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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :1- ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !La pétition pour le maintien de l’ouvert...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
Affirmez votre refus de nous voir remisés au fond d’un cul de sac et votre droit de nous rendre visite, comme celui de transiter, en journée comme en soirée par le passage du verger. Dans notre optimisme béat nous espérons des milliers de signatures, montrez que nous sommes timorés et que ce sera de...

Verger Urbain V, écrin ou carcan ?
 Vous êtes nombreux à nous questionner sur la soudaine fermeture du passage du Verger Urbain V le soir. C’est le chemin qui vous mène directement  du centre-ville vers le cinéma. Vous êtes nombreux à ne pas comprendre les objectifs de cette décision (nous, pas vraiment non plus), à trouver...

Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

UN BEAU SOLEIL INTÉRIEUR

Claire DENIS - France 2017 1h34mn - avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine, Josiane Balasko, Nicolas Duvauchelle, Laurent Grevill, Alex Descas, Bruno Podalydès... Scénario de Claire Denis et Christine Angot.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UN BEAU SOLEIL INTÉRIEURÀ la source de ce film, la proposition faite par un producteur à Claire Denis d'adapter Fragments d'un discours amoureux, de Roland Barthes, bel essai fragmenté et chapitré de 1977, qui évoque la folie magnifique et la subversion insensée de l'état amoureux. Tentation de Claire Denis (rien de ce qui touche au désir n'est étranger à son cinéma), puis doute, puis refus catégorique des ayants droit. L'affaire étant réglée de ce côté, elle rebondit d'un autre, à travers l'association de la cinéaste et de la romancière Christine Angot dans l'écriture d'un film qui s'inspire, assez drôlement, de leurs expériences malheureuses dans ledit domaine amoureux. Ainsi naît ce Beau soleil intérieur, qui ramène Claire Denis sous les sunlights quatre ans après Les Salauds, film amer, mal reçu, qui aura
laissé des traces.

Le résultat de cette genèse à la fois sinueuse et impromptue est une passionnante et, rapportée au cinéma de Claire Denis, surprenante expérience cinématographique, qui tout à la fois emporte quelque chose de l'approche diaprée, immersive et fragmentaire de Barthes du sentiment amoureux, exfiltre l'incisive et ironique noirceur d'Angot sur le même chapitre, déporte enfin le cinéma fiévreux et tellurique de Claire Denis du côté de la comédie sentimentale dépressive et discursive, quelque part entre Woody Allen et Chantal Akerman. L'opération prend la forme d'une rutilante constellation d'acteurs, tous excellents, tous se prêtant avec grâce aux coupes cruelles des deux laborantines en chef, tous tournant à titres variés et en durées inégales autour d'un astre triste qu'incarne, de manière particulièrement bien sentie, avec un quelque chose de sensuellement relâché, Juliette Binoche. Quinquagénaire un peu paumée, très à fleur de peau, divorcée avec enfant, à la recherche de l'amour véritable, Isabelle, artiste peintre, navigue à vue dans une sociologie et une topographie parisiennes qui semblent vouées à ne fabriquer que du même. Bars, appartements, maisons de campagne (dans le Perche ou le Lot), théâtres, galeries, restaurants, commerces de bouche. Aussi bien passe-t-elle d'un amant à l'autre comme un bateau glisse, au risque de se briser, entre un chapelet d'écueils. Xavier Beauvois y pose, avec une gourmande nonchalance, en banquier marié et goujat offreur de fleurs (« j'arrive du Brésil, j'ai une envie folle de te niquer »). Philippe Katerine est le voisin sympa et déprimé qui maraude en bob et cabas à la poissonnerie Secretan, tentant à chaque fois le plan « invitation au pied levé » sans y croire une seconde, en quoi sa lucidité l'honore. Mais encore Laurent Grévill dans le rôle de l'ex qui tente de se remettre dans la course à marche et geste forcés, Nicolas Duvauchelle dans celui de l'acteur ontologiquement incapable de s'arrêter de mettre à l'épreuve son pouvoir de séduction, et bien d'autres encore. Tous ne peuvent être cités, il y en a trop. Voici d'ailleurs le côté « laboratoire » de la mise en scène : l'enchaînement ininterrompu des expériences, le dérèglement invasif du discours amoureux, le principe marabout-de-ficelle qui gouverne le désir de l'héroïne, les lamentables petites agonies qui systématiquement en résultent.

Pour contredire enfin les esprits chagrins qui s'en réjouiraient, cette épopée du désenchantement mène droit à une scène d'essence surréelle et radieuse, au cours de laquelle Isabelle consulte en la personne délicate de Gérard Depardieu, dans une partition infiniment douce et évasive, un voyant. Ici, le langage ne sert plus à définir ou à conquérir, il est un onguent passé comme un velours sur l'âme de la souffrante, une pommade messianique annonçant la venue d'une « nouvelle personne »… Scène d'anthologie, assurément, du cinéma français, petite merveille atmosphérique façon « beau soleil intérieur ». (J. Mandelbaum)