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LES LUMIÈRES DE LA VILLE, DES NOUVELLES DU PROJET.
Les Lumières de la ville, c’est ce projet qui nous tient à coeur, celui que nous développons patiemment avec la dévouée Marie-Hélène de 100 pour 1 et le non-moins dévoué Christophe pour l’aspect technique. Sans oublier nos complices de Cinambule et du Collectif Inouï. C’est donc la création d’une «&...

Séances bébé
   Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son po...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

Ils viennent découvrir des films
Que nous les appellions migrants, immigrés, réfugiés… Qu’ils soient partis de chez eux pour des raisons économiques, de famine ou de guerre, raisons religieuses, orientation sexuelle… Ils ont fui l’âme abimée, espérant trouver un endroit où la vie serait possible. Ils sont jeunes et viennent de temp...

PÉTITION POUR QUE BEN RESTE EN FRANCE
Ben jeune ivoirien qui était hébergé par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) dans un hôtel à Avignon a reçu jeudi 19 octobre une Obligation de Quitter le Territoire Français et l’ASE a demandé une levée de placement. Ben peut donc se retrouver à la rue. Ben Diakite est né le 24/03/2000, il a un certifi...

I AM NOT A WITCH

(JE NE SUIS PAS UNE SORCIÈRE) Écrit et réalisé par Rungano NYONI - Zambie 2017 1h34mn VOSTF - avec Margaret Mulubwa, Henry B.J Phiri, Nancy Mulilo, Margaret Sipaneaia...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

I AM NOT A WITCHDepuis le Haut Moyen Âge jusqu’au xixe siècle, les histoires de sorcières, qu’elles soient de Salem ou possédées de Loudun, ont toujours été le prétexte fantasmatique pour opprimer les femmes que les hommes considéraient comme différentes, anormales. I am not a witch se passe bel et bien aujourd’hui mais loin d’ici : dans la lointaine Zambie, un pays où l’on croit encore aux histoires de sorcières. En tout cas certains font semblant d’y croire, pour garantir la paix sociale, ou pour constituer une attraction touristique non négligeable…


Shula, neuf ans, est victime des accusations des villageois qui la croient sorcière. Dans une première scène presque cocasse, la plainte est enregistrée bon gré mal gré par une policière dubitative, devant une Shula mutique, malgré les témoignages peu crédibles d’accusateurs improbables. Un choix ubuesque est proposé à la petite fille : soit elle reconnaît qu’elle est bien la collègue des Carabosse et autres Morgane, soit elle sera transformée en chèvre pour finir probablement en méchoui ! Shula préfère évidemment la première solution et rejoint donc un camp de sorcières, endroit étonnant où sont rassemblées des femmes, toutes reliées par un immense ruban de plusieurs centaines de mètres de long, accrochées à de grandes bobines juchées sur un camion. Tout ça pour le plaisir des touristes occidentaux, friands de prétendue sauvagerie africaine, comme aux bon vieux temps des colonies.

La jeune réalisatrice Rungano Nyoni (zambienne de naissance et galloise d’adoption) évoque avec un talent fou, mariant émotion et burlesque pince-sans-rire, l’absurdité des pratiques de ses concitoyens. Aussi ridicule que la croyance dans la sorcellerie de Shula, Rungano Nyoni pointe du doigt la duplicité des puissants, à travers un personnage pathétique et odieux de fonctionnaire qui monnaie la gamine, exhibée sur des plateaux télé où l’homme prétend lui faire vendre des œufs magiques. Ce personnage stigmatise à lui tout seul les maux du pays : le rapport étrange au pouvoir coutumier, alors même que le fonctionnaire représente l’État, l’obsession matérialiste incarnée par sa femme qui affectionne le luxe et les perruques blondes. Mais la réalisatrice brille aussi par l’invention de sa mise en scène, avec notamment ces très beaux plans des femmes attachées à leur ruban interminable, reliées vers le ciel à leur bobine. Et l’on voit aussi la belle et grande solidarité des femmes enfermées, unies par leur mise à l’écart de la communauté des hommes.
Il est amusant de savoir qu’une des principales influences du film est la fable de la chèvre de Monsieur Seguin, ce pauvre animal qui voulait briser son licol… L’autre influence revendiquée par la réalisatrice est Michael Haneke, et on pense en effet au Ruban blanc , l’un de ses plus grands films. On notera aussi l’utilisation inattendue de la musique jazz et classique, qui rend plusieurs scènes fascinantes. Et on ne peut pas conclure sans souligner la performance incroyable de la petite Margaret Mulubwa, repérée par hasard et grâce à son visage étrange dans la campagne profonde, très loin de la capitale, qui incarne avec une force extraordinaire cette gamine passant de l’apathie à la plus courageuse détermination.