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Le blog des profondeurs...
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À l’attention des enseignants : 9e édition de l’opération CINÉALLEMAND POUR LES JEUNES, en partenariat avec le Goethe-Institut.
 Trois films sont proposés, pour les élèves de primaire, collège et lycée. Plus d’informations au 04 90 82 65 36    D’ÉGAL À ÉGAL Pour les 9-13 ansMichi, 10 ans, vit dans un foyer pour enfants. Une lettre trouvée par hasard ayant appartenu à sa mère disparue lui permet de...

UNE CARTE UTOPIA ?
Oui, vous avez bien lu, je parle bien d’une carte de cinéma Utopia. Vous en rêviez, on s’en doute bien. Mais comme rien n’est vraiment gratuit ou illimité dans ce dur monde de l’exploitation cinématographique (ou même ailleurs, il me semble…) on vous donne une explication. Si cette carte que nous av...

VENIR À UTOPIA… C’EST PLUS FACILE QU’ALLER À MOSSOUL !
   Nous vous mettons ci-dessous, et après vérifications auprès des opérateurs, les tarifs et horaires des différents parkings. Si toutefois ces informations sont erronées, merci de nous le faire savoir que nous relancions nos limiers pour tirer cette affaire au clair. PARKING DE L’ÎLE PIOT, gratu...

Des nouvelles de Ben et Arouna.
Vous avez été nombreux à signer la pétition pour Ben, jeune ivoirien hébergé par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) dans un hôtel à Avignon suite à son Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) du 19 octobre. Contrairement à nos espoirs raisonnables, le tribunal administratif (TA) vient de c...

L’État poursuit Nicole Briend pendant que la BNP-Paribas poursuit ses pratiques d’évasion à grande échelle.
Souvenez-vous, dans une précédente gazette nous vous parlions de cette militante d’Attac, Nicole Briend. Elle est convoquée le 6 février au tribunal de Carpentras pour vol en réunion et refus de donner ses empreintes ADN après avoir participé, avec une dizaine de personnes d’Attac, à une&n...

A CIAMBRA

Écrit et réalisé par Jonas CARPIGNANO - Italie 2017 1h58 VOSTF - avec Pio Amato, Koudous Seihon, Iolanda Amato, Damiana Amato...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

A CIAMBRA Le quartier de la Ciambra, c’est un véritable chaudron, un tourbillon de vie, la vraie, celle qui bouscule. Dans ce faubourg rom de Gioia Tauro, en Calabre, même les petits bouts de chou fument, boivent, font leur loi, imitant celle des adultes pour le meilleur et pour le pire. Si école il y a, on comprend que les profs soient désorientés par ces mioches indomptables, plus habitués à se maraver qu’à étudier. Donnant le ton d'un quartier qui n'a pas froid aux yeux, leurs réparties fusent, ils fanfaronnent pour galvaniser les troupes, leur rappeler qu’il n’y a pas place pour les faibles, les sentimentaux. Ces gosses irréductibles se comportent déjà comme de petits hommes et de grandes dames auxquels on n’en remontre pas. Pour sûr, les filles aux longues boucles ne sont pas en reste ! Mais, malgré leur verbe haut, il est clair que leur position ne sera jamais la même que celle des garçons. Sous l’apparente liberté se cache une société très codifiée, qui briderait aisément les aspirations de chacun, si seulement elles existaient.



Mais comment être inventifs dans ce no man’s land que même les éboueurs semblent avoir abandonné ? Seuls les flics se rappellent que ce quartier existe, débarquant à tout moment, sous tout prétexte, mais, il faut l'avouer, rarement à tort même s’ils loupent souvent leur cible. Ce sont alors deux mondes qui s’entrechoquent quelques instants, créant toujours plus d’étincelles dans l’ambiance très électrique de cette petite mafia gitane où la survie du groupe exige de chacun qu’il reste aux aguets, réactif. Nul droit à l’erreur, au doute, à la rêverie. Mais qui penserait à rêver ? L’horizon est si bouché pour ceux-là qu’ils ont depuis longtemps oublié de le regarder. Le seul indice que la petite ville est bordée par une mer grande et belle semble être la présence de nombreux migrants africains, « moricauds » venus jouer sur les plates bandes de ces « gens du voyage » désormais sédentarisés, qui ne les apprécient guère.

À quatorze ans, Pio connaît parfaitement tout ça, il n'a rien connu d'autre. Comme tous les mâles de la famille Amato, il est passé maître dans l’art de rouler les mécaniques. L’adolescence, c’est l’âge con où il se sent tiraillé entre l’obligation d’être sage et celle d’être à la hauteur de ses aînés. Leurs allers-retours en prison font tellement partie du paysage qu'elle ne lui fait plus peur. Elle n’est qu’une case parmi d’autres dans le parcours initiatique pour devenir un homme. Sa mère, pourtant forte en gueule, a beau essayer de protéger Pio encore un peu, à sa manière, elle voit bien qu’il devient impossible d’empêcher l’oisillon de quitter le nid. Quand son grand frère se fait une fois de plus arrêter, Pio va se sentir pousser des ailes, assoiffé d’apprendre, de faire comme les adultes : voler des tires, truander, faire chanter les gadjos qui passent à sa portée… Ses pairs lui refusant leur aide, c’est vers Ayiva, un Burkinabé, que Pio va se tourner. Entre eux se tisse un lien qui pourrait bien ressembler à une amitié fraternelle, ce que la communauté ne verra pas d’un bon oeil…

Tout cela est raconté dans l’urgence, celle de la survie. Il y a là une énergie vitale impressionnante, galvanisante, portée par des acteurs intenses, incroyables, qui ne sont autres que de vrais Roms de Gioia del Tauro : Pio, ses parents et ses proches. Le récit est ponctué par de véritables envolées poétiques qui apportent une brise de fraîcheur dans cette atmosphère tendue, étouffante jusqu’à la claustrophobie (celle du jeune anti-héros). A Ciambra est le second volet d’une trilogie sur ce coin d’Italie. Le premier était le très remarqué Mediterranea dans lequel Koudous Seihon (Ayiva, le Burkinabé) tenait le rôle principal. On attend impatiemment le troisième…