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Le blog des profondeurs...
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CHANTER RÉGÉNÈRE !
En raison de nouvelles aventures prévues au Théâtre des Vents, l’atelier chansons, animé depuis plus de vingt ans par Amélie Grand – fondatrice et ex-directrice des Hivernales de danse d’Avignon – rejoint le Théâtre Transversal : 10, rue d’Amphoux à Avignon. Tel : 04 90 86 17...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

LE SEMEUR

Marine FRANCEN - France 2017 1h40mn - avec Pauline Burlet, Alban Lenoir, Géraldine Pailhas, Iliana Zabeth, Françoise Lebrun... Scénario de Marine Francen, Jacqueline Surchat et Jacques Fieschi, d'après le livre L'Homme semence de Violette Ailhaud.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE SEMEURAu petit matin, les forces de l'ordre entrent dans les maisons d'un petit village de la montagne cévenole pour y arrêter tous les hommes et, aux femmes qui protestent et crient l'innocence de leurs époux, ils répondent : « L'état d'urgence a été déclaré, nous avons tous les droits ! » 
L'action se déroule en 1852, au lendemain du coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte. Le pouvoir souhaite en finir avec les dernières poches de résistance républicaines. Camille, l'homme instruit du village, est un républicain convaincu et il ne partage pas ses idées seulement avec ses voisins, mais aussi au cours de réunions qui se tiennent dans la vallée. Voilà son crime, leur crime.

Les femmes et les enfants se retrouvent alors seuls au village, avec tout le travail à abattre, à commencer par la moisson, sans pouvoir compter sur personne. Les femmes sont en autarcie. Elles abandonnent rapidement l'idée de descendre dans les villages plus bas pour tenter de prendre des nouvelles de leurs hommes, il ne serait pas bon qu'on les sache seules, à la merci des premiers mauvais esprits venus. Elles vont devoir s'adapter à cette situation nouvelle, changer les règles traditionnelles, créer un monde sans hommes. Faire preuve de leurs immenses capacités comme, plus tard en 1914/1918, leurs arrière-petites-filles qui devront faire tourner les usines .
Et elles s'en sortent plutôt bien malgré le dur labeur grâce à leur cohésion et leur entraide, elles font le travail en attendant que… Mais elles souffrent de cette incertitude. Combien de temps pourront-elles tenir ? La présence masculine leur manque. Et ce n'est pas qu'une question de force de travail, le plaisir aussi leur manque. Elles se laissent guider par une pulsion animale, une pulsion de vie.
Alors les jeunes femmes se prennent à rêver : et si un homme passait par là ? Oui mais il serait très probablement seul. Que faire ? Le séduire, le faire rester. Cela ne ferait qu'une heureuse, et puis on ne repeuple pas toute une communauté avec un couple. Alors, comme il est facile d'être collective et généreuse quand on est dans l'absolu, dans le vague, il est décidé que celle qui pourrait conquérir les charmes de cet hypothétique inconnu les partagerait avec les autres. Le serment entre elles est passé. Mais si venait un beau brun ténébreux, ces constructions résisteraient-elles à la réalité ? Et qui serait-il ? Que viendrait-il faire dans ces montagnes ? Les aiderait-il à moissonner ? Resterait-il ? Serait-il sensible au charme de l'une d'entre elles ? Laquelle ?

Pour son premier film, original et fort, Marie Francen s'est inspirée du récit L'Homme semence de Violette Ailhaud, une institutrice dont le village des Basses-Alpes s'est retrouvé sans hommes à deux reprises, en 1852 et en 1919. Même si les images sont parfois un peu trop belles, le décor un peu trop propre, même si l'âpreté des conditions de vie et de labeur de ces paysannes n'est pas montrée dans toute son horrible réalité, nous sommes emportés dans cette histoire. Les actrices ont été choisies avant tout par leur capacité à « faire groupe » et le pari est réussi : grâce à elles on y croit. Alban Lenoir, l'homme, tient parfaitement sa place dans ce lieu et en ce temps où a soufflé un vent de féminisme inattendu.