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LETTRE OUVERTE AUX LECTEURS FIDÈLES DE LA GAZETTE !
Votre regard a dû souvent glisser sur le petit bonhomme penché sur un enfant : Le logo, symbole de l’association UN POUR UN qui fête ses 20 ANS cette année ! UN POUR UN : C’est un adulte qui va aider un enfant « primo-arri- vant»(C.P.C.E.1),quelquesheures par semaine, durant l’anné...

Samedi 16 décembre au soir, la terre tremblera de peur... Les gargouilles, coutumières de l’événement sortiront de leur torpeur.
 Sous la chaleur horrifique d’un mois d’août pas comme les autres, après une longue nuit de transe et tandis que la Lune frôlait Régulus Alpha Léonis pour réaliser une éclipse solaire des plus inquiétante, le Dr F., alors qu’il voulait trouver la paix intérieure et se réconcilier avec ses ...

Les Lumières dans la ville
Ce projet, initié par l’association 100 pour 1, Christophe Lebon des Ateliers du court-métrage, le Collectif Inouï, Cinambule et Utopia suit son cours. L’idée du projet est d’écrire et réaliser un court-métrage muet en une journée, avec 6 jeunes contacté par l’association 100 pour 1 et six ...

Aux enseignantes et enseignants de tous degrés.
   Dans le cadre du dispositif Collège et Cinéma, le mercredi 18 octobre sera la journée de prévisionnement des films. Cette journée, destinée prioritairement aux enseignants du dispositif, sera, cette année, ouverte à toutes et tous.Ainsi, ce mercredi vous pourrez voir à 9h00 l’Île de Black Mòr,...

Discrètement, la Région PACA met fin aux formations aux premiers savoirs des plus démunis.
En septembre seront célébrées partout en France les journées de lutte contre l’illettrisme ; occasion pour les acteurs de la formation et de l’insertion de mobiliser et de rappeler l’importance de ce phénomène persistant, véritablefléau pour le développement humain et économique de notre société...

LES FILLES D’AVRIL

Écrit et réalisé par Michel FRANCO - Mexique 2017 1h43 VOSTF - avec Emma Suárez, Ana Valeria Becerril, Enrique Arrizon, Joanna Larequi, Hernán Mendoza... Prix du Jury Un Certain Regard, Festival de Cannes 2017.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES FILLES D’AVRILDans la cuisine d'une maisonnette toute simple au bord de la mer, une jeune femme occupe mollement ses mains en cuisinant vaguement. L'air atone, un peu balourde dans un corps dont elle n'a pas l'air de prendre grand soin, Clara fait mine, comme blasée, de ne pas entendre les gémissements qui proviennent de la chambre d'à côté. On se doutera que c'est une scène familière, des ébats amoureux récurrents qui s'achèvent invariablement en orgasmes désinhibés. La donzelle qui la rejoint, dans son plus simple apparat, juste après s'être fait « sucer la friandise, bricoler la cliquette, gauler la mignardise, explorer le minou… » ne semble nullement incommodée par sa présence. Elle se balade sans complexe, le nombril à l'air d'autant plus saillant qu'elle est enceinte jusqu'aux yeux !



Valeria est joliment gaulée du haut de ses dix sept ans. On comprendra sous peu qu'elle est la sœur de Clara et on ne cessera de s'étonner qu'elles soient si dissemblables. La cadette ouverte à tous vents, épanouie dans son corps, l'aînée comme recroquevillée, perpétuellement mal à l'aise : deux antithèses morales pourtant issues de la même mère, Avril.
Cette dernière, on ne la voit tout d'abord pas, elle ne vit plus au Mexique et Valeria lui a délibérément caché son état, sans doute pour ne pas subir de pressions. Le mouflet qu'elle porte en elle, le fruit de son amour pour Mateo, même s'ils sont tout jeunots et inexpérimentés, ils ont bien envie de le garder et de l'assumer. Avril accueillera pourtant la nouvelle avec une ouverture d’esprit admirable, prête à endosser le rôle d’aïeule moderne, libérale, prévenante, faisant tout pour amadouer le jeune père et sa famille.

La vie pourrait être parfaite, Avril suppléant aux manques des deux trop jeunes parents, aimants mais malhabiles, se refaisant une virginité auprès de la petite chose toute neuve qui nait et que l'on nomme Karen. Les premiers jours après la mise au monde filent ainsi, sans trop d'embûches. Mais insidieusement un glissement s'opère, Avril outrepasse progressivement son statut de grand-mère, flirte avec les limites… Belle malgré les ans qui passent, séductrice, aguicheuse, Avril n’est pas du style à se refuser grand chose : ni un beau rôle, ni un mâle qui passe à sa portée. Elle n’a pas froid aux yeux et l’histoire va basculer de manière toujours plus dérangeante, inquiétante à glacer les sangs…

Mais ne croyez pas qu'Avril (brillamment interprétée par la sublime Emma Suarez) soit une âme toute noire puisqu'elle n'est pas toute blanche. Michel Franco est le cinéaste des zones grises, des zones d'ombre dans lesquelles grouillent des pensées inavouables. C'est ce qui fait tout le piquant de ce film non conventionnel, hors normes, tout comme le sont chacun de ses personnages, changeants, complexes. Chacun a ses côtés lumineux qui font qu'on s'y attache, ainsi que ses côtés ténébreux qui nous les font craindre ou haïr. On se demande constamment jusqu'où ils iront, tenus en haleine de bout en bout par cette plongée dans une atmosphère oppressante et torride.