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CHANTER RÉGÉNÈRE !
En raison de nouvelles aventures prévues au Théâtre des Vents, l’atelier chansons, animé depuis plus de vingt ans par Amélie Grand – fondatrice et ex-directrice des Hivernales de danse d’Avignon – rejoint le Théâtre Transversal : 10, rue d’Amphoux à Avignon. Tel : 04 90 86 17...

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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

THELMA

Joachim TRIER - Norvège 2017 1h56mn VOSTF - avec Eili Harboe, Okay Kaya, Ellen Dorrit Petersen, Henrik Rafaelsen... Scénario de Joachim Trier et Eskil Vogt.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

THELMALe réalisateur du remarquable Oslo 31 août (disponible en Vidéo en Poche) nous entraîne dans un fascinant thriller intime, hanté par les fantasmes, flirtant avec le surnaturel. Difficile d’enfermer le film dans une case tant il s’amuse avec nos perceptions, jouant délicieusement avec nos nerfs, distillant le doute, semant l'incertitude. Ceux qui aiment les réponses toutes faites resteront sur le carreau, les autres se réjouiront de cet excitant puzzle qui laisse libre court à toutes sortes d’interprétations.
Première scène, intrigante : dans une forêt profonde et blanchie par la neige, un homme, un fusil, une fillette (Thelma ?), une biche… Quelque chose va se produire, on ne vous le racontera pas… Mais le ton est donné, créant une forme de malaise qu’on veut croire chassé par la normalité de la seconde scène mais qui restera pourtant sous-jacent, comme un venin en sommeil…

Des années plus tard, Thelma est acceptée dans une université à Oslo, loin de la maison familiale. Ses parents, malgré quelques réticences que l’on met hâtivement sur le compte de leur bigoterie, acceptent de laisser l’oisillon s’échapper du nid. Voilà notre demoiselle partie vers d’autres aventures, loin des arbres majestueux, du lac, des paysages de son enfance. On la croit mal préparée à cette nouvelle vie, tant la pression familiale semble l’avoir maintenue loin de toute civilisation, de tout contact avec le monde, forcément dangereux. Sa silhouette qui s’avance timide vers les bâtiments de la fac nous parait d’autant plus fragile, perdue entre béton et bitume. Tout en retenue, elle emboite le pas des autres étudiants, sans se douter qu’émane d’elle un détonnant mélange de maturité et d’innocence qui la rendent aussi attirante qu’inquiétante.
Contre toute attente, surtout celle de ses parents qui parviennent à être envahissants même à distance (merci les réseaux sociaux qui permettent l’espionnage !), Thelma ne flanche pas, bien déterminée à étudier d’arrache-pied et à s'intégrer au campus. Même si, peu habituée à rentrer en contact avec d’autres, elle se contente d’observer, un peu gênée dès qu’un regard s’attarde sur elle, ne sachant pas tendre la main ni accepter les mains tendues. Sous son apparence lisse, sa mise classique, elle reste en retrait, bien incapable d’accoster ceux de son âge. Elle n’ose peut-être même pas en rêver.
Tout va basculer lorsqu’en salle d’étude, une jeune brune aux longs cheveux, Anja, vient s’assoir à ses côtés, esquissant un sourire irrésistible. Les corneilles au dehors s’affolent, l’une d’elle vient heurter violemment la vitre, Thelma est prise par d’impressionnantes convulsions qui vont la clouer quelques heures dans un lit d’hôpital… Quand elle en sortira, encore secouée et mal à l’aise, Anja sera là, prévenante. Une amitié toujours plus riche et sensuelle va se nouer entre les deux filles, Thelma se découvrant tout autre que ce qu’elle pensait être, toujours plus troublée et troublante. Alors qu’elle commence enfin à sortir de sa coquille, rien ne se passera comme on pourrait l’imaginer. La crise inexpliquée de Thelma lui laissera un goût d’angoisse dans la bouche. Son présent qu’elle aurait voulu simple et radieux va peu à peu se peupler de souvenirs dérangeants…

Les deux actrices qui interprètent les rôles principaux forment un tandem incroyable qui irradie l’écran. Eili Harboe (Thelma) en particulier déploie une panoplie de jeu impressionnante, rendant son personnage crédible, l’étoffant à chaque instant, lui donnant énormément de profondeur. Ses crises de tétanie (qu’elle a du apprendre à créer pour le tournage) sont tout aussi bluffantes que ses moments de grâce. Ce sont les premiers pas d’une sublime actrice dont on va guetter les suivants…