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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
Affirmez votre refus de nous voir remisés au fond d’un cul de sac et votre droit de nous rendre visite, comme celui de transiter, en journée comme en soirée par le passage du verger. Dans notre optimisme béat nous espérons des milliers de signatures, montrez que nous sommes timorés et que ce sera de...

SEULE LA TERRE

(GOD'S OWN COUNTRY) Écrit et réalisé par Francis LEE - GB 2017 1h44mn VOSTF - avec Josh O'Connor, Alec Secareanu, Gemma Jones, Ian Hart, Sarah White... Grand prix du Festival du film britannique de Dinard • Prix de la Mise en Scène au Festival de Sundance.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SEULE LA TERREAu fin fond du Yorkshire… Ici la terre n'en finit plus. Même pas une mer pour l'arrêter. Un paysage d’une beauté nue qui vous vrille l’âme et vous pénètre irrémédiablement. Quelque chose de viscéral, d’organique, qui dépasse l’humain. En même temps que la brume montent du sol les odeurs : celle de l’humus, celle des bêtes, celle des hommes. Chacune semble murmurer « tu es terre et tu retourneras à cette terre », rappelant quotidiennement la fragilité de l’humaine condition.

Mais tout cela Johnny ne le voit pas, ne le ressent pas, ou plus. Son quotidien sur ces terres agricoles le ronge au plus profond parce qu'il ne l’a pas choisi. Tout ce qu’il vit ici, il le subit, ou presque, se sentant prisonnier d’un devoir envers son père, d’un mode de vie ancestral auquel nul n’échappe, sauf ceux qui ont eu la chance, le niveau scolaire, les moyens financiers de partir étudier à la ville. Johnny, lui, est resté englué dans l’étable familiale et si la jolie étudiante qui revient pour les vacances, ne reniant pas leur enfance commune, serait prompte à l’accueillir dans son cercle d’amis, il la repousse avec une dureté excessive. Mais il n’y a là aucune malice, pas de véritable méchanceté. C’est simplement qu’il ne sait pas dire, que personne ne lui a appris à exprimer le moindre sentiment, dans sa famille ça ne se fait pas. Alors sans pouvoir mettre de mots sur ce qui lui arrive, il retourne noyer son mal de vivre dans une première pinte de bière qui ne restera pas orpheline… Et c’est désolant de voir cette belle gueule d’ange brûler ses ailes au lieu de s’en servir. Même si en le suivant pas à pas on comprend bien qu’il n’a pas vraiment d’alternative, surtout depuis qu'un AVC a laissé son père partiellement handicapé.
De retour à la ferme, rien de bon ne l’attend, seulement les sempiternelles remontrances paternelles et les soupes de l’imperturbable grand-mère toujours prête à border, repasser, laver derrières ses hommes qu’elle a toujours servis. Un ordre immuablement établi depuis des générations et qu’il ne vient à l’idée de personne de remettre en question. Johnny essaie de faire de son mieux, de répondre aux attentes du père aigri de se savoir diminué. Mais il suffit de l’attrait du joli petit cul d’un blondinet de hasard pour qu’il s'oublie et laisse en plan les tâches essentielles…
Si bien que, pour prêter la main en période d'agnelage, le père décide d'embaucher un ouvrier agricole. Johnny fait la gueule, d'autant que le saisonnier en question est roumain ! Georghe est un beau brun ténébreux, amoureux de son métier, des animaux, compétent, efficace. Johnny n’a de cesse de le houspiller, de l'humilier, tandis que Georghe l’observe de son regard calme mais sévère, contenant une saine colère. Entre ces deux là qui sont à deux doigts de se sauter à la gorge va pourtant naître une relation que Johnny n'aurait même pas pu imaginer, lui qui découvre presque douloureusement le droit aux sentiments, le droit à la maladresse, le droit d'assumer ce que l'on est vraiment, même dans un milieu qui se tait et ignore.

C’est un film charnel, sensuel, peuplé de naissances (magnifiques scènes d'agnelage), de renaissance… Rien n’est caché, ni la douceur d’une caresse, ni la fougue d'une étreinte, ni les glaires des bêtes, ni la sexualité triste de ceux qui ne l’assument pas, ni la chaleur des cœurs qui recommencent à battre. C’est un film magnifique qu’on n’oubliera pas de si tôt et qui laisse entrevoir l’avènement d’un grand cinéaste.