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Le blog des profondeurs...
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LE FEU QUI NE S’ÉTEINT JAMAIS
 Il y a sept ans nous apprenions avec effroi l’explosion de 3 réacteurs nucléaires dans la centrale de Fukushima au Japon. Au pays du shintoïsme – un culte dédié à la nature -, le choc fut terrifiant. Il venait implacablement raisonner avec la mémoire traumatique d’Hiroshima et Nagasaki. Grand pe...

Procès de la faucheuse de chaises de Carpentras.
 Le 6 février, Nicole Briend, membre d’ATTAC, était convoquée au tribunal correctionnel de Carpentras pour avoir participé à une action collective de désobéissance civile : emprunter 3 chaises à l’agence locale de la BNP, qui devaient être rendues quand la banque aurait fermé toutes ses filiale...

A PART OF US
 Ou une odyssée photographique et toponymique à travers les USA, qui permet de se plonger dans les origines internationales de ce pays. Elle débutera à Amsterdam dans l’État de New York le 5 juin et s’achèvera à Avignon en Californie. Entre temps elle passera par Naples, Paris, China…Réalisée par le...

Séances bébé
   Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son po...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

LE RIRE DE MADAME LIN

Écrit et réalisé par Zhang TAO - Chine 2016 1h22mn VOSTF - avec Yu Fengyuan, Li Fengyun, Chen Shilan, Pan Yun...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE RIRE DE MADAME LIN« En 1953, le cinéaste japonais Yasujiro Ozu réalisait Le Voyage à Tokyo et montrait l’extrême dignité d’un père. En 2016, un jeune réalisateur chinois semble répondre au maître en nous montrant la grandeur d’une mère chinoise dont la force mérite le plus grand respect. » Wong Kar-Wai

Dans un village de la province de Shandong, à l’est de la Chine, une vieille paysanne fait une chute. Immédiatement ses enfants en profitent pour la déclarer inapte et entreprennent, sans lui demander son avis, de la faire admettre dans un hospice. Mais il faut attendre qu’une place se libère et d’ici là, la grand-mère devra séjourner chez un de ses enfants. En fait elle passe de la maison de l’un à la maison de l’autre puisqu’aucun ne veut la prendre en charge. Elle voyage ainsi de famille en famille, tandis que sa santé décline, tandis que ses rapports avec ses proches se dégradent.


Madame Lin aime pourtant ses enfants, mais elle se sent de trop chez chacun d’eux. Elle ne leur reproche rien, même s’ils la délaissent, même s’ils la traitent mal. Chacun des membres de la famille représente un aspect de l’envers du boom économique : paysans appauvris, petits commerçants qui voient fondre leurs économies, enfants laissés à eux-mêmes par des parents partis tenter leur chance en ville… Les enfants de Madame Lin apparaîtront donc sans doute ingrats, voire odieux, mais à vrai dire ils pâtissent de ce nouveau monde libéral et individualiste. La manière dont ils traitent la vieille femme n’est probablement que l’expression de leur désarroi, de la rancœur et de la colère que suscite en eux ce monde qu’ils ne comprennent pas…
Madame Lin quant à elle, le corps usé, le cœur lessivé, murée dans son silence, assiste impuissante aux déchirements familiaux, accepte stoïquement le traitement qui lui est réservé. Jusqu’au jour où elle va réagir de la manière la plus inattendue qui soit : elle se met à rire, à rire franchement, à rire longtemps. Un rire qui d’abord surprend son entourage, puis qui agace, qui décuple le ressentiment et la rage impuissante. Mais surtout qui interroge, qui ouvre un abîme de questions sans réponse…
« Des acteurs, fussent-ils les meilleurs, n’auraient pu jouer le rôle de ces paysans aussi bien que ces paysans eux-mêmes. Aucun chef décorateur ne pouvait rendre compte de l’environnement où ils vivent aussi bien que la réalité même de ces murs défraîchis, de ces froides basses-cours et de ces arrière-boutiques. Les fissures des murs comme les rides du visage de la vieille dame sont réelles, elles témoignent du passage parfois cruel du temps. Mon travail de mise en scène a consisté à faire voir et ressentir cette réalité. J’ai voulu capter le parler si particulier de ces paysans, le chant du coq le matin, les percussions du tambour, le grésillement des radios, et aussi retrouver la lumière brumeuse de l’hiver de la province de Shandong, l’égouttement de l’eau le long des murs, et la démarche d’une femme qui a travaillé la terre toute sa vie.
Mieux que ne le ferait un documentaire, il s’agit, avec l’histoire de cette vieille dame, de raconter des conflits et des drames familiaux universels : ce que chacun rencontre quand il faut s’occuper de ses vieux parents, l’ingratitude des enfants devenus adultes, l’incommunicabilité entre parents et enfants. » Zhang Tao