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À l’attention des enseignants : 9e édition de l’opération CINÉALLEMAND POUR LES JEUNES, en partenariat avec le Goethe-Institut.
 Trois films sont proposés, pour les élèves de primaire, collège et lycée. Plus d’informations au 04 90 82 65 36    D’ÉGAL À ÉGAL Pour les 9-13 ansMichi, 10 ans, vit dans un foyer pour enfants. Une lettre trouvée par hasard ayant appartenu à sa mère disparue lui permet de...

UNE CARTE UTOPIA ?
Oui, vous avez bien lu, je parle bien d’une carte de cinéma Utopia. Vous en rêviez, on s’en doute bien. Mais comme rien n’est vraiment gratuit ou illimité dans ce dur monde de l’exploitation cinématographique (ou même ailleurs, il me semble…) on vous donne une explication. Si cette carte que nous av...

VENIR À UTOPIA… C’EST PLUS FACILE QU’ALLER À MOSSOUL !
   Nous vous mettons ci-dessous, et après vérifications auprès des opérateurs, les tarifs et horaires des différents parkings. Si toutefois ces informations sont erronées, merci de nous le faire savoir que nous relancions nos limiers pour tirer cette affaire au clair. PARKING DE L’ÎLE PIOT, gratu...

Des nouvelles de Ben et Arouna.
Vous avez été nombreux à signer la pétition pour Ben, jeune ivoirien hébergé par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) dans un hôtel à Avignon suite à son Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) du 19 octobre. Contrairement à nos espoirs raisonnables, le tribunal administratif (TA) vient de c...

L’État poursuit Nicole Briend pendant que la BNP-Paribas poursuit ses pratiques d’évasion à grande échelle.
Souvenez-vous, dans une précédente gazette nous vous parlions de cette militante d’Attac, Nicole Briend. Elle est convoquée le 6 février au tribunal de Carpentras pour vol en réunion et refus de donner ses empreintes ADN après avoir participé, avec une dizaine de personnes d’Attac, à une&n...

TÉHÉRAN TABOU

Écrit et réalisé par Ali SOOZANDEH - film d'animation Iran/Allemagne 2017 1h36 VOSTF (en persan) -

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TÉHÉRAN TABOUTéhéran n’est pas celle que vous croyez. Ni prude, ni soumise, pas plus que délurée. Disons plutôt qu’elle est un peu tout cela à la fois. C’est une vie à deux vitesses que la ville offre à ses habitants. En public, ils se montrent rangés, policés, moralisateurs. À l’abri des regards, chacun lâche ses démons. Sous les portraits des ayatollahs, sages comme des images, défilent les scènes les plus scabreuses.

On aime boire, prendre des substances illicites, baiser. Mais ayant dit cela, on sombrerait vite dans les clichés pour touristes voyeurs alors que
Téhéran tabou est tout l’inverse. Le film est une satire sociale incisive qui n’a pas froid aux yeux quand il dénonce crûment la corruption qui règne à tous les étages. Il n’épargne ni les juges, ni les flics, ni les mollahs trop gras pour être des ascètes… Le dicton qui qualifierait le mieux le rapport du réalisateur à sa terre natale serait le fameux « qui aime bien châtie bien ». C’est un film fougueux, courageux, sombre, qu’il nous offre. S’y côtoient la beauté, la désillusion, la révolte qui monte. On comprend dès les premiers plans qu’il était impensable de tourner en direct dans le pays des gardiens de la révolution. Judicieusement, Ali Soozandeh, qui était déjà un professionnel de l’animation, a choisi la technique de la rotoscopie (utilisée par exemple dans Valse avec Bachir ou La Passion Van Gogh…) afin de mettre en scène ses protagonistes. En partant de prises de vue réelles et en redessinant les acteurs, les décors… il peut restituer fidèlement l’ambiance particulière d’une capitale en perpétuelle ébullition sans risquer la censure. Les reflets de la ville se font et se défont dans les flaques, dans les imaginaires, tour à tour glauques ou chatoyants, comme pour mieux souligner la violence subie par ses maillons faibles au risque de choquer quelques amoureux du majestueux pays complexe et accueillant qu’est l’Iran.

La première scène donne le ton. Une dame au regard désabusé monte dans
un taxi avec son jeune fils handicapé. Mais ce n'est pas elle la cliente, c’est le chauffeur qui devra payer ses services. Le môme à l’arrière n’a d’autre choix que le silence. Il est le témoin muet, l’alibi d’une mère qui se prostitue pour leur survie. Plus loin une épouse qui ne rêve que de travailler honnêtement ne peut pas être embauchée sans l’autorisation que son mari, pourtant en taule, lui refuse. Il y a aussi cette jouvencelle prête à se faire opérer illicitement pour retrouver son hymen perdu dans un instant d’égarement. Puis cette autre qui enchaîne les avortements en cachette… Sans le soutien social d’une famille, ou du sexe fort, les voilà toutes jetées en pâture entre des mains peu scrupuleuses, baladeuses. À Téhéran, savoir dire non est plus utile que savoir respirer. Pourtant qu’elles sont belles, ces Iraniennes avec leurs gestes gracieux, leurs longs doigts effilés qui réajustent machinalement leur foulard à longueur de temps. Jeunes filles en fleur, mamans ou putains, toutes dépendent du bon vouloir des hommes. Mais le pouvoir de ces derniers semble bien amer. On ne les sens pas plus libérés et épanouis que celles sur lesquelles ils l’exercent éhontément. L’hypocrisie qui règne, souveraine, est la porte ouverte à toutes les formes de chantage, d’esclavage, de trafics qu’aucun Dieu ne bénirait. Parfois un rayon de soleil, une envolée poétique procurent une bouffée d’air frais. Sans oublier les séances de photos cocasses où un photographe pincesans- rire s’évertue à changer l’arrière plan comme si le sort de ses clients en dépendait : « C’est pour un service public ? Alors mieux vaut mettre du noir en fond ». Mais il ne suffit pas de gratter le vernis d’une société vérolée pour la rendre vertueuse et pour certains la
seule échappatoire sera la fuite…