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Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

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BRAGUINO

Clément COGITORE - documentaire France/Russie 2017 50mn VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

BRAGUINOOn perçoit très vite qu’il se joue quelque chose d’essentiel dans cet époustouflant documentaire tombé de nul part : l’histoire à peine croyable d’une famille installée en complète autarcie au milieu de la Sibérie orientale, sans le moindre village à moins de 700 km. Les Braguine – une dizaine d’individus emmenés par le patriarche Sacha – vivent là-bas leur quête d’isolement absolu et de communion avec la nature. On est immédiatement saisi par ces immenses forêts de conifères et de bouleaux, par l’étendue de ce monde intact et inhospitalier où quelques hommes, femmes et enfants semblent évoluer en pleine fable des origines. Images d’un paradis tangible, fiction d’une possible harmonie cosmique, de Walden aux grands récits d’aventure : en activant chez le spectateur un imaginaire puissant, Braguino nous immerge dans une communauté lointaine pour mieux questionner les mythes et les réalités qui fondent nos propres sociétés.

Aucune route ne mène chez les Braguine. C’est d’ailleurs par leurs coordonnées de latitude et de longitude que le film nous indique les lieux que l’on rejoint, au détriment de tout repère géographique concret. La sensation d’être arrivé au bout du monde décuple la magie des premières images des Braguine : des visages aussi bruts qu’angéliques, regards intimidés par la caméra mais au fond peu farouches. Les plus jeunes n’ont probablement jamais vu d’étrangers. Niché au cœur de la taïga, entouré de bêtes sauvages, Sacha Braguine expose avec modestie son projet : vivre à l’écart de toute civilisation (« je peux marcher des heures là où personne n’a jamais été ») et ne prendre à la nature que ce dont on a besoin. Tous ses enfants sont nés ici et il a tout construit de ses mains. Devant pareille situation, on ne peut s’empêcher de penser que les images ramenées par Clément Cogitore ont quelque chose de purement ethnographique. Les Braguine, c’est la liberté absolue en même temps que la survie. A cet égard, de nombreuses scènes sont réellement sidérantes : scène de chasse à l’ours entre le père et son fils ainé, scène d’enfants jouant librement sous la protection des chiens loups, etc.
Et puis, peu à peu, cette utopie d’un monde primitif harmonieux montre ses fissures. A plusieurs reprises, les Braguine parlent d’un Autre, évoquent des menaces, puis précisent enfin le conflit qui les ronge. Après eux, se sont installés ici les Kiline, branche de la famille de la femme de Sacha, qui ne partagent en rien leurs critères de vie. Les Kiline deviennent objet de tous les fantasmes. On leur reproche de tuer plus d’animaux que de raison, on les accuse de velléités d’extension, on les suspecte même d’accueillir des braconniers. Au fil des années, une immense barrière a été érigée entre le terrain des deux familles, symbole d’une lutte fratricide en marche.

Les lumières crépusculaires des forêts boréales imprègnent peu à peu le documentaire de Clément Cogitore d’un goût amer. L’envoutement féérique des débuts laisse place à un climat paranoïaque et anxiogène. Le monde animal est brutal mais il connaît ses règles. « Le plus gros danger dans la taïga, dit Sacha, c’est l’homme. » Une sensation de menace gronde inexorablement à mesure que le film déploie sa tension dramatique. Jusqu’où faudra-t-il aller si, même ici, la liberté ne va pas sans renoncement ? Le travail plastique remarquable de Clément Cogitore et la trame elliptique du film emmènent le spectateur sur le chemin de l’éden à l’obscurité, dévoilant peu à peu la tragédie qui se cache sous le monde originel de Sacha et des siens.