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Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

L’AQUARIUS OU LE NAUFRAGE DU BON SENS EUROPÉEN
Chaque année plus de 3000 hommes, femmes et enfants meurent noyés en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. Afin de porter secours à ceux qui fuient pour sauver leur vie, des citoyens européens ont décidé d’agir en créant l’association SOS Méditerranée qui a affrété un...

Le cinéma Utopia à Avignon de 1976 à 1994 une histoire de militantisme culturel et politique
Un livre de Michaël Bourgatte aux éditions Warm   « France, années 70. Anne-Marie Faucon, Michel Malacarnet et leurs compagnons de route inventent à Avignon un lieu atypique et pionnier, où ils souhaitent partager avec le plus grand nombre leur passion du cinéma et de l’échange. Avec pe...

En Avignon, 7 jeunes réfugiés par jour demandent à être mis à l’abri.
La protection des mineurs résidant sur le sol français est un droit constitutionnel. Néanmoins, le Conseil Départemental du Vaucluse, depuis des mois, s’acharne à faire fi des règles de base de la protection de l’enfance. Par souci de maîtrise budgétaire…  Le Collectif de soutien aux mineurs...

THE SQUARE

Écrit et réalisé par Ruben ÖSTLUND - Suède 2017 2h22mn VOSTF - avec Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West, Terry Notary... PALME D'OR, FESTIVAL DE CANNES 2017.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

THE SQUAREDans la lignée de Snow Therapy, le film aussi troublant que jubilatoire qui nous a fait découvrir début 2015 le réalisateur suédois Ruben Östlund, The Square est une fable contemporaine grinçante, une satire sociale et culturelle d'une férocité délicieuse. Une sorte d'opération de dissection raffinée et hilarante qui s'en va trifouiller dans le dédale des mauvaises consciences de notre époque moderne. Sa lucidité ravageuse pourrait s'appliquer à n'importe quelle société opulente quand bien même l'intrigue prend sa source au sein de l'intelligentsia suédoise.
Christian, notre protagoniste, est le directeur du Musée d'art contemporain de la ville de Stockholm avec tout ce que cela implique. C'est évidemment un être brillant et classieux. Évidemment toujours à l'aise avec ses congénères, maniant tantôt l'art du copinage, tantôt celui de la nécessaire distance. Un être incontestablement supérieur donc, mais qui s'efforce de se garder de la condescendance, contraire à ses valeurs humanistes. Car, toujours aussi évidemment, Christian a des valeurs et la main sur le cœur, du moins s'en persuade-t-il… Fraternité, égalité, solidarité envers les plus démunis… autant de grands mots dont il se gargarise.



Mais si Christian s'affiche généreux pour les causes humanitaires lointaines, on constate vite en le regardant faire qu'il est incapable de tendre la main à ses congénères qu'il côtoie au quotidien… Manque de bol, le jour où il s'y résigne enfin, se sentant plus ou moins consciemment en contradiction avec la nouvelle œuvre présentée dans son musée, « The Square », un carré sensé changer la face du monde et le taux de bienveillance chez les humains, cela va vite déraper dans un sens inattendu. Celui qui crie à l'aide dans la rue, et auquel Christian décide de porter secours, fait partie d'une bande bien organisée : voilà notre officiel de la culture dépouillé de quelques effets personnels, son portefeuille, ses boutons de manchettes, souvenir de son paternel irremplaçable… mais c'est curieusement son portable qui va focaliser son attention : tout un symbole ! Et ce banal vol de smartphone va se transformer en véritable cauchemar ubuesque suite aux choix que fera Christian, aux actions extravagantes et peu reluisantes qu'il va entreprendre. Le vernis policé du personnage ne va cesser de s'effriter au fur et à mesure que l'histoire avance, inexorable. On le verra précieux ridicule, pédant vaniteux, sermonneur intarissable, goujat riquiqui, justicier teigneux au service de sa seule cause, arroseur arrosable… perdant inéluctablement sa superbe. Avec lui c'est tout un pan du système, dont il est un des nombreux piliers, qui se déconstruit.
The Square égratigne au sang ces castes riches, consanguines, passées maîtresses dans l'art de la masturbation intellectuelle, se payant de mots creux, faisant l'apologie d'installations conceptuelles tout autant inintelligibles que les verbeuses explications qui les accompagnent. Discours pontifiants échafaudés pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes magiques, des enfilades de tas de sable pour des œuvres de valeur inestimable…

Il ne faut pas se leurrer, si, entre deux fous rires débridés on rit par moments un peu jaune, c'est qu'à travers ce petit monde étriqué un miroir nous est tendu : de Christian on a forcément quelques traits, c'est cela qui nous le rend tellement familier.