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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
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LES CONQUÉRANTES

Écrit et réalisé par Petra BIODINA VOLPE - Suisse 2017 1h36mn VOSTF - avec Marie Leuenberger, Maximilian Simonischek, Rachel Braunschweig, Sibylle Brunner...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES CONQUÉRANTES1971. Le monde est en effervescence : le Summer of love à San Francisco et les événements de Mai 68 sont passés par là. La parole se libère, les corps aussi, les femmes s'émancipent. Partout, un besoin de se faire entendre, une envie de liberté, une nécessité de changer le monde. Partout ? Pas tout à fait. Dans le petit village suisse d'Appenzell, niché au cœur des montagnes, le temps semble s'être arrêté. Un décor de carte postale que la neige cotonneuse et les blancs sommets semblent rendre hermétique à la rumeur du monde. C’est là que vit Nora. On la découvre les mains sur le guidon, un fichu sur la tête, qui pédale en danseuse sur une route sinueuse.

Ce trajet, qu’on devine quotidien, la conduit à la ferme familiale où elle aide sa belle-sœur Theresa dans les tâches ménagères. Un domaine qu'elle connaît et qu'elle maîtrise parfaitement, elle n'a pas le choix ! Epouse aimante et mère attentionnée, elle s’acquitte de son rôle de maîtresse de maison avec la patience et la bonne humeur requises. Elle n’a de cesse d’être au service des hommes, qui ne lèvent pas le petit doigt pour l’aider, seulement les pieds quand elle passe l’aspirateur. Dévouée comme il se doit, elle est une présence douce et affectueuse pour ses fils et un soutien pour son mari. La répartition des rôles est on ne peut plus traditionnelle, mais Nora semble s’en accommoder car après tout, bonheur et amour règnent au sein du foyer. Ce qui n’est pas vraiment le cas pour Theresa : les disputes avec son mari sont incessantes et le comportement de sa fille, adolescente en pleine rébellion, mettent à mal l’équilibre conjugal déjà précaire. La précarité – économique et sociale – c’est aussi le lot d’une autre femme du village : Vroni. Cette septuagénaire a dû vendre son auberge car feu son mari était plus cigale que fourmi. Désormais à la retraite, elle vit aux crochets de sa fille. Une situation qu’elle exècre mais qu’elle est contrainte d’accepter. Pour Nora, Theresa, Vroni et les autres, la vie pourrait continuer à s’écouler ainsi, tranquille, trop tranquille…
Et puis un jour, Nora tombe sur une offre d’emploi dans ses cordes et se prend à rêver à de nouvelles aventures, loin des basses besognes domestiques. Mais à l’époque, une femme suisse a besoin de l’autorisation de son mari pour travailler. Et le sien ne voit pas du tout pourquoi son épouse prendrait un emploi à l'extérieur. Pour le coup Nora sent que la situation est vraiment injuste et commence à se poser des questions : n'est-il pas temps pour les femmes de s’affirmer davantage ?
Et justement, un référendum sur le droit de vote des femmes approche. Les habitudes et l’ordre établi pourront-ils être ébranlés ? Rien n’est moins sûr. Dans ce microcosme où les apparences comptent, la vindicte est aussi bien masculine que féminine. Face à la virulence des opposants au suffrage féminin, Nora s’éveille et, soutenue par quelques amies et bientôt par sa belle-sœur, va entamer une petite révolution.

Il y a un plaisir jubilatoire à suivre le combat de ces femmes, leur prise de conscience féministe filmée avec justesse, chaleur et tendresse, sans oublier une bonne dose d'humour. Et la réalisatrice n’hésite pas à associer étroitement émancipation et révolution sexuelle : se connaître soi-même, pour reprendre la maxime socratique, passe aussi par une connaissance physique, immédiate et sensorielle de son corps (scène cocasse d'éducation sexuelle de groupe sous la houlette d'une Suédoise libérée…).
Le film saisit bien l’atmosphère d’une époque qui n’est finalement pas si lointaine et pas tout à fait révolue. L’appropriation de l’espace public, l’égalité des droits, la liberté de disposer de son corps sont des luttes résolument contemporaines. Les victoires sont fragiles et les retours en arrière toujours possibles. De la dénonciation à la conquête, il y a encore à faire pour laisser le vieux monde derrière nous.