mêmes et pour d’hypothétiques clients qui ramèneraient à la petite communauté les trois sous nécessaires aux échanges courants. Et là, problème ! Si la simple vision des produits maison, joliment alignés dans les armoires, serait capable de donner de l’appétit au plus chipoteux des gourmets, comment faire savoir que l’on mijote des choses aussi goûteuses dans un bled aussi paumé ? Il y a bien sûr, pour la promotion des produits, cette table joliment dressée avec ses bocaux colorés au bord d’une route qui ne mène nulle part ; mais il y a surtout cette attente inquiète et démoralisante d’un client éventuel.
Sauf qu’un jour, alors que les premières neiges menacent, éclate un coup du sort, faussement malheureux. Le seul homme survivant à des kilomètres à la ronde trouve le moyen de rater son virage et d’envoyer au diable table et bocaux. La fermière étant bien mignonne et le chauffeur maladroit se trouvant très confus, l’incident a vite fait de se transformer en proposition commerciale inespérée : vous fabriquez, je transporte à la ville et je vends. Assurée, enfin, de la demande, la petite communauté se met à rêver de châteaux en Espagne et développe l’offre dans la fébrilité et la bonne humeur. Alors que le messie, porteur de la demande et de tous les espoirs, se fait attendre, deux hommes d’affaire, portés par un vent de plus en plus mauvais, viennent un beau matin frapper aux portes des villageoises pour proposer de racheter maisons, veaux, vaches, cochons et habitantes contre une forte somme d’argent…

Doit-on accepter une offre qui permet de conforter l’aspect matériel de sa vie, tout en sachant que l’on y perdra son âme? Ou doit-on vivre ses propres rêves, tout en sachant qu’ils pourraient devenir cauchemardesques. Comment garder son identité dans le monde matérialiste et cruel dans lequel nous vivons ? Autant de questions cruciales auxquelles ce beau film chaleureux répond avec délicatesse et subtilité.