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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :1- ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !La pétition pour le maintien de l’ouvert...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
Affirmez votre refus de nous voir remisés au fond d’un cul de sac et votre droit de nous rendre visite, comme celui de transiter, en journée comme en soirée par le passage du verger. Dans notre optimisme béat nous espérons des milliers de signatures, montrez que nous sommes timorés et que ce sera de...

Verger Urbain V, écrin ou carcan ?
 Vous êtes nombreux à nous questionner sur la soudaine fermeture du passage du Verger Urbain V le soir. C’est le chemin qui vous mène directement  du centre-ville vers le cinéma. Vous êtes nombreux à ne pas comprendre les objectifs de cette décision (nous, pas vraiment non plus), à trouver...

Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

Frédérique Hammerli, professeur de cinéma, ouvre son cycle de ciné-club avec L’Atelier le mercredi 11 octobre à 20h15. Ce ciné-club est organisé en partenariat avec Le Parcours de l’art.

L'ATELIER

Laurent CANTET - France 2017 1h53 - avec Marina Foïs, Matthieu Lucci, Warda Rammach, Issam Talbi, Florian Beaujean, Mamadou Doumbia, Julien Souve, Mélissa Guilbert, Olivier Thouret, Lény Sellam... Scénario de Robin Campillo et Laurent Cantet.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L'ATELIERLe nouveau film de Laurent Cantet, l’un des plus important cinéastes français selon nous, signe avec l’Atelier, l’une de ses plus grandes réussites. Un film majeur sans appel magnifiquement écrit en collaboration avec Robin Campillo (réalisateur du superbe 120 battements par minute), d’une lucidité aveuglante sur l’état actuel de notre société aussi riche que complexe.

Ici les grands ados, de toutes les couleurs ou presque, ont au moins une chose essentielle en commun : ce sont des enfants de La Ciotat. Loin des clichés, des étiquettes qu’on leur colle dans le dos, comme de mauvais poissons d’avril qui leur empoisonnent l’existence, ils sont les héritiers fauchés comme les blés d’une classe ouvrière désormais partie en déshérence dont les seuls vestiges (de taille !) sont les chantiers navals qui gisent là tels de grosses baleines noblement échouées. Ironie du sort que cette ancienne friche industrielle, haut foyer de résistance des travailleurs, soit devenue une sorte de « station-service » de luxe pour les yachts des puissants, des plus friqués, peut-être de ceux-là même qui n’ont pas hésité à les réduire au chômage. Si les nouvelles générations tendent à l’oublier, leurs racines sont là, qui les amarrent malgré eux à ces rochers rugueux, à ces eaux troublées par les caprices du vent.

Quelle étrange chose, cet été-là, alors qu’un beau temps béat rend les plages plus attractives que jamais, qu’une petite bande de gars et de filles préfèrent se cloîtrer pour participer à un atelier d’écriture. Il faut dire que l’animatrice est une pointure. Écrivaine de polars renommée, elle vient spécialement de Paris pour eux. C’est donc mi-impressionnés, mi-soupçonneux qu’ils accueillent, cette Olivia à l’accent pointu, tout étonnés qu’elle veuille leur accorder son temps, suspectant qu’il puisse y avoir anguille sous roche, la provoquant presque. Après tout, si elle est là, c’est qu’elle doit être grassement payée !? Seule face à ce groupe de grandes gigues, Olivia se montre tout aussi intimidée, à la fois curieuse et écrasante, parfois gauche. Pas de doute il va falloir du temps pour que ces deux mondes apprennent à s’apprivoiser. Et peut-être ne se comprendront-ils jamais complètement.

En attendant, le travail collectif démarre, d’abord hésitant puis plus affirmé. Chacun(e) se laisse emporter par les idées qu’elle(il) a envie de défendre, l’image qu’il aimerait donner, d’elle(lui), de sa ville… Surgissent des choses drôles, des choses graves, de celles qui laissent des blessures. L’histoire des parents que les pouvoirs publics, les classes dirigeantes ont abandonné même s’ils n’ont pas les concepts politiques pour l’analyser… Les mots viennent à petits pas malhabiles, corsetés dans un registre de langage peu coutumier. Malika, Fadi, Boubakar, Lola… chacun(e) se lance, confie ses idées, tâchant d’oublier le regard des autres. Seul Antoine reste en retrait. Entre deux plongées dans ses mondes virtuels sur la toile, il essaie de remettre un pied dans la vraie vie. Mais elle lui paraît trop grande, trop effrayante, peu prometteuse d’évasion, déjà coincée entre les prévisions d’un avenir médiocre, au mieux promis aux petits boulots, sinon au chômage… Il n’y a de place que pour baisser l’échine ou se révolter. Vis-à-vis de ses camarades d’écriture, il demeure sur le qui vive, comme hésitant entre devenir un animal social ou rester anti-social. Entre lui et Olivia, qui ne sait pas comment l’aider, se tisse une relation toujours plus trouble, à la fois froide et torride, stimulante et déstabilisante… On sent la tension qui monte et on ne sait comment tout cela va se dénouer. L’air de rien, Antoine met à mal les convictions de l’écrivaine/animatrice, sa bonne conscience de gauche, ses bons sentiments, la jaugeant, l’épiant, la renvoyant vers ceux de sa classe sociale, à ses contradictions. Entre eux deux se met en place une troublante partie de jeu du chat et de la souris. On sent comme un péril qui plane tantôt pour l’un, tantôt pour l’autre. Peut-être même pour les deux… C’est absolument passionnant.

Un pas de côté : Le Parcours de l’art 2017 aura lieu cette année du 30 septembre au 22 octobre. Plus d’info sur leur site : www.parcoursdelart.com