LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4€
Moins de 14 ans : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Rendez-vous des Amis de l’Huma : REVENONS AUX REVENANTS
Pasolini, Mandela et Bollène, rien à voir ? Si, les trois films qui ont ces mots dans leurs titres ont quelque chose à voir : le retour.   Les trois films valent avant tout par leur beauté, leur force. Se torno (Si je reviens), Ernest Pignon Ernest et la figure de Pasolini. Er...

Le cinéma Utopia à Avignon de 1976 à 1994 une histoire de militantisme culturel et politique
Un livre de Michaël Bourgatte aux éditions Warm   « France, années 70. Anne-Marie Faucon, Michel Malacarnet et leurs compagnons de route inventent à Avignon un lieu atypique et pionnier, où ils souhaitent partager avec le plus grand nombre leur passion du cinéma et de l’échange. Avec pe...

En Avignon, 7 jeunes réfugiés par jour demandent à être mis à l’abris.
La protection des mineurs résidant sur le sol français est un droit constitutionnel. Néanmoins, le Conseil Départemental du Vaucluse, depuis des mois, s’acharne à faire fi des règles de base de la protection de l’enfance. Par souci de maîtrise budgétaire…  Le Collectif de soutien aux mineurs...

le Grand Pavois Main Basse sur Baladar
Mercredi  11 juillet  à 11h Utopia Manutention La compagnie le Projecteur H qui joue au Théâtre le Grand Pavois Main Basse sur Baladar, d’après un texte de Jacques Prévert, invite le MRAP, Amnesty International, 100 pour 1 et RESF pour débattre de thèmes présents dans le spectacle - le ...

Et le Collectif 123 Soleil est né !
L’association 100 pour 1, Le cinéma Utopia et les Ateliers du court-métrage fêtent bientôt les un an d’une aventure qui aura permis de produire pas moins de 6 films. Six courts-métrages réalisés à chaque fois avec un groupe de 15 personnes en une journée, groupe qui est toujours const...

En partenariat avec l’Association pour le Développement de la Thérapie Familiale Analytique (ADTFA) et l’Unité de Thérapie Familiale Psychanalytique du centre hospitalier de Montfavet. La séance du mardi 19 septembre à 19h30 sera suivie d’une discussion avec Ségolène de Villers présidente de l’ADTFA et des membres des deux structures.

OTEZ-MOI D'UN DOUTE

Carine TARDIEU - France 2017 1h40 - avec François Damiens, Cécile de France, André Wilms, Guy Marchand, Alice de Lencquesaing, Esteban... Scénario de Carine Tardieu, Michel Leclerc et Raphaële Moussafir.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

OTEZ-MOI D'UN DOUTEIl y a des situations, des métiers, comme ça, qui vous titillent immédiatement la curiosité. Démineur, instantanément, on pense : méticuleux et casse-cou. Un job qui demande autant de témérité que de précision, de finesse, de sang froid, d'habileté et de diplomatie. Erwan est démineur. Façonné par et pour son travail, qu'il exerce le long de la côte bretonne au gré des découvertes de mines en mer ou dans les dunes, Erwan abrite donc une âme d'orfèvre dans un corps massif, granitique, taillé pour résister aux tempêtes comme au souffle des grenades. Ça, c'est côté boulot. Après, on ne va pas se mentir, en matière de finesse, d'habileté et de diplomatie, il est quand même vachement plus à son aise avec la dynamite – aux réactions somme toute assez basiques – qu'avec ses contemporains, beaucoup plus complexes à comprendre, délicats à manier – et quasiment impossible à désamorcer.



Or notre Erwan, veuf, taiseux, habitué à devoir tenir dans la tempête, va devoir aller puiser des ressources insoupçonnées loin au fond de lui, car la situation est explosive. Premier étoc en vue, la Faculté (mandatée par la compagnie d'assurance) décide que son vieux marin-pêcheur de père, à la santé déclinante, est un danger potentiel en mer et doit dorénavant se résoudre à rester à quai. Un verdict auquel l'ancêtre n'envisage pas de se rendre sans combattre. À tribord, un stagiaire cataclysmique, genre Hrundi V. Bakshi (la catastrophe ambulante interprétée par Peter Sellers dans The party)), qui lui a été fourgué par les services sociaux, menace à force de maladresse de ruiner la petite entreprise de déminage. Au milieu, à son grand désespoir de grand-père en devenir, sa testarde de fille se prépare à donner naissance à un enfant en se fichant éperdument de savoir qui en est le géniteur. Et pour couronner le tout, à l'occasion d'un test ADN censé prévenir tout risque de maladie génétique pour le futur bébé, Erwan découvre à pas loin de 50 balais que son père, son cher vieux papa, n'est pas, ne peut pas être son père. Pas l'ombre d'un chromosome en commun. De quoi vous lézarder le plus compact des menhirs…

Tous les ingrédients pour faire pleurer Margot dûment répertoriés, Carine Tardieu fait un pas de côté. Elle détricote prestement l'écheveau de la tragédie mélodramatique à forte teneur lacrymale en gestation. Et, avec une formidable légèreté, un sens consommé du rythme et un talent très sûr pour les dialogues qui font mouche, elle nous mitonne une très délicate comédie, pour raconter subtilement la réelle gravité de la situation (la recherche de paternité tardive, l'errance émotionnelle du démineur) et les questions, essentielles, qui en découlent : qu'est-ce que l'amour filial ? Qu'est-ce que la famille ? Que veulent dire les liens du sang ? Qui est le père d'Erwan ? Pour citer Pagnol : « Celui qui a donné la vie, ou celui qui a payé les biberons ? » Ou tout simplement celui qui aime… ?

Un soupçon de gravité, un charme ravageur, une drôlerie revigorante, un vrai regard amoureux sur ses personnage : le film de Carine Tardieu, garanti 0% de matières lourdingues et sans misanthropie, servi par un casting aux petits oignons, est de ceux qui vous rendent durablement le sourire, vous font considérer vos voisins, la vie avec bienveillance. Bref, précipitez-vous : de la belle comédie, efficace, intelligente et généreuse, c'est si rare de ce temps !

Cette projection inaugure un cycle de rencontres sur le thème de la famille. Entre transmission et rupture, entre répétition et transformation, les liens familiaux intéressent bien des cinéastes : nous sélectionnerons quelques films particulièrement ajustés sur ce thème pour échanger, après la projection en présence de thérapeutes familiaux. Pour commencer, place à une comédie pétillante qui nous permettra d’aborder, entre autres, la question de la filiation.