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LE FEU QUI NE S’ÉTEINT JAMAIS
 Il y a sept ans nous apprenions avec effroi l’explosion de 3 réacteurs nucléaires dans la centrale de Fukushima au Japon. Au pays du shintoïsme – un culte dédié à la nature -, le choc fut terrifiant. Il venait implacablement raisonner avec la mémoire traumatique d’Hiroshima et Nagasaki. Grand pe...

Procès de la faucheuse de chaises de Carpentras.
 Le 6 février, Nicole Briend, membre d’ATTAC, était convoquée au tribunal correctionnel de Carpentras pour avoir participé à une action collective de désobéissance civile : emprunter 3 chaises à l’agence locale de la BNP, qui devaient être rendues quand la banque aurait fermé toutes ses filiale...

A PART OF US
 Ou une odyssée photographique et toponymique à travers les USA, qui permet de se plonger dans les origines internationales de ce pays. Elle débutera à Amsterdam dans l’État de New York le 5 juin et s’achèvera à Avignon en Californie. Entre temps elle passera par Naples, Paris, China…Réalisée par le...

Séances bébé
   Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son po...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

L’USINE DE RIEN

(A FABRICA DE NADA) Réalisé par Pedro PINHO - Portugal 2017 2h57mn VOSTF - avec José Smith Vargas, Carla Galvao, Njamy Uolo Sebastiao, Joachim Bichana Martins... Un film de João MATOS, Leonor NOIVO, Luísa HOMEM, Pedro PINHO et Tiago HESPANHA. Festival de Cannes 2017, Quinzaine des Réalisateurs : Prix de la Critique Internationale. Avec des textes extraits tirés de L'insurrection qui vient du Comité Invisible.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L’USINE DE RIENCe sont de vrais ouvriers qui occupent l’écran… après avoir occupé leur entreprise ! Licenciés, ces Portugais se sont retrouvés devant une caméra, jouant leur rôle dans une usine d’ascenseurs menacée de délocalisation et dès lors reprise à leur compte par les travailleurs ! Ainsi commence L’Usine de rien, à la fois documentaire à chaud et fiction bouillonnante, essai politique et comédie syndicale. Un truc de fous fabriqué par un collectif de jeunes cinéastes portugais. Un énorme pavé (3 heures !) dans la mare du cinéma traditionnel, fût-il social et de gauche !
Au départ, donc, l’usine ferme. Mais les ouvriers y restent, s’accrochent à leurs postes au lieu de prendre des primes pour disparaître. Et comme les machines sont à l’arrêt, le travail continue sans produire quoi que ce soit. Ce symbole du monde d’aujourd’hui, la Néerlandaise Judith Herzberg l’a imaginé dans une pièce de théâtre. Autour de ce motif central, les Portugais de « Terratreme », coopérative cinématographique à l’écoute du monde, se sont mis à broder joyeusement.


Ils ont fait venir les ouvriers, les vrais, avec leurs histoires authentiquement tragiques. Ils ont invité un cinéaste, un faux, sorte d’intello de gauche exalté qui débarque dans l’usine avec des citations de Marx dans les poches et une idée de comédie musicale pour redonner de l’élan à tout le monde. De quoi ne jamais savoir sur quel pied danser face à ce film qui s’emploie à nous parler de l’emploi sans nous donner de mode d’emploi.
Tout en croyant à une farce, on voit cet Usine de rien prendre de la force. Le rien que produit l’usine devient néant incommensurable dans une réflexion sur l’absurdité de tout le système capitaliste. Embarqués dans des discussions sans fin, les personnages défont et refont le monde d’aujourd’hui. Des hypothèses sur l’avenir sont lancées, comme celle, étonnante, qui prédit une société divisée en trois classes : la stratosphère (où les gens planeront en comptant leurs millions), le niveau des gens juste assez riches pour consommer (et faire marcher l’usine), et puis les égouts, où sera rejeté le reste de la population…

À coup de citations, le film se fait collage, porte-voix, chambre d’écho de toutes sortes de débats. À la multiplicité des approches répond un cinéma agile, sérieux quand il faut et illuminé dès que c’est possible, fantaisiste mais qui ne perd jamais la foi et ne se laisse enfermer, finalement, dans aucun discours. Cela fait de L’Usine de rien une expérience stimulante et instructive. Ce que défend par-dessus tout ce film de João Matos, Leonor Noivo, Luísa Homem, Pedro Pinho et Tiago Hespanha, fruit de leur travail en commun et réalisé par Pedro Pinho, c’est le collectif. Le groupe pour échanger et pour se disputer, pour affronter les moments difficiles et partager les bons, pour garder de la joie même en parlant de crise économique et de démantèlements tous azimuts. Le groupe ! Un mot d’ordre non seulement sympathique mais qui produit aujourd’hui quelque chose de nouveau, d’intrigant, d’unique. L’Usine de rien, ce n’est pas rien ! (F. Strauss, Télérama)